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Pourquoi l’État guinéen a-t-il officialisé les écritures N’ko et Adlam ? Pour Zenab Bangoura, il s’agit d’une injustice qui a trop duré et que l’État a finalement réparée à travers un décret pris le 17 avril dernier.
Dans une longue tribune publiée sur sa page Facebook, elle revient en détail sur le choix de ces deux systèmes d’écriture et précise que la porte n’est pas fermée aux autres, à condition qu’ils remplissent, selon elle, certains préalables. Lisez !
A MES PARENTS SOUSSOU.
JE VOUS PARLE EN FILLE, PETITE-FILLE ET ARRIÈRE-PETITE-FILLE SOUSSOU.
Je suis Soussou 100%.
Mon père est Soussou.
Mon grand-père est Soussou.
Mon arrière-grand-père est Soussou. Sans métissage.
La plus grande bénédiction que ALLAH et mes chers parents biologiques m’ont décrétée.
Naître Soussou et j’en suis fière à plus d’un titre fière.
Je connais notre histoire.
Je sais que notre communauté est faite de 14 groupes linguistiques qui vivent ensemble depuis des siècles en Basse-Guinée.
Je sais la fierté que nous avons.
C’est pour ça que je m’exprime d’une manière spéciale sur ce sujet très sensible.
Ici je ne dirai que ce que je crois et ça n’incombe qu’à moi seule.
Depuis le Décret D/2026/0122/PRG/SGG du 17 avril 2026,
j’entends la colère de certains de nos parents.
« On nous oublie.
On nous méprise.
On met les autres devant. »
Certains s’en servent pour se moquer de nous.
C’est vrai que c’est frustrant mais en se basant sur ces termes de moquerie issus des personnes en conflits avec leurs propres personnes, des personnes en perte de tous repères de personnalité juridique, publique, en quête de confiance en soi, on risque de tomber aussi plus bas.
Je vous écris pour apaiser les cœurs.
Pas pour imposer.
Pas pour vexer.
Juste pour expliquer ce que je comprends, en tant que fille de cette communauté.
LE SOUSSOU N’EST PAS OUBLIÉ.
IL EST DANS LE DÉCRET.
Le texte dit noir sur blanc :
« Les messages du chef de l’État pourraient bientôt s’afficher en soussou écrit en latin. »
Notre langue est citée.
Notre place est réservée.
Personne ne nous a effacés.
Qu’est-ce que le Soussou latin dont parle le décret ?
C’est notre langue de tous les jours, écrite avec l’alphabet A, B, C… qu’on connaît tous.
En 1988, nos scientifiques linguistiques et l’État ont ajouté 4 lettres E, N, N, 0 pour écrire les sons qui sont à nous.
Cet alphabet est enseigné.
Il a des livres.
Il est utilisé dans nos familles.
Il est légitime.
POURQUOI ON PARLE DE N’KO ET ADLAM AVANT NOUS ?
Ce n’est pas parce qu’on nous aime moins.
C’est parce que la règle mondiale le dit.
Et cette règle est scientifique.
N’ko a été créée en 1949 par Solomana Kanté pour le malinké.
Adlam a été créée en 1989 par les frères Barry pour le pular.
Voici les 3 raisons scientifiques qui ont pesé :
1. Ce sont des écritures autochtones avec preuve d’usage massif.
N’ko a +500 livres publiés, le Coran traduit, des journaux, des écoles au Mali, en Guinée, en Côte d’Ivoire depuis 70 ans.
Adlam a le Coran, des manuels scolaires, une presse active et +2 millions de lecteurs formés en 30 ans.
Repère mondial :
l’UNESCO exige un « corpus écrit substantiel » avant toute reconnaissance. Elles l’ont.
2. Elles ont une identité numérique indépendante.
N’ko est codée Unicode depuis 2006.
Adlam est codée depuis 2016.
Repère mondial :
Sans bloc Unicode dédié, l’ISO et l’ONU ne valident pas une écriture pour usage officiel.
Un ordinateur doit savoir que ce n’est pas du latin.
3. L’État avait 70 ans de retard à rattraper.
Pendant 70 ans et 30 ans, l’État guinéen n’a jamais écrit une seule ligne officielle avec ces deux écritures.
Le décret du 17 avril corrige ce vide.
Donc c’est une réparation.
Nous, Soussou, on n’avait pas ce vide à combler.
L’État utilise déjà l’alphabet latin pour écrire en soussou depuis 40 ans dans l’alphabétisation, à la radio rurale, dans les campagnes de santé.
On ne part pas de zéro comme N’ko et Adlam.
On part de ce qui marche déjà.
La différence n’est pas une hiérarchie.
N’ko et Adlam sont reconnus comme patrimoines culturels à réparer.
Le soussou latin est reconnu comme langue de communication du peuple, déjà opérationnelle.
Les deux sont respectés.
Les deux sont nécessaires.
Un membre n’est pas plus aimé que l’autre quand on donne un médicament à celui qui est malade et du riz à celui qui a faim.
ET KORESEBELI ?
C’EST NOTRE PROCHAIN COMBAT À NOUS.
Beaucoup d’entre vous me parlent de Koresebeli, l’écriture créée par notre frère N’Karamohô Mohamed Bentoura Bangoura pour notre communauté.
Je vous le dis,
Koresebeli est la suite logique.
Et la porte est ouverte.
Mais l’État et le monde entier demandent 4 choses avant d’afficher une écriture sur les murs de la Présidence :
1. Une grammaire unique, écrite et validée par nos sages soussou.
2. Des livres :
au moins 100 titres pour prouver que Koresebeli peut tout dire, de la Constitution au manuel de calcul.
3. Un code Unicode, c’est la carte d’identité mondiale d’une écriture.
Sans ça, nos téléphones et nos ordinateurs ne peuvent pas l’afficher.
4. Des écoles qui l’utilisent depuis 2 ans, pour prouver que le peuple l’a adoptée.
N’ko a mis 57 ans pour avoir tout ça.
Adlam 27 ans.
En réalité, personne ne nous bloque.
Il faut se dire la vérité, c’est à nous de finir le travail que N’Karamohô Mohamed Bentoura Bangoura a commencé.
Au lieu de nous battre contre N’ko, battons-nous pour donner un Unicode à Koresebeli avant 2028.
Je ne veux vexer personne, ni malinké, ni peul, ni kpèlè, ni kissi… Nous sommes tous enfants de Guinée.
Je ne veux rien imposer non plus mais le français reste notre langue de travail avec le monde.
Nos langues arrivent pour parler aux nôtres partout où on se trouve par nécessité.
Le décret ne dit nulle part que le soussou est en bas.
Notre force à nous, Soussou, réside dans notre héritage ancestral des 14 groupes linguistiques vivant en paix et dans l’harmonie en Basse Guinée, qui n’est autre que la Paix, la générosité inconditionnelle, le partage mais surtout l’hospitalité jamais égalée chez nous.
Montrons au peuple composant la Guinée que cet héritage est notre cadeau au pays même si c’est considéré par certains comme une faiblesse.
Ça constitue le socle de nos valeurs morales sacrées,
les principes de bases de notre communauté dans sa grande diversité,
notre identité commune,
notre référence parmi tant de personnes et partout dans le monde entier puisque c’est dans le sang.
Retenez que l’Etat n’a pas choisi entre ses composantes.
Il a appliqué une règle .
on institutionnalise ce qui est scientifiquement mûr.
Le soussou latin est mûr pour communiquer.
Koresebeli sera mûr demain pour symboliser.
Notre place n’est pas à prendre.
Elle est à construire.
Et elle est grande.
Que Dieu bénisse la Guinée.
Zenab BANGOURA
L’article Officialisation des écritures N’ko et Adlam : « le décret du 17 avril corrige un vide, c’est une réparation » (Zenab Bangoura) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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