Dr Diané face à la CRIEF : « la décision qui m’a condamné ne repose sur aucun fondement »

il y a 3 heures 16
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Après plusieurs renvois, le procès en appel de Dr Mohamed Diané, ancien ministre sous le régime d’Alpha Condé, a été examiné ce jeudi 22 janvier par la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). En raison d’un changement dans la composition de la juridiction, la procédure a été entièrement reprise.

Condamné en décembre 2024 à cinq ans de prison ferme, Dr Mohamed Diané avait été reconnu coupable de détournement de deniers publics, de blanchiment de capitaux et d’enrichissement illicite. La décision de la Chambre de jugement l’avait également frappé d’une amende de 5 milliards de francs guinéens et l’avait condamné au paiement de 500 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts au profit de l’État guinéen, assortis de la saisie de la majorité de ses biens. C’est contre cet arrêt que la défense a interjeté appel.

À l’ouverture de l’audience, les avocats de la partie civile, puis ceux de la défense, ont exposé leurs moyens d’appel respectifs. La Cour a ensuite procédé à un nouvel interrogatoire du prévenu.

Comme en première instance, Dr Mohamed Diané a rejeté l’ensemble des charges retenues contre lui.
« Si j’ai interjeté appel, c’est parce que la décision de la Chambre de jugement qui m’a condamné ne repose sur aucun fondement », a-t-il déclaré à la barre.

S’agissant du délit de détournement de deniers publics, l’ancien ministre a soutenu qu’aucun document comptable relatif à sa gestion ne lui avait été présenté au cours de la procédure. Il a par ailleurs dénoncé le fait d’être le seul poursuivi dans ce dossier, estimant que l’intendance, qu’il considère comme la structure chargée de la gestion directe des fonds, aurait également dû être mise en cause.

Concernant l’enrichissement illicite, Dr Diané a affirmé que la majorité des biens mis à sa charge ne lui appartiennent pas. « Quatre-vingts pour cent des biens qui me sont attribués ne sont pas les miens », a-t-il insisté, avant de soutenir que ses poursuites judiciaires seraient motivées par des considérations politiques visant à le discréditer.

Revenant sur son patrimoine, il a nié être propriétaire de parcelles à Conakry, tout en reconnaissant posséder une maison à Missira datant de 1986, une villa à Sinkèfara, deux terrains non bâtis à Hérémakono et à Karfamoriah, un terrain à Bordo cédé par son frère, ainsi qu’un autre à Baladou. Parmi ces biens, a-t-il précisé, seuls les terrains de Baladou et de Bordo ont été acquis alors qu’il exerçait des fonctions ministérielles.

Au terme de cet interrogatoire, la Cour a déclaré les débats clos et renvoyé l’affaire au 29 janvier prochain pour les plaidoiries et les réquisitions.

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