PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]

Un dernier hommage a été rendu ce mercredi 18 mars 2026 à feue Maître Saran Dioumessy, ancienne avocate au barreau de Guinée. La Cour d’appel de Conakry a servi de cadre au symposium organisé à cet effet pour honorer sa mémoire. Cette cérémonie funéraire a mobilisé toute la famille judiciaire (avocats, magistrats, greffiers, notaires, huissiers de justice, commissaires-priseurs), proches, ami(e)s et collaborateurs de la défunte. Un moment de prières et de recueillement, le tout couronné par des témoignages pleins d’émotion. Le barreau auquel elle appartenait jusque-là pleure une consœur aux qualités très rares, déclare son secrétaire général.
« Notre Ordre a perdu l’une des siennes. Maître Saran DIOUMESSY nous a quittés, emportée par les complications d’une grossesse, elle qui attendait avec amour et espérance son septième enfant. Elle n’avait pas encore trente-cinq ans.
Avant d’être avocate, Saran était une femme d’une richesse intérieure rare. Épouse aimante, elle avait bâti auprès de son mari un foyer où régnaient la tendresse et la solidarité. Mère de six enfants, elle était de ces femmes qui donnent sans compter, qui portent simultanément le poids du cabinet et la chaleur du foyer, sans jamais se plaindre, sans jamais faiblir. Six enfants, six raisons de rentrer chaque soir, six sourires pour lesquels elle se levait chaque matin. Et ce septième à venir qu’elle portait avec la même foi, la même joie tranquille. Le destin en a décidé autrement. Et aucun mot ne saurait exprimer le vide insondable qu’une telle cruauté laisse dans son sillage ».
Selon Maître Kémoko Malick Diakité, c’est en 2018 que feue Me Saran Dioumessy a intégré l’Ordre des avocats de Guinée. Depuis, elle n’a cessé de faire preuve de professionnalisme. Sa particularité était de défendre les mineurs en conflit avec la loi. « Elle choisit de consacrer son exercice à la défense des mineurs. Ce choix n’était pas anodin. Défendre un enfant ou un adolescent en difficulté, c’est accepter de porter sur ses épaules des destins qui vacillent, des jeunesses que la société a parfois trop vite condamnées. Saran l’accepta pleinement. Ceux qui ont eu la chance de la voir plaider se souviendront longtemps de cette voix posée, de ces arguments précis, de cette humanité lumineuse qui transparaissait dans chaque mot. Elle ne défendait pas des dossiers. Elle défendait des enfants. Et l’on ne pouvait s’empêcher de songer qu’à travers eux, c’étaient aussi les siens que son cœur aimait davantage encore.
Je veux dire un mot tout particulier à ses consœurs. Elles qui la côtoyaient au quotidien, qui partageaient avec elle les joies et les épreuves de cette profession exigeante, qui savaient mieux que quiconque ce que Saran était vraiment, loin des prétoires, dans la vérité des couloirs et des confidences. Leur douleur aujourd’hui est à la mesure de ce lien : immense, inépuisable, inconsolable. À elles, je veux dire que le chagrin qu’elles portent est aussi le témoignage de ce que Saran leur a donné : une amitié vraie, une présence irremplaçable, une sœur en robe.
Le courage était peut-être sa qualité la plus saillante. Courage dans les prétoires, lorsqu’elle défendait des causes difficiles sans jamais céder à la facilité. Courage dans sa vie de mère et d’épouse, où elle jonglait avec grâce entre les exigences de la profession et les joies du foyer. Courage encore, jusqu’à ces derniers instants, alors qu’elle portait en elle la vie, cette même vie à laquelle elle avait consacré sa carrière. Il y a dans ce destin une ironie douloureuse qui nous laisse sans voix.
Au nom de l’Ordre des avocats, j’adresse à son époux nos condoléances les plus émues. À ses six enfants, qui grandissent désormais avec le souvenir d’une mère extraordinaire pour toute lumière, nous disons que leur maman était une grande femme, et qu’ils peuvent en être fiers pour toujours. À sa famille, à ses proches, nous nous associons de tout cœur à leur peine. Et à Maître Benjamin MILLIMONO, qui fut l’un de ses premiers guides dans cette profession, nous pensons particulièrement : il sait mieux que quiconque ce que Saran valait, ce qu’elle promettait, ce que nous perdons.
Maître Saran DIOUMESSY s’en est allée trop tôt. Mais ce qu’elle a accompli en si peu de temps — la rigueur de son engagement, la chaleur de son humanité, la force de ses convictions, l’amour immense qu’elle a donné à sa famille comme à ses clients — tout cela demeurera. Dans les vies qu’elle a aidé à redresser. Dans les jeunes qu’elle a défendus. Dans les six enfants qui portent son sourire. Dans le cœur brisé de ses consœurs. Dans la mémoire éternelle de notre barreau », fait remarquer l’avocat.
Derrière le pupitre, se relayaient des personnalités de tous bords pour vanter les qualités de la défunte, tout en saluant sa mémoire. Présent à ce symposium, le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, a adressé ses condoléances à la famille biologique et à la famille professionnelle de feue Me Saran Dioumessy. À sa suite, l’assistance s’est recueillie devant le cercueil après les prières et bénédictions.
Lébêré Baldé
L’article Le barreau de Guinée en deuil : la famille judiciaire salue la mémoire de feue Me Saran Dioumessy est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
.png)
il y a 1 heur
13



















English (US) ·