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S’il a brossé le portrait d’une Guinée ambitieuse devant le Conseil national de la transition (CNT) ce 25 mars 2026, le Premier ministre a surpris par la discrétion de sa feuille de route judiciaire. Entre vagues promesses et focalisation économique, l’institution censée être la « boussole » semble avoir perdu le nord dans le discours gouvernemental.
Dans sa Déclaration de politique générale, Bah Oury a fait un choix clair : celui de la rigueur financière au détriment de la réforme structurelle du droit. Si le mot « justice » a résonné dans l’hémicycle, c’est essentiellement sous l’angle de la lutte contre la corruption.
Le chef du gouvernement a érigé la CRIEF (Cour de répression des infractions économiques et financières) en pilier central de son action, la présentant comme un simple outil de “moralisation” et de discipline budgétaire. Dans cette perspective, le juge n’est plus le garant des libertés individuelles, mais le gardien des caisses de l’État.
Contrairement aux secteurs de l’agriculture, de la santé ou des infrastructures, qui ont bénéficié de diagnostics précis et de calendriers détaillés, le chantier judiciaire reste plongé dans un épais brouillard. Les engagements évoqués par le Premier ministre relèvent davantage de l’incantation que de la stratégie :
Indépendance des institutions : affirmée, mais non étayée.
Professionnalisation des acteurs : citée, sans plan de formation.
Accès au droit : abordé en termes généraux, sans mesures concrètes pour le citoyen lambda.
La “boussole” est-elle cassée ? Ce traitement de second plan crée un contraste saisissant avec les discours officiels qui placent la justice comme la pierre angulaire de la refondation de l’État. En reléguant le secteur judiciaire à une variable d’ajustement économique, le gouvernement prend un risque politique majeur.
La crédibilité de la Vᵉ République ne se jouera pas seulement sur le bitume des routes ou le taux de croissance, mais sur la capacité de l’État à garantir l’équité et à briser le cycle de l’impunité.
Cette “zone d’ombre” dans le programme de Bah Oury est-elle une omission tactique ou le signe d’un désintérêt durable pour le renforcement de l’État de droit ? Alors que les attentes sociales sont à leur comble, le silence sur les réformes judiciaires concrètes pourrait bien devenir le point de friction majeur entre l’exécutif et les citoyens.
L’article Politique générale du gouvernement : la justice reléguée à l’arrière-plan de la Vᵉ République ? est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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