Guinée : le PDAC-G propulse les filières fonio et fruits vers l’agrobusiness moderne

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Un vent de modernité souffle sur les plaines agricoles de la Guinée. Ce mardi 6 janvier 2026, une cérémonie de remise officielle de financements a marqué un tournant décisif pour 114 entrepreneurs des filières fonio et fruits.

Sous le haut patronage du Premier ministre, Amadou Oury Bah, le Projet de Développement de l’Agriculture Commerciale en Guinée (PDAC-G) a décaissé près de 20 milliards de francs guinéens pour transformer le potentiel rural en moteur de croissance nationale.

​Une impulsion stratégique pour le « Simandou 2040 »

​L’événement, qui s’est tenu en présence de plusieurs membres du gouvernement et du représentant résident de la Banque mondiale, ne se voulait pas une simple formalité protocolaire. Comme l’a souligné la ministre de l’Agriculture, Mariama Ciré Sylla, il s’agit d’un « acte fort de politique publique ». Une initiative qui s’inscrit directement dans la vision Simandou 2040, où l’agriculture est érigée en pilier numéro un pour la création d’emplois durables et la sécurité alimentaire.

Poursuivant, elle a rappelé son attachement personnel à ce projet qu’elle a aidé à concevoir depuis lorsqu’elle était à la Banque mondiale : « L’avenir de la Guinée se construit aussi dans les champs et les ateliers de transformation », a-t-elle indiqué. Pour les 114 promoteurs présents, cet avenir commence aujourd’hui.

​Le Coordinateur du PDAC-G, Hamidou Diallo, a rappelé l’ampleur du projet : un investissement global de 100 millions de dollars cofinancé par le Groupe de la Banque mondiale. « L’objectif est de permettre l’investissement privé pour le développement inclusif des chaînes de valeur », a-t-il précisé. À ce jour, le fonds de subventions de contrepartie a déjà soutenu plus de 600 sous-projets à travers le pays.

​Le financement des entreprises agricoles : Un levier pour les femmes et les jeunes

​Le mécanisme de financement à coûts partagés s’attaque à l’un des obstacles majeurs du monde rural : l’accès au crédit. Pour cette phase spécifique dédiée au fonio et aux fruits, la rigueur était de mise. Sur plus de 200 dossiers, 114 lauréats ont été sélectionnés, dont une part belle faite à l’inclusion : 54% de femmes et 46% de jeunes.

​Ces subventions permettront d’acquérir des équipements modernes, de renforcer la transformation locale et d’ouvrir de nouveaux débouchés commerciaux. Monsieur Issa Diaw, représentant de la Banque mondiale, a exhorté les bénéficiaires à la rigueur : « L’appui financier est une opportunité, mais aussi une responsabilité. Le succès repose sur votre capacité à produire des impacts mesurables. »

​L’agriculture, nouveau terrain de chasse des investisseurs

​Le clou de la cérémonie fut l’intervention pragmatique du Premier ministre, Amadou Oury Bah. Dans un plaidoyer vibrant, il a invité le secteur privé et les commerçants guinéens à délaisser l’immobilier spéculatif pour investir dans les infrastructures agricoles, notamment les entrepôts de stockage.

​« Avec 3 milliards de GNF, vous pouvez construire un entrepôt qui permet aux paysans de conserver leur production et de réguler le marché. C’est beaucoup plus rentable qu’un immeuble vide », a martelé le Chef du gouvernement.

Cap vers la phase 2

​Alors que les premiers résultats sont déjà visibles sur le terrain, notamment une baisse du prix des œufs dans la région de Labé grâce aux précédents appuis, les perspectives sont prometteuses. Fort du succès de cette étape, la Banque mondiale a annoncé la préparation d’une phase 2 du projet, avec un financement tout aussi conséquent, prévu pour mai prochain.

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