Programme Simandou 2040 : le coût global est de 330 milliards de dollars (Rapport CNT)

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Réunis en session plénière ce jeudi 5 mars 2026, les Conseillers nationaux du Conseil National de la Transition (CNT) ont examiné et adopté deux importants textes soumis par le gouvernement.

Il s’agit de la loi-plan 2026-2040 relative au programme de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2040, et du projet de loi-programme 2026-2030 du même programme.

Au cours de la plénière, le rapporteur général du CNT, l’honorable Fabara Koné, présentant le rapport de la Commission des finances, commission de fond, a indiqué que cette session intervient après des travaux menés en commission et en inter-commission du 27 février au 4 mars 2026, à la suite de la saisine d’urgence introduite par le gouvernement.

De la Loi plan 2026-2040

Il s’agit d’une initiative portée personnellement par le président de la République, visant, selon le rapporteur, « à transformer structurellement l’économie guinéenne à l’horizon 2040 ». Ce programme, qui prend en compte la nécessité d’accélérer la croissance économique, de diversifier les sources de richesses nationales et de créer massivement des emplois, s’articule autour d’un « portefeuille ambitieux de projets et de réformes structurantes ».

« Il vise notamment une croissance économique moyenne de 10,3% par an, un PIB projeté à environ 152 milliards de dollars américains à l’horizon 2040 contre 35 milliards de dollars américains actuellement, une diversification de l’économie et une réduction de la dépendance au secteur traditionnel, la création de plus de 5 millions d’emplois supplémentaires, une amélioration significative du revenu et des conditions de vie des populations. Le programme s’inscrit ainsi dans une logique de transformation systémique combinant investissement massif, réformes institutionnelles et modernisation de l’État », mentionne le rapport.

Dans le rapport, il est mentionné que ce programme s’inscrit dans une logique de continuité et de cohérence avec l’ensemble des stratégies et des plans déjà élaborés et mis en œuvre au sein des différents départements ministériels et institutions de la République.

Tenant compte de la vision de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, ainsi que des Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, le programme Simandou 2040 « comprend cinq (5) piliers stratégiques regroupant un ensemble de 122 mégaprojets et 39 réformes couvrant 14 secteurs prioritaires ».

La répartition des 122 mégaprojets aux différents piliers attribue des quotas ainsi qu’il suit :

L’agriculture, l’industrie alimentaire et le commerce : 32 mégaprojets avec 10 réformes et coûte en investissement sur 15 ans 65 milliards USD ;

Éducation et la culture : 13 mégaprojets, 5 réformes pour 40 milliards USD sur 15 ans ;

Infrastructures, transports et technologies : 52 mégaprojets, 10 réformes pour un coût de 100 milliards USD d’investissement sur 15 ans. Objectif et action prioritaires, construction de 2 900 km d’autoroutes, 2 500 km de lignes ferroviaires et la couverture numérique portée à 95% d’ici 2040 ;

Économie, finances et assurance : 16 mégaprojets, 5 réformes pour 1,5 milliard USD comme coût d’investissement sur 15 ans et ;

Santé et bien-être : 7 mégaprojets, 3 réformes majeures pour 30 milliards USD en investissement sur 15 ans.

« Le coût global du programme est évalué à 330 milliards USD sur la période 2026-2040. L’investissement nécessaire à la réalisation de ces projets et réformes sera séquencé de façon progressive sur 3 phases de 5 années chacune pour environ 75 milliards de dollars américains dès la première vague. Il faut préciser que 20 milliards de dollars américains ont été déjà mobilisés à travers le projet Simondou. Le modèle de financement prévu pour la mise en œuvre de ce projet se présente comme suit : (i) acteurs privés, 126 milliards de dollars, soit 38% ; (ii) bailleurs de fonds internationaux, 37 milliards de dollars, soit 11% ; (iii) fonds souverains, 61 milliards, soit 19% ; budget de l’État, 105 milliards, soit 32% », lit-on.

Avec Simandou 2040, la Guinée amorce une étape importante de son développement

Le programme de développement économique Simandou 2040 intervient après le Plan national de développement économique et social 2016-2020 (PNDES) et le Plan de référence intérimaire 2021-2025 (PRI). Il est décliné en trois lois-programmes : 2026-2030, 2030-2035 et 2035-2040.

Pour l’exécutif, porteur de ce projet, tout comme pour les conseillers nationaux du Conseil national de la transition (CNT), ce programme constitue une étape décisive dans le développement socio-économique de la Guinée. Selon le rapport de la commission de fond, sa mise en œuvre à l’horizon 2040 devrait permettre d’enclencher un décollage économique durable, soutenu par une croissance maîtrisée et accompagné d’une vigilance particulière quant à la maîtrise de l’inflation et de l’endettement.

Ainsi, ce programme vise notamment à « booster le développement et la modernisation des secteurs productifs et sociaux, notamment les mines, l’agriculture, les industries, les services, l’éducation, la santé, ainsi que les infrastructures et les travaux publics ».

« L’impact social qui découlera de la mise en œuvre de ce programme sera considérable en matière de réduction de la pauvreté, des inégalités, d’inclusion des jeunes et des femmes et de la stabilisation socio-économique. Il contribuera au renforcement de la sécurité et de la justice, l’amélioration de la gouvernance financière, la digitalisation de l’administration, la promotion des énergies renouvelables et l’adoption de normes environnementales strictes pour minimiser l’impact écologique des projets », souligne le rapport.

De l’avis des conseillers nationaux, le programme Simandou 2040 constitue « une opportunité historique pour la Guinée ». Il permettra de valoriser ses immenses ressources naturelles afin de stimuler une croissance économique durable, inclusive et souveraine.

« Il offre au pays la possibilité de transformer un potentiel minier exceptionnel en levier structurant de développement, capable d’impulser une modernisation profonde de l’économie nationale. S’il est mis en œuvre avec rigueur, discipline budgétaire, bonne gouvernance et engagement collectif, ce programme pourrait permettre à la Guinée d’entrer dans une nouvelle phase de son histoire économique et sociale, caractérisée par une croissance soutenue, une diversification réelle de l’économie, une industrialisation progressive et une amélioration substantielle des conditions de vie des populations. Il pourrait également contribuer au renforcement durable des institutions publiques, à la consolidation de l’État et à une meilleure intégration de la Guinée dans les dynamiques économiques régionales et internationales », ont-ils écrit dans le rapport.

En dépit de l’espoir suscité par le programme, les conseillers nationaux soulignent que sa réussite « dépendra largement de la capacité du gouvernement et de l’ensemble des acteurs concernés ». Ces derniers doivent être animés par l’ambition de « relever les défis liés à la gouvernance, à la transparence, à la mobilisation des ressources, à la coordination institutionnelle, ainsi qu’à la durabilité environnementale et sociale ».

Par ailleurs, la mise en place d’une nouvelle entité, nommée Delivery Unit et considérée comme l’Unité de coordination et de suivi du programme Simandou 2040, est prévue par le projet. Sa mission principale, après révision du texte par le CNT, sera le suivi et l’évaluation des projets du programme, sans intervenir dans leur exécution.

Avant d’adopter ces textes, les conseillers nationaux ont formulé plusieurs recommandations au gouvernement. Ils l’exhortent à assurer le respect effectif de la décentralisation budgétaire, notamment par la rétrocession régulière des ressources dues aux collectivités locales, conformément aux dispositions constitutionnelles. Ils recommandent également de renforcer la transparence et la redevabilité dans l’exécution du programme, notamment par la production régulière de rapports de suivi et leur transmission aux institutions compétentes.

MohamedNana BANGOURA

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