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« Le soleil brûle nos plants et l’eau se cache. On se lève avant le jour, mais on revient souvent avec des arrosoirs vides. C’est une perte sèche »
À Koba Pastoria, les bras s’activent mais les paniers restent vides. Face au dérèglement climatique et au manque de moyens, les femmes maraîchères, piliers de l’économie locale, voient leurs rendements fondre comme neige au soleil. Reportage au cœur d’une résilience qui s’essouffle.
Un quotidien brûlé par le climat
Koba Pastoria, commune urbaine de Kindia. À l’aube, le ballet des arrosoirs commence. Pour ces dizaines de femmes, la terre n’est pas qu’un gagne-pain : c’est une question de survie. Mais aujourd’hui, le sol ne répond plus.
Sous un soleil de plomb, le constat est amer. Sols lessivés, sources taries et saisons déboussolées dictent désormais une nouvelle loi. « Le soleil brûle nos plants et l’eau se cache. On se lève avant le jour, mais on revient souvent avec des arrosoirs vides. C’est une perte sèche », confie Hawa Sylla, le regard perdu sur ses cultures desséchées.

Une chute de 40 % de la production
Le mal est profond. Selon les experts, le diagnostic est sans appel : l’irrégularité des pluies, couplée à une absence criante de systèmes d’irrigation, asphyxie la production. Mamadou Camara, ingénieur agronome à Kindia, confirme : « Sans maîtrise de l’eau, les femmes sont les premières victimes du choc climatique. »
Les statistiques font froid dans le dos. En cinq ans, les récoltes de tomates et d’aubergines ont dégringolé de 40 %. Un naufrage agricole accentué par un accès restreint au foncier, le manque de semences résilientes et une formation technique qui fait cruellement défaut.
Face à l’adversité, la solidarité s’organise. Les groupements féminins tentent de faire front, mais la volonté seule ne suffit plus. « Nous sommes structurées, mais nous combattons à mains nues. Sans motopompes ni intrants de qualité, nous ne pourrons pas tenir », alerte Fatoumata Bangoura, présidente du groupement Langny.

Pour les acteurs du développement, l’enjeu dépasse le simple cadre agricole. Il s’agit de sécurité alimentaire nationale. « Ce sont elles qui nourrissent la région. Un soutien ciblé et durable n’est plus une option, c’est une urgence », martèle Aïssatou Diallo, responsable d’ONG.
Certes, quelques solutions de fortune émergent -compostage, réhabilitation de vieux puits- mais ces initiatives restent des gouttes d’eau dans un océan de besoins. À Koba Pastoria, si la détermination des maraîchères reste intacte, c’est toute la chaîne alimentaire locale qui menace de rompre.
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il y a 2 heures
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