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Il y a des pharmaciens qui sauvent des vies. Et puis il y a ceux qui, faute de clients dans leur officine, se reconvertissent en distributeurs de comprimés politiques frelatés. Dr Karamo Kaba fait partie de cette seconde espèce rare : le pharmacien qui, au lieu de délivrer de l’amoxicilline, délivre des diagnostics sur l’UFDG.
Oui, ce monsieur qui devrait être occupé à vérifier les dates de péremption des sirops pour la toux se prend soudain pour cardiologue du paysage politique guinéen. Dans sa dernière ordonnance, il nous annonce que le cœur de l’UFDG bat trop lentement et qu’il faudrait un “nouveau souffle”. On l’imagine en blouse blanche, stéthoscope en plastique autour du cou, en train de prescrire à Cellou Dalein Diallo une cure de “Vitamine CNRD, trois comprimés matin et soir”.
Mais attention, ce n’est pas sa première potion miracle. Dans une tribune précédente, il expliquait sérieusement que l’éradication du paludisme en Afrique serait une catastrophe pour l’emploi en Occident. Un raisonnement tellement absurde qu’on se demande s’il n’a pas lui-même abusé d’un sirop contre la fièvre qui donne des hallucinations.
Ses textes, en réalité, ressemblent à ces notices de médicaments : plein de mots compliqués, des effets secondaires indésirables, et toujours la même mise en garde implicite : “À prendre avec précaution, ne remplace en aucun cas un traitement sérieux.”
Mais derrière la façade pseudo-scientifique, la vérité est simple : Karamo Kaba est un pharmacien en mal de notoriété, reconverti en encenseur de service. Ses tribunes sont des placebos rhétoriques : elles n’ont aucun effet sur la vérité, mais elles apaisent les egos de la junte.
Quand Mamadi a mal à sa légitimité, Karamo lui donne un petit sirop d’analyse. Quand le CNRD tousse en parlant d’opposition, Karamo dégaine un suppositoire de “nouveau souffle”. Et quand il s’agit de casser Cellou Dalein, le Dr de la pharmacie politique arrive avec un comprimé effervescent qui mousse beaucoup, mais ne soigne rien.
À ce rythme, on se demande quand il proposera sa prochaine trouvaille : une pommade contre la démocratie, un vaccin anti-opposition, ou des pastilles pour adoucir la voix des griots du pouvoir ?
Non, vraiment, la Guinée n’a pas besoin de pharmaciens improvisés en politologues. Qu’il retourne à son officine, vérifier les boîtes de paracétamol. La lutte démocratique n’est pas une pharmacie de garde où chacun vient tester ses potions d’ego.
Alpha Issagha Diallo
Militant, témoin du réel
Briseur d’encensoirs & Antidote aux placebos politiques
L’article Quand le pharmacien joue au politologue : attention, comprimés périmés ! (Par Alpha Issaagha Bah) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.