PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]

Le nouveau garde des sceaux, ministre de la Justice et des droits de l’homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a pris fonction ce mercredi 4 février 2025. La cérémonie de passation entre le ministre sortant, Yaya Kairaba Kaba, et lui s’est déroulée au ministère en présence de plusieurs cadres du ministère, des magistrats, des avocats ainsi que d’autres personnalités du pays.

Dans son discours de prise de fonction, le ministre entrant a rappelé l’importance d’une justice forte et équitable au sein de la société :
« Mesdames et messieurs, la justice est le pilier silencieux de la République lorsqu’elle est forte. La nation est stable lorsqu’elle est crédible. L’État est respecté lorsqu’elle est humaine. Le peuple est réconcilié avec ses institutions. La justice n’est ni vengeance, ni complaisance. Elle est équilibre, mesure et autorité légitime. C’est pourquoi je m’engage solennellement à respecter scrupuleusement la hiérarchie institutionnelle, à inscrire mon action dans la discipline gouvernementale et à faire du ministère de la Justice une administration exemplaire, lisible et responsable », a-t-il déclaré.
Depuis l’adoption de la nouvelle Constitution le 21 septembre dernier, la Guinée entre dans sa Cinquième République, synonyme d’une nouvelle ère et de nombreux défis pour le garde des sceaux. D’ores et déjà, il se dit conscient de l’immensité des tâches qui l’attendent :
« Mesdames et messieurs, la Cinquième République nous impose une lucidité courageuse. Le surpeuplement carcéral demeure l’un des défis les plus graves, principalement dû au non-respect des délais légaux de traitement des procédures, au recours excessif à la détention provisoire, à la lenteur de la justice et au manque de mise en œuvre des alternatives légales à l’emprisonnement. Une justice lente est une justice perçue comme injuste. Elle fragilise la confiance des citoyens et nourrit le sentiment d’arbitraire. Les insuffisances en formation, l’évolution du droit, la complexité des contentieux modernes et les exigences internationales imposent une montée en compétences permanente des acteurs judiciaires. Les déficits infrastructurels, des juridictions inadaptées, des établissements pénitentiaires surchargés et des moyens logistiques insuffisants compromettent la dignité humaine et l’efficacité judiciaire. Le déficit de cohésion institutionnelle est également préoccupant : la justice est une chaîne, lorsqu’un maillon faillit, on faiblit », a énuméré Ibrahima Sory II Tounkra.
Les engagements du nouveau ministre
Face à ces défis, le ministre s’engage à :
- Une politique pénale responsable et humaine : respect strict des délais légaux et réduction raisonnée de la détention provisoire.
- La promotion effective des alternatives à l’incarcération et la dignité carcérale : lutte méthodique contre le surpeuplement et amélioration des conditions de détention.
- Modernisation de la gestion pénitentiaire et formation : renforcement de la formation initiale, institutionnalisation de la formation continue, valorisation de l’éthique, de la déontologie et des droits de l’homme.
- Les droits de l’homme comme boussole : protection effective des libertés fondamentales, accès équitable à la justice et prévention des violations des droits de l’homme.
- Infrastructure, modernisation et cohésion : réhabilitation des juridictions, digitalisation progressive des procédures et gouvernance judiciaire fondée sur le dialogue et la responsabilité partagée.
Il a également rappelé que : « La justice guinéenne a parfois tort ou raison, et nous le savons tous. Il nous revient, acteurs du système judiciaire, d’inverser cette tendance pour instaurer une véritable justice respectueuse des droits de l’homme. C’est cette justice qui consacre le droit d’être jugé publiquement dans un délai raisonnable et par un tribunal indépendant et impartial. Une justice respectueuse des droits de l’homme repose sur la présomption d’innocence jusqu’à l’établissement légal de la culpabilité, garantit le droit à un avocat et le droit au contradictoire, et assure l’effectivité du droit au recours. »
Le ministre entrant, ancien président de la Cour d’Appel de Conakry, a appelé à la responsabilité collective, condition d’une justice forte et équitable :
« Mesdames et messieurs, aucune réforme ne réussira sans une prise de conscience collective, proactive et courageuse. J’en appelle aux magistrats, greffiers, avocats, huissiers de justice, notaires, commissaires-priseurs, officiers de police judiciaire, personnel administratif et partenaires institutionnels : bâtissons ensemble une justice intègre, performante et respectée. La justice n’appartient pas à un homme, elle appartient à la République. Elle appartient au peuple. En ce jour solennel, je prends l’engagement irrévocable de la servir avec humilité, fermeté, loyauté institutionnelle et fidélité absolue aux valeurs républicaines. »
Pour matérialiser cet engagement, il mise sur la synergie d’action : « Je sais que la tâche est immense, mais je crois en la force du collectif. Je crois en la capacité de la Guinée à se doter d’une justice crédible, humaine et moderne, à la hauteur des espérances de son peuple et des exigences de son temps. En ce jour de passation, je prends l’engagement ferme de servir la justice avec humilité, rigueur, courage et fidélité. »
Lebere Baldé
L’article Ibrahima Sory II Tounkara prend les rênes du Ministère de la Justice : « la justice n’est ni vengeance, ni complaisance » est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
.png)
il y a 4 heures
12



















English (US) ·