Frontière Guinée–Libéria : le calme rétabli après un dialogue sur un différend autour du fleuve Makona

il y a 3 heures 19
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Le calme est revenu à la frontière entre la Guinée et le Libéria, précisément dans la localité de Sorlumba, à la suite d’un dialogue de haut niveau engagé pour apaiser les tensions liées à un différend territorial autour du fleuve Makona.

La situation s’était tendue ces dernières semaines après le lancement d’activités d’extraction de sable dans le fleuve par la société BK Enterprise, près de la frontière, dans le district de Foya, dans le comté de Lofa. Au cours de ces opérations, des soldats guinéens seraient intervenus pour interrompre les travaux et saisir le matériel, estimant que le fleuve relève de la juridiction guinéenne et que toute activité minière doit être autorisée par les autorités compétentes du pays, selon Voice of Lofa.

Selon le média, la suspension des opérations aurait été ordonnée par le général Kandia Mara. Cette décision a provoqué des tensions locales, notamment après le déplacement du drapeau libérien vers les rives du fleuve par des éléments de sécurité libériens, un geste interprété par les autorités guinéennes comme une revendication territoriale excessive.

Face à la montée des tensions, le ministre libérien de l’Intérieur, Francis Sakila Nyumalin, s’est rendu d’urgence dans la zone frontalière pour évaluer la situation. À l’issue de cette visite, informe Voice of Lofa, les deux pays ont convenu d’organiser une rencontre bilatérale le 8 mars dernier afin de désamorcer la crise.

La réunion s’est finalement tenue à Guéckédou sous la présidence du ministre guinéen de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Condé. La délégation libérienne comprenait notamment le chef d’état-major des Forces armées du Libéria, le général Davidson F. Forleh, ainsi que plusieurs responsables gouvernementaux et autorités locales du comté de Lofa.

Au cours des échanges, les deux parties ont insisté sur les relations historiques qui unissent la Guinée et le Libéria, notamment les liens commerciaux, culturels et familiaux qui existent de part et d’autre de la frontière. Les discussions ont également porté sur le statut du fleuve Makona. Les autorités guinéennes ont rappelé qu’un principe évoqué dans des accords de l’ancienne Organisation de l’Unité africaine stipule que, lorsqu’un fleuve constitue une frontière naturelle, il peut être considéré comme relevant du pays d’où il prend sa source.

Dans un esprit d’apaisement, la délégation libérienne a accepté de replacer le drapeau libérien à son emplacement initial au poste de contrôle frontalier. Cette décision vise à réduire les tensions et à préserver la stabilité dans cette zone stratégique de l’Union du fleuve Mano.

Par ailleurs, les autorités guinéennes ont indiqué être disposées, en principe, à restituer le matériel d’extraction saisi, sous réserve d’une évaluation technique par le ministère guinéen des Mines et de la Géologie. Cette expertise devra notamment déterminer si les équipements sont exclusivement destinés à l’extraction de sable ou s’ils peuvent être utilisés pour d’autres ressources minières.

À l’issue de plusieurs heures de discussions, la rencontre s’est conclue dans une atmosphère cordiale par une réception organisée à la résidence du général Kandia Mara. La délégation libérienne a ensuite regagné son pays sans incident.

Selon les autorités des deux pays, ajoute le média, la situation est désormais apaisée à la frontière de Sorlumba et les activités commerciales transfrontalières ont repris normalement, signe d’un retour progressif à la stabilité dans cette zone sensible.

Aux dernières nouvelles, Voice of Lofa indique que « des soldats guinéens ont traversé le fleuve Makona tôt ce mardi matin et auraient planté leur drapeau au port d’entrée de Sorlumba, dans la ville de Sorlumba ».

Sadjo BAH

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