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Face aux humiliations récurrentes que subissent les enseignants guinéens en raison de la pénurie de liquidités dans les banques, le Secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, est monté au créneau. Il dénonce une pratique d’un autre âge et alerte sur un véritable sabotage de l’avenir national.
C’est une réalité triste sur le terrain: des professeurs émérites et des instituteurs se retrouvent assis à même le sol, patientant des journées entières devant des agences bancaires aux coffres vides. Pour le leader syndical, le seuil de l’acceptable a été franchi.
« Cette situation est déshonorante. L’asphyxie financière des enseignants paralyse le système éducatif. L’accès aux salaires est devenu un parcours du combattant, entraînant un absentéisme forcé et une baisse drastique de la qualité des cours. Le quantum horaire national est gravement compromis », a-t-il déclaré.
Réduits à faire la queue pour un salaire déjà modeste, les enseignants voient leur autorité se dégrader face aux élèves et à la société. Selon Michel Pépé Balamou, on ne peut demander à un enseignant de construire l’avenir de la nation le ventre vide : « Des pères et mères de famille sont réduits à la mendicité ou à l’endettement à des taux usuriers parce qu’ils ne peuvent accéder au fruit de leur travail », a-t-il souligné.
La crise se traduit par des plafonnements de retrait drastiques, variant entre 500 000 et 1 000 000 GNF selon les établissements. Pour récupérer l’intégralité de son traitement mensuel, un enseignant doit désormais consacrer quatre à cinq jours de sa semaine aux banques, désertant de ce fait les salles de classe.
Les conséquences sur le terrain sont dévastatrices :
– Perte de temps pédagogique : Des milliers d’heures de cours sont sacrifiées, compromettant les chances de réussite aux examens nationaux;
– Insolvabilité immédiate : Loyers impayés, frais de scolarité des enfants en retard et impossibilité de se soigner créent un stress psychologique incompatible avec l’enseignement;
– Crise de confiance : Michel Pépé Balamou s’interroge : « Pourquoi les banques primaires sont-elles asséchées malgré les annonces de stabilité ? Pourquoi les enseignants sont-ils les premiers sacrifiés ? », s’est-il interrogé.
Pour sortir de cette impasse qui frappe la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) et les banques primaires, le syndicaliste propose des mesures concrètes :
1. Mesures d’urgence (Court terme)
Priorisation des salaires : Instaurer un couloir prioritaire pour l’éducation et la santé lors de l’approvisionnement des banques.
Injection de liquidités : Cibler prioritairement les agences de proximité pour mettre fin aux files d’attente.
Régulation bancaire : Sanctionner les banques qui thésaurisent et limiter temporairement les gros retraits en espèces des entreprises pour privilégier les fonctionnaires.
Modernisation : Accélérer l’interopérabilité entre les comptes bancaires et le Mobile Money pour permettre des transferts directs sans passage au guichet physique.
2. Mesures structurelles (Moyen terme)
Enquête sur le secteur informel : Identifier les circuits de sortie des devises qui assèchent le système formel.
Audit de solvabilité : Vérifier que les banques privées ne détournent pas les dépôts vers des placements risqués.
Sensibilisation : Inciter les commerçants à réinjecter leurs liquidités dans le circuit bancaire.
Pour Michel Pépé Balamou, le message est limpide: si les coffres des banques restent vides, les salles de classe continueront de se vider. L’État guinéen doit donc agir d’urgence pour restaurer la dignité de ceux qui forment l’élite de demain, sous peine d’hypothéquer durablement l’avenir du pays.
Alhassane Fofana
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il y a 9 heures
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