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La Directrice générale des élections (DGE) est sortie de sa réserve pour répondre aux accusations portées par certains acteurs politiques, notamment Abdoulaye Yéro Baldé et Faya Millimouno, qui ont annoncé leur retrait du processus électoral en cours.
Selon elle, cette décision, notifiée par voie d’huissier, s’appuie sur plusieurs griefs : rejet jugé injustifié de certaines candidatures, fixation prétendument unilatérale des cautions électorales, refus d’encaissement par le Trésor public, ainsi que des irrégularités liées aux inéligibilités.
Des délais prolongés pour encourager la participation
La DGE rappelle que la date limite initiale de dépôt des candidatures, fixée au 29 mars, a été exceptionnellement prorogée jusqu’au 3 avril, à la demande de plusieurs responsables politiques, dont certains des plaignants.
« À la date du 29 mars, un seul parti avait déposé ses dossiers. Il était donc nécessaire d’accorder un délai supplémentaire pour favoriser une participation plus large », a-t-elle expliqué.
Elle souligne par ailleurs que la majorité des candidatures ont été déposées à la dernière minute, souvent dans des conditions logistiques complexes.
Caution électorale : fermeté sur le respect des délais
S’agissant des cautions électorales, la DGE affirme avoir fait preuve de souplesse en acceptant certains paiements au-delà des délais initiaux, tout en refusant toute dérogation supplémentaire.
« Après le 8 avril, aucun paiement ne pouvait être accepté. Accorder une nouvelle dérogation aurait été injuste envers les candidats ayant respecté les délais », a-t-elle insisté.
Elle dédouane également le Trésor public, qui, selon elle, s’est strictement conformé aux dispositions légales.
Des recours judiciaires favorables aux contestataires
La Directrice générale indique que plusieurs recours introduits par les partis concernés ont abouti devant les juridictions compétentes.
« Le FRONDEG a obtenu gain de cause devant la justice. Certaines candidatures ont été rétablies, notamment dans plusieurs circonscriptions par la Cour suprême », a-t-elle précisé.
Elle souligne que ces décisions ont été immédiatement appliquées, illustrant, selon elle, le bon fonctionnement des mécanismes de recours.
Rejets de candidatures : des dossiers incomplets pointés du doigt
Pour la DGE, les rejets de candidatures s’expliquent principalement par des dossiers incomplets ou non conformes.
« Les récépissés de dépôt mentionnent clairement les pièces manquantes. Il appartenait aux candidats de régulariser leurs dossiers dans les délais impartis », a-t-elle indiqué.
Elle rappelle que le délai légal de 10 jours pour notifier les rejets a été respecté dans la quasi-totalité des cas.
Des dysfonctionnements internes au sein de certains partis
La Directrice générale a également mis en cause des difficultés internes à certaines formations politiques : candidatures multiples dans une même circonscription, signatures falsifiées, conflits de mandataires ou encore usage de faux documents administratifs.
« Dans certains cas, nous avons reçu jusqu’à quatre listes différentes pour une même entité politique. Il revenait aux partis de clarifier leurs désignations », a-t-elle déclaré.
Fixation des cautions : une procédure encadrée par la loi
Répondant aux critiques sur le montant des cautions, la DGE précise qu’elles sont fixées sur proposition d’une commission financière, conformément à l’article 276 du Code électoral.
« Il ne s’agit pas d’une décision unilatérale. Une proposition est faite, puis ajustée par l’organe de gestion en fonction des réalités », a-t-elle expliqué.
Elle ajoute que ces montants couvrent notamment les coûts de fabrication des bulletins de vote, parmi les plus sécurisés — mais aussi les plus onéreux — du continent.
Un processus perfectible, mais sous contrôle
Tout en reconnaissant certaines imperfections, la DGE rejette toute idée de manipulation ou d’irrégularités systémiques.
« Là où des erreurs ont été constatées, la justice a rétabli les candidats. Cela démontre que le système fonctionne », a-t-elle affirmé.
Elle appelle les acteurs politiques à privilégier les voies de recours légales plutôt que de « discréditer le processus dans les médias ».
Retrait contesté au sein même des partis
Enfin, la DGE révèle que la décision de retrait ne fait pas l’unanimité au sein des partis concernés.
« Plusieurs candidats ont écrit pour indiquer qu’ils ne se reconnaissent pas dans cette décision », a-t-elle confié.
Elle précise que ces situations seront soumises à l’appréciation de la Cour suprême.
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