Décès de Toumba Diakité : l’Ong Avocats sans frontières dénonce des “zones d’ombre” et appelle à une autopsie

il y a 2 heures 19
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Le décès de Toumba Diakité, l’ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, continue de susciter interrogations et réactions au sein de l’opinion publique guinéenne. Dans un entretien accordé à Guinée360, ce mardi 31 mars 2026, Me Christophe Labilé Koné, président de l’ONG Avocats Sans Frontières Guinée, s’est exprimé sur les circonstances entourant la mort de cet ancien condamné du procès des événements du 28 septembre 2009.

Dès l’entame, l’avocat adopte un ton critique face à ce qu’il considère comme des incohérences dans la gestion du dossier. Il rappelle que Toumba Diakité, condamné à dix ans de prison, purgeait sa peine à la maison centrale de Conakry dans des conditions jugées conformes au droit. Cependant, les événements ayant conduit à son décès restent, selon lui, largement incompris.

« S’il est vrai que Toumba a bénéficié d’un procès qu’on peut qualifier d’équitable, puisqu’il a eu accès à des avocats et qu’il purgeait sa peine à la maison centrale de Conakry. Ce que je n’ai pas compris et je le dénonce, un matin, nous apprenons qu’il y a des mouvements, des tirs à balles réelles à la maison centrale, sans explication. Puis, on nous informe qu’il a été extrait et transféré à la prison civile de Coyah, dans des conditions floues et tumultueuses. Pourquoi lui seul ? Pourquoi pas les autres détenus ? », s’est-il interrogé.

Me Koné s’interroge également sur la rapidité des événements ayant suivi ce transfert. Selon lui, moins d’un mois après son arrivée à Coyah, Toumba Diakité aurait été déclaré gravement malade avant d’être transféré à l’hôpital militaire du camp Samory Touré, où il est décédé quelques heures plus tard.

« C’est très flou. Il était détenu, certes, mais cela ne lui retirait pas ses droits fondamentaux. S’il était malade, il devait pouvoir consulter les médecins de son choix. Il avait des avocats, des proches. Ont-ils été informés de son état ? À en croire les déclarations de ses conseils, cela ne semble pas avoir été le cas ».

Au-delà des circonstances médicales, le président d’Avocats Sans Frontières Guinée pointe également un manque de cohérence dans la communication officielle autour du dossier. Il relève notamment une discordance entre les institutions ayant communiqué sur l’état de santé et le décès du détenu.

« Le procureur général près la cour d’appel de Conakry a communiqué sur son état de santé, tandis que la direction de l’administration pénitentiaire a annoncé son décès. Cela ne concorde pas. Celui qui informe sur la situation carcérale et médicale doit aussi pouvoir informer sur le décès. Cette incohérence pose problème et mérite des explications. »

Pour Me Koné, cette affaire met en lumière des insuffisances dans le fonctionnement de l’appareil judiciaire et pénitentiaire guinéen, notamment en matière de prise en charge des détenus malades. « Une personne détenue reste un être humain. Lorsqu’elle est malade, elle doit avoir accès à des soins appropriés et, si nécessaire, aux médecins de son choix. La manière dont les choses se sont déroulées n’est pas normale. D’autant plus que ses avocats avaient introduit une requête pour son retour à la maison centrale de Conakry, une procédure qui était en cours au moment de son décès.»

Revenant sur le parcours de Toumba Diakité, l’avocat évoque un destin marqué par un tournant décisif survenu en décembre 2009, après la tentative d’assassinat contre le capitaine Moussa Dadis Camara. « Sa vie a basculé à partir du 3 décembre 2009. À partir de là, il est entré dans une autre phase de son existence, marquée par la fuite, puis son arrestation à Dakar. On peut dire qu’il a eu un destin controversé. Mais, en tant qu’être humain, il ne méritait pas une fin dans des conditions aussi floues. »

Face à ces nombreuses zones d’ombre, Avocats Sans Frontières Guinée appelle à l’ouverture d’investigations pour faire toute la lumière sur cette affaire. Me Koné plaide notamment pour la réalisation d’une autopsie. «Il est impératif que les causes réelles de sa mort soient connues, d’abord pour ses proches, mais aussi pour l’opinion publique. Nous demandons qu’une autopsie soit réalisée par des spécialistes compétents. Si les circonstances de sa mort sont floues, cette démarche permettra d’établir la vérité et d’apaiser les esprits. »

Alors que l’inhumation de Toumba Diakité était annoncée dans les jours suivant son décès, cette exigence de transparence pourrait raviver le débat sur les conditions de détention et le respect des droits humains en Guinée.

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