Maraîchage : à la rencontre de ces femmes qui cultivent la résilience au quotidien à Lélouma 

il y a 3 heures 12
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

En ce mois de mars dédié à la reconnaissance des droits et du rôle des femmes, un regard s’impose sur celles qui, dans l’ombre des champs et sous le poids des saisons, font vivre le maraîchage avec courage et détermination à Lélouma.
À l’aube, bien même avant la levée du soleil, elles sont déjà à l’œuvre. Armées de houes, parfois de semences et d’une volonté inébranlable, ces femmes cultivent bien plus que des légumes : elles cultivent l’espoir, la dignité et la résilience. Grâce à elles, se remplit le panier de la ménagère.
Dans de nombreuses localités, le maraîchage est devenu un levier essentiel de subsistance. Et au cœur de cette activité, les femmes occupent une place centrale.  Kadiatou Diallo est mère de famille. Elle explique que :  « (…). Nous cultivons ici des tomates, des aubergines, de la laitue, des gombos, du poivron, des oignons … pour subvenir à nos besoins. Dans ce jardin, il n’ y a que des femmes qui y travaillent. (…). C’est un travail très difficile mais qui est rentable. En tout cas moi et ma  famille, nous ne vivons que de ça. »
Entre les responsabilités familiales et les contraintes agricoles, elles jonglent avec les exigences du quotidien, souvent dans des conditions difficiles : accès limité à la terre ou  encore le manque de moyens techniques.
Koumba Alarba Diallo également mère de plusieurs enfants renchérit en ces termes : « depuis treize ans, c’est ce travail là que je fais. (…). Mon mari est décédé il y a plusieurs années maintenant. J’ai six enfants que je dois nourrir. C’est vraiment très difficile mais il faut vivre. (…). Nous manquons énormément du matériel. On se débrouille ici avec les moyens de bord. Pas de motopompe, pas de bottes… Tous ce que nous travaillons, nous le faisons à la main. Du défrichage à l’arrosage sans oublier toutes les autres étapes, le tout se fait à la main. » 
Dans le même sillage, Adama Oury Sidibé soutient :  » nous déploiement tous nos efforts pour réussir nos jardins mais ressentons énormément le manque de moyens techniques. Sinon nos productions allaient doubler ou tripler même. Mais nous travaillons avec la daba. On arrose avec des arrosoirs pour certaines. D’autres encore utilisent des bols. Nous demandons de l’aide pour booster nos activités. Car sans nous, le panier de la ménagère est menacé ». 
Pourtant, elles avancent malgré les contraintes. Leur courage se lit dans leurs mains marquées par le travail, dans leur persévérance face aux saisons capricieuses, dans leur capacité à transformer de petites parcelles en sources de vie.
Elles innovent, s’adaptent, s’entraident. Certaines se regroupent en coopératives, mutualisent leurs efforts et renforcent leur autonomie économique.
Au-delà de la production alimentaire, ces femmes participent activement à la sécurité alimentaire de leur communauté. Elles approvisionnent les marchés locaux, contribuent à la nutrition des familles et insufflent une dynamique économique souvent sous-estimée. Mais leur combat ne s’arrête pas là. Elles revendiquent davantage de reconnaissance, un meilleur accès aux ressources, aux formations et aux financements. Leur engagement, bien que discret, est une force motrice du développement local.
En ce mois de mars, il est essentiel de leur rendre hommage. Non pas comme un geste symbolique, mais comme une reconnaissance méritée de leur rôle indispensable.
Car derrière chaque récolte, il y a une histoire. Derrière chaque panier de légumes, il y a une femme debout. Et derrière chaque femme, il y a une leçon de vie et de courage.
Lire l'article en entier