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Dans plusieurs quartiers de Conakry, les délestages électriques rythment désormais le quotidien des habitants et des travailleurs. Coupures intempestives, longues heures sans courant : pour de nombreux artisans, ces interruptions répétées mettent à rude épreuve leurs activités et leurs revenus.
Dans un atelier de soudure au quartier Petit Simbaya, le bruit habituel des machines laisse parfois place à un silence contraint. Assis devant son matériel, Mamadian Keïta, maître soudeur, attend le retour de l’électricité pour reprendre le travail. Comme beaucoup d’autres artisans, il voit son activité fortement perturbée depuis plusieurs semaines.

“Ce délestage nous cause assez de problèmes. Parce que, quand on a un marché qui doit durer au moins deux semaines ou trois semaines, sans le courant, dès qu’il y a une coupure, ça pose énormément de problèmes. Des fois, cela nous empêche de respecter le délai. Et les clients sont allergiques à cela.”
Dans cet atelier où travaillent plusieurs apprentis, l’organisation est devenue incertaine. Les coupures, parfois longues de plusieurs heures, empêchent toute planification efficace. “Beaucoup d’apprentis travaillent ici. Il y a des moments où ils ne peuvent même pas travailler pour cause de manque de courant. On a énormément de problèmes et ça nous fatigue.”
Dès que le courant revient, l’atelier s’anime brusquement. Les machines redémarrent, les étincelles jaillissent, et les ouvriers tentent de rattraper le temps perdu, parfois jusque tard dans la nuit. “Aujourd’hui, par exemple, le courant est revenu à 13 heures. Notre travail est purement mathématique. On revient comme pour esquiver le temps passé. Avant, on prépare tout, on met et on se couche jusqu’à 00 heure. Parce que quand on ne travaille pas la journée, tu ne peux pas faire du bon boulot. On essaie de préparer, et dès que le courant est là, on se met au travail. C’est comme ça, sinon les délais ne peuvent pas être respectés. Et puis, il n’y a pas de revenu. Parce que quand le travail prend du temps, tout ce que tu as, ça part. Parce qu’il faut donner des dépenses aux enfants, il faut payer leur transport, tu dois faire 2 semaines, 3 semaines, et ça fatigue.”

Selon l’artisan, la situation s’est nettement dégradée au fil des semaines. Les coupures, autrefois brèves, s’étendent désormais sur plusieurs heures. “Cette situation dure depuis maintenant 1 mois comme ça. Au début, ça faisait juste 10 minutes, 20 minutes. Maintenant, il faut compter 2 heures. Il y a des moments où ça peut faire plus de 5 heures de temps. Il y a des moments où il y a du courant. Il y a des moments où, le matin ou le soir, il n’y a pas de courant.”
Pour contourner ces difficultés, certains artisans investissent dans des groupes électrogènes. Mais là encore, le coût du carburant limite fortement cette solution. “J’ai un groupe électrogène, mais il faudra mettre le carburant. Parce que, si vous faites une porte à un million, le matériel est vendu à 900 000 ou 850 000 francs. Donc, quand vous balancez sur le moteur, vous ne pouvez pas vous en sortir.”
Au-delà de la production, c’est toute l’économie de l’atelier qui vacille. Les délais s’allongent, les charges augmentent et les revenus diminuent. “Avec cette situation, quand la facture arrive, elle est intacte. À chaque fois, il y a augmentation. À cela s’ajoutent d’autres dépenses. Chaque jour, je donne 20 ou 30 mille aux enfants. Si vous multipliez ça par deux ou trois semaines, ça fait combien ? Quand il y a le courant, on a l’espoir. Parce qu’à tout moment, quelqu’un peut dire qu’il y a des travaux à faire.”
Les relations avec les clients deviennent également plus tendues, certains ayant du mal à comprendre les contraintes liées aux coupures d’électricité. “Avec les clients, quand vous arrêtez quelque chose, ils ne connaissent rien d’autre que ça. Il y a même un client qui vient de quitter ici. Il nous a commandé 10 portes, 15 antivols. On s’est convenu sur trois semaines. Lorsqu’il est venu, je lui ai dit : patron, il faut attendre, on a un problème de courant. Il n’était pas content parce que son travail n’est pas fait.”
Face à cette situation, Mamadian Keïta appelle les autorités à améliorer la communication autour des délestages afin de permettre aux travailleurs de mieux s’organiser. “Nous demandons aux autorités de venir en aide à la population. Qu’ils informent ceux qui ont vraiment besoin du courant en cas de délestage. Quand on est informé, on peut prendre des précautions.”
Dans les ateliers comme celui de Mamadian Keïta, chaque retour du courant est désormais perçu comme une course contre la montre, dans un quotidien suspendu au rythme des coupures.
L’article « Le manque de courant nous pose énormément de problèmes » : un maître soudeur dénonce les délestages à Conakry est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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