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À l’occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, Guinée360. a rencontré Abdoul Aziz Diallo, président d’Amnesty International Guinée. Dans un contexte marqué par les intimidations et l’absence persistante de nouvelles concernant plusieurs activistes disparus, il dresse un constat préoccupant sur la situation dans le pays.
« C’est dans un contexte de violation des droits humains que cette journée est célébrée en Guinée, puisque nous avons encore des collègues et camarades dont nous sommes toujours sans nouvelles », déclare-t-il.
Selon lui, ce climat d’insécurité a un impact direct sur l’expression citoyenne et la liberté d’opinion :
« Il y a beaucoup d’autres personnes qui hésitent à s’exprimer dans ce climat d’intimidation. C’est dans ce contexte que nous marquons la Journée internationale des disparitions forcées, ce qui explique aussi le silence ou la prudence des organisations. Les défenseurs des droits humains travaillent en République de Guinée dans un environnement marqué par les intimidations, les contraintes et les difficultés », a-t-il déploré.
Interrogé sur l’état des procédures concernant les disparitions signalées, Abdoul Aziz Diallo fustige le silence des autorités :
« Pour le moment, nous n’avons aucune nouvelle de l’état d’avancement de ces procédures qui auraient soi-disant été enclenchées. De notre côté, nous menons surtout des actions de plaidoyer auprès des autorités afin qu’elles accélèrent ces enquêtes, si tant est qu’elles aient réellement été ouvertes. Depuis plus d’un an, nous n’avons aucune information. Nous ne savons pas où se trouvent ces personnes, si elles sont vivantes ou non. Dans notre communauté, nous sommes très inquiets quant à leur sort et leur état de santé. Nous souhaitons vivement que les autorités acceptent d’accélérer le processus afin que nous ayons enfin des nouvelles de nos camarades disparus », a-t-il réclamé.
Abordant les récentes déclarations de Taliby Dabo, le président d’Amnesty International Guinée a balayé ses propos :
« Pour moi, c’est un non-événement. C’est quelqu’un qui cherche de la notoriété et qui s’y prend mal. Taliby Dabo n’incarne rien, il ne représente pas l’autorité publique. Je ne sais pas d’où il tire ces affirmations ni ce qui lui permet de les faire. Pour moi, cela n’a aucun sens, et je ne commente pas ce genre de déclarations. »
Malgré ce climat hostile, Amnesty International poursuit son plaidoyer auprès des autorités.
« Nous poursuivons notre plaidoyer auprès des autorités, pour leur rappeler le travail que nous faisons et leur dire que nous ne sommes pas des ennemis, mais des partenaires. Notre rôle est simplement d’attirer l’attention de l’État sur certains faits. Il revient à l’État de prendre ses responsabilités, non seulement pour promouvoir, mais aussi pour protéger les droits humains et ceux des défenseurs des droits humains. Cela implique de leur permettre de travailler dans un environnement sécurisé, en préservant leur vie, leur sécurité et celle de leurs familles. C’est le plaidoyer que nous portons auprès de l’État, pour qu’il comprenne et reconnaisse l’importance du travail que nous menons sur le terrain », a-t-il conclu.
L’article Journée des disparitions forcées : Amnesty appelle les autorités guinéennes à agir est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.