Affaire Damantang Albert Camara : des milliards contestés devant la justice, l’affaire renvoyé au 20 mai

il y a 3 heures 34
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Les débats dans le dossiers l’ancien ministre guinéen de la Sécurité et de la Protection civile, Damantang Albert Camara, se sont ouverts ce mercredi 6 mai 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Les charges qui pèsent contre lui concernent notamment un présumé détournement de 222 milliards de francs guinéens au ministère de l’Enseignement technique et 17 milliards au ministère de la Sécurité.

Après avoir rejeté les faits, le prévenu est revenu sur ces revenus avant d’intégrer l’administration publique. À la barre, il a rejeté l’ensemble des accusations.

Au cours de l’audience, le prévenu a retracé son parcours, rappelant avoir intégré le gouvernement en 2010 après une carrière dans le privé. Il a indiqué qu’il percevait un salaire de 10 millions 500 mille francs guinéens, assorti de plusieurs avantages : une prime d’installation de 70 millions, des primes de fêtes variant entre 25 et 45 millions et des indemnités annuelles de 20 à 30 millions en tant que porte-parole.

S’exprimant sur son patrimoine, Damantang Albert Camara a évoqué plusieurs biens immobiliers, dont une parcelle acquise à Maférinya pour 55 millions, deux terrains à Kissidougou -dont un acheté à 18 millions- ainsi que d’autres propriétés issues d’héritages. Il a également mentionné plusieurs comptes bancaires, notamment 80 millions de francs guinéens à la Société Générale et 25 millions à UBA, ainsi que des avoirs en France, dont 15 000 euros sur un compte d’assurance retraite.

Sur le fond du dossier, il lui est reproché d’avoir détourné 222 milliards de francs guinéens au ministère de l’Enseignement technique et 17 milliards au ministère de la Sécurité. L’ancien ministre reconnaît l’exécution de plusieurs marchés, notamment la construction d’écoles techniques à Boké, Siguiri, Labé et N’zérékoré, financées à hauteur de 6 millions de dollars chacune, sauf celle de N’zérékoré estimée à 8 millions. Il soutient que ces contrats ont été attribués dans le respect des procédures.

Concernant le ministère de la Sécurité, il admet avoir signé un contrat de 4 milliards de francs guinéens pour la fourniture d’uniformes à près de 16 000 policiers en 2020, invoquant un contexte d’urgence sanitaire lié au coronavirus. Il évoque aussi un marché d’environ 90 milliards de francs guinéens conclu pour la construction et la rénovation d’écoles de police.

Réagissant au rapport de l’Inspection générale d’État qui l’incrimine, Damantang Albert Camara en conteste les conclusions, estimant qu’elles reposent sur des interprétations erronées, notamment en ce qui concerne l’absence de pièces justificatives. Face aux nombreuses questions soulevées à l’audience, le ministère public a sollicité un renvoi afin de permettre au prévenu de consulter ses archives. La demande a été acceptée par la juridiction.  Le procès a été renvoyé au 20 mai prochain pour la suite des débats.

Lire l'article en entier