Coût du programme Simandou: comment l’État compte mobiliser les fonds ?

il y a 9 heures 16
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À l’occasion de la plénière consacrée à l’examen et à l’adoption du programme de développement socio-économique Simandou 2040, ce jeudi 5 mars 2026, un aspect fondamental a particulièrement retenu l’attention de nombreux observateurs : le coût global du programme. Le coût global des réformes, projets et infrastructures prévus dans ce cadre est estimé à 330 milliards de dollars américains.

Sur ce montant, 20 milliards de dollars seraient déjà sécurisés grâce au projet minier Simandou. Le reste devra être mobilisé par l’État à travers le budget national, ensuite auprès des acteurs privés, des partenaires d’investissement ainsi que du fonds souverain.

Or, ce fonds souverain n’est pas encore mis en place. Le retard accusé dans sa création a d’ailleurs été pointé du doigt  par les conseillers nationaux dans leur rapport sur le programme.

D’où viendra la contribution de 32 % de l’État ?

Selon le rapport issu de l’examen du programme Simandou 2040, la mobilisation des financements se répartit comme suit : acteurs privés : 126 milliards de dollars (38 %) ; bailleurs de fonds : 37 milliards de dollars (11 %) ; fonds souverain, encore non opérationnel : 61 milliards de dollars (19 %) ; budget de l’État : 105 milliards de dollars (32 %).

Intervenant devant le Conseil national de la transition (CNT), la ministre de l’économie, des finances et du budget, Mariama Ciré Sylla, a souligné que ce projet « est bien plus qu’un simple programme économique ».

« Il s’agit d’une vision nationale, d’une feuille de route ambitieuse sur 15 ans visant à transformer les ressources exceptionnelles de la Guinée en un moteur de diversification économique, de construction et modernisation des infrastructures essentielles au développement de notre pays, de création d’emplois et d’amélioration durable des conditions de vie de nos populations. L’exercice de rebasage du PIB réalisé selon les standards internationaux avec l’appui du FMI et de la Banque mondiale a permis de mieux refléter la réalité de notre économie et son potentiel. Sur cette base, la croissance économique de la Guinée s’est établie en moyenne à plus de 6% ces dernières années et les perspectives sont particulièrement prometteuses. En effet, dès 2026, la croissance du PIB devrait atteindre 10%, portée notamment par l’essor des projets structurants, l’accélération des investissements et la montée en puissance du projet Simandou », a-t-elle indiqué.

Pour mobiliser les ressources publiques, la ministre Mariama Ciré Sylla a indiqué que le gouvernement entend engager « des réformes ambitieuses ». Il travaillera notamment à élargir l’assiette fiscale à travers la formalisation progressive du secteur informel, accélérer la digitalisation de l’administration fiscale et douanière, ainsi qu’à améliorer significativement le recouvrement des recettes fiscales et non fiscales.

« Dans le même esprit, une attention particulière sera accordée à la valorisation optimale des ressources stratégiques de notre pays et de recettes pourront être renforcées dans les secteurs comme celui minier, celui des télécommunications et celui des entreprises publiques, afin que la richesse nationale contribue pleinement à la prospérité de la nation guinéenne. Au-delà de la mobilisation des ressources internes, le gouvernement mettra également en place une stratégie proactive de diversification des sources de financement du développement. Cela passera par la mobilisation accrue de financement concessionnel auprès de nos partenaires techniques et financiers, mais aussi par le recours au secteur privé, dont la contribution est attendue à hauteur de 40 % du financement du programme Simandou 2040 », a-t-elle ajouté.

Convaincue que la mobilisation des ressources doit aller de pair avec la garantie d’une utilisation efficace des dépenses publiques, Mme la ministre a indiqué qu’à ce niveau, le gouvernement poursuivra avec détermination les efforts visant « à améliorer la qualité, l’efficacité et la transparence de l’action publique ».

« Cela passera par la rétrocession des ressources aux collectivités locales, afin d’assurer le développement de ces dernières, par le renforcement des moyens des services déconcentrés aussi demandé (…). L’objectif est de faire en sorte que chaque franc mobilisé par l’État serve efficacement au développement de notre pays et à l’amélioration des conditions de nos concitoyens. Conformément aux orientations dans le cadre du programme Simandou 2040, les ressources publiques seront orientées prioritairement vers les investissements structurants capables de transformer durablement notre économie et de la diversifier. Cela concernera le développement du capital humain, notamment », a-t-elle dit en substance.

Par ailleurs, la ministre Sylla a rassuré de la bonne volonté du Gouvernement et de sa bonne volonté de conduire à bien, ce programme.

MohamedNana BANGOURA

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