Le Forum civil guinéen redoute « une Assemblée nationale monocolore » au lendemain des élections du 24 mai

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À l’approche d’échéances électorales jugées décisives pour la fin de la transition en Guinée, le Forum civil guinéen monte au créneau. À l’occasion d’une conférence de presse animée ce mardi 17 mars 2026 à Conakry, son président, Ibrahima Balaya Diallo, a exprimé ses préoccupations face à la situation sociopolitique actuelle, notamment en lien avec la dissolution récente de partis politiques et les risques qu’elle pourrait faire peser sur le pluralisme démocratique. Il dit redouter une Assemblée nationale monocolore au lendemain des législatives prochaines, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans son intervention, le président du Forum civil guinéen a d’abord justifié la démarche de son organisation, inscrite selon lui dans son rôle de veille citoyenne sur les grandes questions nationales.

Ibrahima Balaya Diallo, président du Forum civil guinéen

« Vous savez, en tant qu’entité de la société civile, il est de bon ton, de temps en temps, de venir devant vous pour nous exprimer sur les grandes questions de l’heure. Vous savez pertinemment que dans deux mois, nous irons à des élections législatives qui vont marquer la fin de la transition, avec les législatives, les communales et les sénatoriales. Cela va clôturer le cycle de la transition. Donc, vu tout ce qui se passe, nous avons jugé nécessaire, au niveau du Forum civil guinéen, de venir devant vous pour échanger », a fait savoir Ibrahima Balaya Diallo.

Poursuivant son intervention, il a mis l’accent sur les interrogations soulevées par les récentes dissolutions de partis politiques, qu’il estime préoccupantes au regard des engagements internationaux de la Guinée en matière de droits civils et politiques. « Comme je l’ai dit, le contexte est que dans moins de deux mois, nous irons à des élections législatives, communales et sénatoriales. Et vous savez pertinemment qu’il y a quelques jours, des partis ont été dissous. Cela soulève une question fondamentale : celle des droits civils et politiques, conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté le 23 décembre 1966 et entré en vigueur le 16 mars 1976, qui consacre la participation de tous les citoyens à la vie publique et politique. De ce fait, nous sommes venus pour comprendre cette situation, car nous avons constaté certaines anomalies. Il est important pour nous d’obtenir des éclaircissements. Récemment, la dissolution de 40 partis a suscité un tollé. Le risque, si l’on n’y prend garde, est qu’après le 24 mai, nous nous retrouvions avec une Assemblée nationale monocolore, qui deviendrait une chambre d’enregistrement, vidée de sa substance de contre-pouvoir », prévient l’acteur de la société civile.

Dans la suite de son propos, Ibrahima Balaya a également dénoncé ce qu’il considère comme des incohérences dans les discours officiels et a insisté sur la nécessité de préserver les acquis démocratiques. « Pour nous, il est essentiel d’alerter les autorités afin de mieux comprendre. D’autant plus que le discours semble contradictoire. Lorsque l’on écoute les raisons avancées pour justifier les dissolutions, et que l’on compare avec les déclarations du ministre des Affaires étrangères devant le corps diplomatique, il a été dit que seuls les partis ne respectant pas certaines règles ont été dissous. Pourtant, certains partis reconnus aptes à exercer leurs activités politiques se retrouvent aujourd’hui dissous. Cela soulève des interrogations. La démocratie n’est pas un luxe, c’est une exigence. On ne peut pas, au XXIe siècle, s’inscrire dans une logique de pensée unique en matière de gouvernance », a indiqué M. Diallo.

Enfin, le président du Forum civil guinéen a lancé un appel à un dialogue inclusif et à la préservation du pluralisme politique, qu’il considère comme un pilier du développement. « Nous sommes des défenseurs des droits de l’homme. À l’approche d’un cycle électoral, il est préoccupant de constater l’absence de dialogue entre les acteurs. Pourtant, le Premier ministre est le garant du dialogue politique et social. Qu’est-ce qui est fait aujourd’hui pour créer un consensus ? Les élections nécessitent un consensus, notamment dans la mise en place des organes de gestion. Mais malheureusement, on assiste à un exercice solitaire du pouvoir. Cela n’est pas bon. L’histoire peut nous rattraper. La pluralité démocratique est essentielle : elle garantit la liberté et le développement. L’exemple de l’Angleterre, depuis la Révolution de 1688, montre qu’un pays se développe lorsque les citoyens sont libres. Un peuple libre est un peuple capable d’innover et de se développer. À l’inverse, dans un climat de contraintes et de tensions, le développement devient difficile. Or, l’Assemblée nationale a pour rôle de voter les lois et de contrôler l’action gouvernementale. Si demain elle devient monocolore, toutes les lois risquent d’être adoptées sans véritable débat. Il est donc crucial de préserver la diversité des opinions au sein des institutions. C’est cela, la véritable démocratie », soutient-il.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 666 919 225

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