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Les autorités guinéennes ont annoncé l’introduction prochaine d’un billet de 50 000 GNF, afin de redonner du souffle à l’économie du pays aujourd’hui plombée par la rareté de la liquidité.
Cette annonce des autorités continue de susciter des interrogations dans le pays. Pour l’économiste Mamady Fatoumata Keita, cette décision ne répond pas au véritable problème auquel fait face l’économie nationale.
Selon lui, la Guinée ne souffre pas d’un manque de liquidité, mais plutôt d’un déficit de circulation monétaire.
« Je ne vois pas réellement les raisons, puisque le problème que nous vivons aujourd’hui n’est pas un problème de manque de billets, mais un problème de circulation. Les billets existent en quantité suffisante. Donc, le véritable problème, c’est le manque de circulation de ces billets. Une grande partie de ces billets est thésaurisée. La solution serait donc de faire en sorte que cet argent thésaurisé retourne dans le système bancaire, et non pas d’émettre de grosses coupures », explique-t-il.
L’économiste alerte également sur les risques inflationnistes liés à cette mesure.
« Toute augmentation de la masse monétaire entraîne une hausse des prix. Ici, les prix sont liés à la quantité de monnaie en circulation. Plus cette quantité est élevée, plus les prix augmentent. Cela aura donc un impact considérable sur le coût de la vie », souligne-t-il.
Pour lui, la priorité devrait être de restaurer la confiance entre les citoyens et le système bancaire. Cela passerait notamment par des taux d’intérêt attractifs et des mesures contraignantes pour encourager les dépôts en banque.
« Cette décision prouve que le franc guinéen ne se maintient pas correctement. Pourtant, il existe de véritables solutions pour le stabiliser, au lieu de déplacer le problème. À l’avenir, cela risque de créer encore plus de désordre. Comme je vous l’ai déjà dit lors d’une précédente interview, la solution est de créer la confiance en proposant des taux attractifs afin d’encourager les populations à déposer leur argent à la banque, mais aussi en adoptant des lois limitant la détention de fortes sommes d’argent à domicile », a-t-il fait comprendre.
Sans cela, prévient-il, l’émission de nouveaux billets, notamment de forte valeur risque d’aggraver la situation et d’accentuer les déséquilibres économiques à long terme.
Sam Bantignel
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il y a 2 heures
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