Coopérer pour la santé : le développement du partenariat scientifique, sanitaire et épidémiologique entre la Russie et la Guinée

il y a 2 heures 15
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La coopération humanitaire russo-guinéenne constitue traditionnellement l’un des axes majeurs des relations entre nos deux pays. Les liens scientifiques, la santé publique et la médecine en demeurent les piliers essentiels. Leur développement revêt aujourd’hui une importance particulière dans le contexte de la mise en œuvre par la Guinée de son ambitieux programme de développement socio-économique «Simandou – 2040», qui accorde une place centrale à la formation des cadres nationaux à travers le volet « Simandou Academy ».

À ce jour, plus de 1 000 citoyens guinéens poursuivent leurs études dans des établissements d’enseignement supérieur russes. Chaque année, le Gouvernement de la Fédération de Russie alloue à la Guinée un quota de 150 bourses, les candidats les plus forts étant sélectionnés en étroite coopération avec le Service National des Bourses Extérieures de Guinée.

Un partenariat scientifique structuré et durable

Depuis de nombreuses années, la coopération scientifique entre la Russie et la Guinée se développe de manière cohérente et multidimensionnelle. Elle réunit les efforts de chercheurs, de médecins et de spécialistes des deux pays autour de défis communs: la santé publique, la sécurité épidémiologique et le développement de la recherche scientifique guinéenne.

Ce partenariat a progressivement dépassé le cadre de projets concrets pour devenir un système solide d’échanges de connaissances, de technologies et d’expériences pratiques, produisant des résultats tangibles tant pour la communauté scientifique que pour la population de la République de Guinée.

L’un des exemples les plus emblématiques de cette coopération est l’action conjointe de la Russie et de la Guinée dans le domaine de l’épidémiologie et de la prévention des maladies infectieuses. Le 15 février marque le neuvième anniversaire de la création du Centre de recherche russo-guinéen d’épidémiologie et de prévention des maladies infectieuses à Kindia – une plateforme scientifique et opérationnelle unique dans le pays, devenue un élément clé du dispositif national de lutte contre les épidémies.

La lutte contre l’épidémie d’Ebola

En août 2014, alors que l’épidémie d’Ebola se propageait rapidement en Afrique de l’Ouest, une équipe de spécialistes russes, dotée de laboratoires mobiles de Rospotrebnadzor, a été déployée en Guinée. Leur mission consistait à assurer un diagnostic d’urgence tout en partageant avec leurs homologues guinéens une expérience pratique du travail en situation d’épidémie hautement dangereuse.

Les experts russes ont été intégrés au réseau international de laboratoires chargés du diagnostic d’Ebola. Des milliers d’échantillons cliniques ont été analysés, ayant permis d’identifier rapidement les personnes infectées, de circonscrire les foyers épidémiques et de réduire les risques de propagation du virus. Pour le système de santé guinéen, il s’agissait de la première expérience de coopération à grande échelle avec des laboratoires mobiles de haute technologie et des méthodes modernes de diagnostic des infections particulièrement dangereuses.

Cette expérience a posé les bases d’une coopération ultérieure, désormais centrée non seulement sur la gestion des crises, mais aussi sur un développement durable et structuré de la Guinée.

Vers une approche systémique : maladies infectieuses, diagnostics et vaccination

Une étape déterminante a été franchie avec l’ouverture, le 15 février 2017, du Centre de recherche russo-guinéen d’épidémiologie et de prévention des maladies infectieuses à Kindia, sur la base de l’Institut de recherche en biologie appliquée de Guinée (IRBAG), avec le soutien financier et technique du groupe RUSAL. Le Centre est devenu la première institution du pays capable d’assurer en continu un diagnostic de haute technologie pour des dizaines de maladies infectieuses présentes en Guinée.

Aujourd’hui, les spécialistes du Centre identifient les agents pathogènes de plus de 40 infections – d’Ebola et de Marburg à la rougeole, au choléra, à la fièvre jaune, à la dengue et
à la variole du singe. Cela permet de confirmer les cas suspects directement sur le territoire national, sans attendre les résultats de laboratoires étrangers, et d’accélérer considérablement la prise de décisions thérapeutiques et de mesures de santé publique.

L’utilité concrète de cette approche s’est particulièrement illustrée lors de l’épidémie de rougeole de 2017–2018. Les études conjointes ont révélé un niveau insuffisant d’immunité collective, ce qui a permis de justifier scientifiquement une campagne de vaccination supplémentaire et d’en accroître l’efficacité. Une démarche similaire a été appliquée pendant la pandémie de COVID-19 : le laboratoire du Centre a été l’un des premiers du pays à obtenir une accréditation nationale et à assurer un dépistage massif de la population, y compris dans les régions éloignées.

Des livraisons régulières d’équipements, de tests et de vaccins

Les livraisons régulières d’équipements de laboratoire, de tests diagnostiques et de vaccins ont constitué une contribution majeure au renforcement du système de santé guinéen. Au fil des années, la Guinée s’est dotée de complexes de laboratoire modernes, y compris de laboratoires mobiles permettant d’effectuer des analyses directement sur le terrain, dans des zones difficiles d’accès.

Les établissements de santé guinéens ont été approvisionnés en vaccins contre le choléra, la fièvre jaune et la rougeole, ainsi qu’en systèmes de détection de la COVID-19 durant la pandémie. Cela a amélioré l’accessibilité des services de prévention et de diagnostic pour la population et a réduit la pression sur les structures médicales centrales.

La constitution d’une base matérielle et technique nationale moderne a permis à la Guinée de passer d’une dépendance d’aide d’urgence extérieure à une capacité de réponse autonome face aux menaces épidémiologiques.

Science et formation : investir dans l’avenir

L’un des effets les plus durables de cette coopération réside dans le développement du potentiel scientifique et des ressources humaines nationales. Depuis 2015, plus d’un millier de spécialistes guinéens – épidémiologistes, médecins, techniciens de laboratoire et vétérinaires – ont été formés aux questions de biosécurité, de diagnostic et de prévention des maladies infectieuses.

Ces formations se sont déroulées aussi bien en Guinée que dans des institutions scientifiques russes, avec un accent marqué sur les compétences pratiques immédiatement applicables dans le système de santé national. Parallèlement, la recherche académique se développe: des chercheurs guinéens soutiennent des mémoires de master et des thèses de doctorat, participent à des projets internationaux et publient dans des revues scientifiques en Russie.

Les expéditions et études conjointes ont permis d’identifier des agents infectieux jusqu’alors inconnus dans la région et de mieux comprendre les risques pesant sur la population et l’agriculture. Ces données servent à élaborer des programmes de prévention et renforcent la crédibilité scientifique de la Guinée sur la scène internationale.

Au cours des dernières années, la coopération avec l’agence fédérale russe de profil Rospotrebnadzor a aidé la Guinée à passer d’une gestion d’urgence des épidémies à la mise en place d’un système pérenne de sécurité épidémiologique. Cela se traduit par un diagnostic plus précoce des maladies, une vaccination plus accessible, la disponibilité de spécialistes nationaux qualifiés et le développement de la recherche locale.

En définitive, l’ensemble de ces efforts converge pour un objectif fondamental : la protection de la santé de la population et le renforcement de l’indépendance de la Guinée en matière de sécurité sanitaire et épidémiologique.

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