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La route reliant la commune rurale de N’zoo au secteur de Gbè, dans la préfecture de Lola, est devenue un véritable calvaire pour les usagers. Long de sept kilomètres, ce tronçon stratégique est fortement dégradé depuis que le fleuve Cavally a emporté le pont qui le traversait lors du dernier hivernage. Depuis cet incident, la pirogue demeure l’unique moyen de franchir le cours d’eau, plongeant les populations locales dans d’énormes difficultés.
Pourtant, un pont métallique aurait été octroyé par la Société des mines de fer de Guinée. Mais faute de moyens financiers pour son installation, l’ouvrage reste inexploité. Conséquence : usagers, élèves, commerçants et producteurs agricoles passent de longues heures d’attente avant de traverser le fleuve, au prix de nombreux risques.
Une route vitale pour le cacao guinéen
Cette voie est pourtant l’un des principaux axes d’évacuation du cacao guinéen. Chaque jour, près d’une centaine de motos y transportent des sacs de cacao, de café et d’autres produits agricoles, essentiels à l’économie locale.
Pour le piroguier, la situation est devenue alarmante :
« C’est la souffrance chez nous. Depuis que le pont a été emporté par la crue du Cavally, nous vivons dans la difficulté. Ici, c’est la route du cacao guinéen. Aujourd’hui, on est obligé de passer par la pirogue pour rejoindre l’autre rive. Le pont que l’État devait nous installer, on l’attend toujours », déplore-t-il.
Aboulaye, usager régulier de la traversée, décrit des conditions précaires et coûteuses :
« Il faut parfois faire monter jusqu’à dix motos dans une seule pirogue, en plus des passagers. Le passage coûte 5 000 GNF par moto, 20 000 GNF par sac de cacao, de café ou de riz, et 5 000 GNF par personne. Si tu n’as pas d’argent, tu ne traverses pas. »
De lourdes conséquences économiques et sociales
Selon Jean-Paul Lamah, producteur et acteur local, les pertes économiques sont considérables :
« Sur 100 sacs de cacao stockés à N’Zérékoré, environ 60 passent par ici. Mais le calvaire est trop grand. La route n’est qu’un simple chemin et il y a en plus le problème du pont. Pour sortir le cacao ou la banane des plantations, on peut attendre jusqu’à deux heures. »
Il appelle les autorités à une action urgente :
« Nous demandons à l’État de nous aider à installer ce pont métallique. C’est vital pour la communauté de Gbè et toutes les localités environnantes. »
Le chef du secteur de Gbè, Souana Molmou, confirme la gravité de la situation :
« Depuis que l’eau a emporté le pont, nous ne vivons pas bien. Le principal problème ici, c’est la route. Si nous avions un pont sur le fleuve Cavally, nous aurions aussi une école, un forage, un poste de santé et un foyer des jeunes. »
Il rappelle que l’ancien pont avait été construit par la communauté elle-même, mais que la rareté du bois rend aujourd’hui toute reconstruction locale impossible.
« Les enfants vont à l’école ailleurs. Ceux qui doivent traverser le matin, s’ils ne trouvent pas le propriétaire de la pirogue, restent à la maison. »
Un appel pressant aux autorités
Malgré son fort potentiel agricole, notamment dans la production de cacao, la zone demeure asphyxiée par l’absence d’infrastructures routières adaptées. Face à cette situation, les populations de N’zoo et de Gbè lancent un appel pressant aux autorités guinéennes pour l’installation urgente du pont métallique promis.
Sans cette infrastructure, la route du cacao restera le symbole d’un enclavement profond, de pertes économiques majeures et de souffrances quotidiennes pour des milliers de citoyens.
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il y a 3 heures
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