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À Conakry, la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur a été célébrée ce jeudi, 23 avril 2026, au Centre culturel franco-guinéen (CCFG). Autorités, acteurs culturels et partenaires internationaux se sont réunis sur les lieux pour rappeler une évidence : dans un monde en pleine mutation numérique, le livre reste un repère essentiel. Entre discours engagés et appels à l’action, cette cérémonie a mis en lumière les défis et les opportunités d’un secteur en pleine transformation. Modérée par le directeur général de la maison d’édition l’Harmattan Guinée, Sanoussy Kaba Diakité, la cérémonie a été marquée par des interventions fortes en faveur de la promotion du livre et de la culture. Des prestations d’élèves et des slams sont également venus rythmer l’événement, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Prenant la parole au nom du ministre de la Jeunesse et des Sports, la cheffe de cabinet, M’Hawa Touré, a insisté sur la place centrale du livre dans la société, tout en invitant la jeunesse à s’approprier les outils numériques.
M’Hawa Touré, cheffe de cabinet du ministre de la Jeunesse et des Sports« Le livre demeure, malgré les mutations technologiques, un pilier essentiel de notre développement culturel et intellectuel. Le thème retenu cette année, “Jeunesse et numérique, créativité, innovation et engagement”, est d’une pertinence remarquable au regard des mutations profondes que connaît notre société. Il est en parfaite adéquation avec les priorités actuelles du gouvernement et du président de la République, chef de l’État, monsieur Mamadi Doumbouya, notamment en matière de valorisation du capital humain et de transformation digitale. Il interpelle directement la jeunesse guinéenne, aujourd’hui au cœur d’une transformation profonde portée par les technologies numériques. En effet, le numérique n’est plus simplement un outil, il est devenu notre terrain de jeu, notre espace de création, particulièrement pour les jeunes, et un véritable outil d’engagement. Vous y inventez, vous y innovez, vous y portez vos voix, vous y valorisez vos talents : une nouvelle manière de s’engager activement dans le développement de notre nation », a-t-elle déclaré.
Poursuivant son intervention, la cheffe de cabinet a appelé à une complémentarité, insistant sur la nécessité de ne pas opposer le numérique au livre. « Cependant, cette révolution numérique ne doit pas se faire au détriment du livre. Bien au contraire, elle doit renforcer son accessibilité, moderniser ses formats et élargir son audience. Le défi qui est le nôtre est donc de bâtir un pont solide entre la culture et les opportunités du numérique. Chers jeunes, vous êtes les acteurs principaux de cette dynamique. Votre créativité est une richesse, votre capacité d’innovation est une force et votre engagement est une nécessité ».
Par ailleurs, M’Hawa Touré a également salué l’importance des “72 heures du livre” qu’elle présente comme un espace d’échanges et de projection. « Les 72 heures du livre ne sont pas seulement un événement culturel, elles sont un espace de dialogue, de réflexion et de projection vers l’avenir. Elles nous rappellent que la culture, l’éducation et la jeunesse sont indissociables dans toute politique de développement durable. Alors, chers jeunes, saisissez ces 72 heures du livre pour partager vos idées, inspirer et construire. Le futur vous appartient et nous croyons en vous. Dix-huit ans, ce n’est pas dix-huit jours. Les 72 heures du livre atteignent leur maturité cette année et cette initiative, devenue une sorte de patrimoine, mérite d’être encouragée et soutenue. Je formule le vœu que ces journées soient un moment de partage, d’inspiration collective et de mobilisation autour des valeurs qui nous unissent : le savoir, la créativité et l’engagement », a-t-elle lancé.
Autre voix forte de la cérémonie, l’ambassadeur de France en Guinée, Luc Briard, qui a élargi la réflexion en mettant en avant la dimension universelle du livre et son rôle structurant dans la société.
Luc Briard, ambassadeur de France en Guinée« Là où le livre progresse, une société se renforce. Le livre n’est pas seulement un objet culturel, il est un objet total : un outil d’émancipation, un instrument d’apprentissage, un espace de liberté, une fabrique de citoyenneté et parfois même un refuge. Il transmet des savoirs, mais crée aussi des imaginaires. Finalement, le livre, c’est la rencontre de deux intimités : celle de l’écrivain et celle du lecteur. Le fait que nous soyons collectivement rassemblés autour de cette intimité fait la force du projet, mais aussi celle du futur musée du livre qui vient de nous être présenté. Si l’intelligence artificielle peut apparaître comme une potentielle trouble-fête, elle devra répondre à cette question essentielle de l’intimité et du dialogue intérieur que nous entretenons avec les livres. Dans une société où la jeunesse représente la plus grande part, cette question est fondamentale. Chaque livre ouvert est une promesse faite à l’avenir. C’est pourquoi la France, depuis de longues années, à travers ses opérateurs, l’Agence française de développement, Expertise France, l’Institut français et le Centre culturel franco-guinéen, participe à cette chaîne du livre, essentielle pour permettre à chaque imaginaire de rencontrer son lecteur, », a-t-il souligné.
Dans une approche plus économique et culturelle, le diplomate a également mis en lumière le poids de l’industrie du livre, tout en plaidant pour une meilleure valorisation des langues et cultures africaines. « Le livre est la deuxième industrie culturelle et créative la plus rémunératrice en France. Cela représente des milliers, voire des millions d’euros de chiffre d’affaires. C’est un vecteur de richesse non délocalisable. La question de la traduction est également essentielle. Il est important que nous ayons accès, en France, à des œuvres pensées et écrites en langues nationales, afin d’enrichir les imaginaires et de valoriser les cultures africaines. C’est sur la terre de Camara Laye, d’Amadou Hampâté Bâ, de Williams Sassine et de Tierno Monénembo que l’on mesure à quel point la littérature est une force, une mémoire et une souveraineté de l’esprit. Nous saluons le combat de Sanoussy Kaba Diakité pour avoir fait de Conakry une ville créative de l’UNESCO pour la littérature. Cette distinction honore une ville, mais surtout une énergie collective. Celle d’un pays où la parole compte, où la jeunesse demande des récits, des savoirs et des horizons. Conakry suivra sa propre voie, écrira sa propre histoire, pour elle-même et pour le monde. Conakry est et sera un point de connexion avec l’ensemble du continent, mais aussi avec cette part d’africanité que porte la France. Nous devons renforcer ce dialogue avec la diaspora. Nous serons au rendez-vous avec le musée virtuel qui ouvrira ses portes numériques à la fin de l’année, puis avec le musée national de Conakry, et enfin avec ce projet de musée du livre. Nous sommes heureux qu’il y ait un lien entre le Centre culturel franco-guinéen, notre maison commune, et ce futur musée, qui racontera l’histoire d’une ville dynamique, tournée vers l’avenir, décidée à écrire une histoire du faire et non du subir », a conclu Luc Briard.
Mariama Barry pour Guineematin.com
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