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À l’ouverture des audiences criminelles au tribunal de première instance de Coyah cette semaine, Maître Salifou Béavogui, avocat d’Alphonse Kamano et de ses coaccusés, a exprimé sa vive indignation face à plusieurs irrégularités, notamment l’absence de son client et la disparition de son dossier judiciaire.
Selon lui, Alphonse Kamano est détenu depuis près de sept ans sans jugement ni libération provisoire, une situation qu’il qualifie de violation des droits fondamentaux. L’avocat appelle ainsi les autorités judiciaires à faire toute la lumière sur cette affaire afin de permettre la poursuite normale de la procédure. Nous lui avons rendu notre micro…
« Je suis très surpris et profondément écœuré de constater que le dossier de mon client, Alphonse Kamano, alias Alasko, ainsi que ceux de ses deux coaccusés, Oumar Diallo Freeman et Mohamed Soumah Passi, ne figurent toujours pas au rôle des audiences criminelles du tribunal de première instance de Coyah.
À ce jour, ce dossier n’a pas été programmé pour jugement, ce qui suscite une vive inquiétude quant au respect des droits fondamentaux.
Il s’agit d’une violation flagrante du droit imprescriptible de tout citoyen à être jugé dans un délai raisonnable. Avant l’entrée en vigueur, en octobre 2016, du nouveau Code pénal et du Code de procédure pénale, les infractions criminelles relevaient de la cour d’assises, composée de magistrats de la cour d’appel. Les dossiers suivaient alors une longue chaîne procédurale : instruction en première instance, renvoi devant la chambre de mise en accusation, puis jugement devant la cour d’assises.
Cette organisation, bien que solennelle, entraînait de longs délais de détention provisoire, parfois de plusieurs années. Les audiences criminelles foraines, organisées à Conakry comme à l’intérieur du pays, visaient déjà à rapprocher la justice des justiciables et à accélérer le traitement des dossiers.
La réforme de 2016 a constitué une avancée majeure en transférant la compétence criminelle aux tribunaux de première instance. Désormais, un crime commis dans un ressort donné est jugé directement par la juridiction compétente, avec possibilité d’appel devant la chambre criminelle de la cour d’appel de Conakry. Cette réforme visait à désengorger les juridictions, accélérer les procédures et garantir un meilleur respect des droits des parties.
Mais dans le cas de mon client, cette ambition semble totalement dévoyée.
Alphonse Kamano est en détention depuis le 8 février 2019, soit plus de sept ans à ce jour. Durant cette période, il a été transféré successivement à Boké, Kindia puis Coyah, sans jamais être jugé ni bénéficier d’une liberté provisoire. Il est actuellement détenu à la prison civile de Coyah.
Cette situation est juridiquement et humainement inacceptable. Elle constitue une atteinte grave à la présomption d’innocence, au droit à la défense et au droit à un procès équitable dans un délai raisonnable. Mon client purge, de fait, une peine sans condamnation.
En tant que conseil, je n’ai cessé d’agir. Depuis 2023, j’ai multiplié les démarches, saisi le tribunal à plusieurs reprises, sans succès. Face à cette inaction persistante, j’ai été contraint d’introduire une procédure de référé pénal afin d’obtenir une réponse urgente.
En avril 2025, le juge des référés a constaté la disparition du dossier et a indiqué que les articles 690 à 693 du Code de procédure pénale permettaient sa reconstitution. Depuis cette décision, aucune évolution n’a été enregistrée : le dossier est resté au point mort.
Aujourd’hui encore, mon client continue de subir une détention prolongée sans jugement. C’est une situation alarmante, tant sur le plan juridique qu’humain. Sa famille est dans la détresse, son état de santé se dégrade et le sentiment d’injustice est total.
Je suis profondément bouleversé par cette situation. En tant qu’avocat, je ne peux rester indifférent. Ce qui arrive à Alphonse Kamano pourrait malheureusement concerner tout autre citoyen.
Nous poursuivrons néanmoins le combat judiciaire afin que justice soit rendue. Il est impératif que ce dossier soit jugé ou, à défaut, que mon client soit immédiatement libéré. »
Propos recueillis par Kalidou DIALLO
L’article Tribunal de Coyah : où est passé le dossier d’Alphonse Kamano, détenu depuis près de 7 ans ? Me Salifou Béavogui s’indigne est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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