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À Conakry, une nouvelle dynamique s’installe autour de la valorisation du patrimoine culturel guinéen à l’ère du numérique. Le Studio Kirah, en collaboration avec Expertise France, a organisé ce vendredi 10 avril 2026 une cérémonie marquant la fin d’un bootcamp intensif dédié aux méthodes et techniques de conservation du patrimoine. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet de création du musée virtuel de Guinée, avec l’appui financier de l’ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone, une plateforme numérique ambitieuse visant à préserver et promouvoir les richesses culturelles du pays, a appris Guinneematin.com à travers l’un de ses reporters.
Pendant quatre jours, les participants ont été formés, encadrés et accompagnés dans la structuration de projets innovants. Cette étape constitue un jalon important dans un programme plus large d’accompagnement, qui se poursuivra à travers des phases de mentorat, de maturation et de concrétisation des initiatives portées par les jeunes bénéficiaires.
La cérémonie de clôture a également servi de cadre à un point de presse, au cours duquel organisateurs et participants ont dressé le bilan de cette première phase et évoqué les perspectives à venir.
Présentant les contours du projet, la cheffe de projet Musée virtuel à Expertise France, Ida El Majdoubi, a détaillé les objectifs et les composantes de cette initiative d’envergure.
Ida El Majdoubi, cheffe de projet Musée virtuel à Expertise France« Le projet musée virtuel de Guinée est un projet mis en œuvre par Expertise France, une organisation de coopération technique présente en Guinée depuis dix ans et financée par l’ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone. Il est né d’un partenariat entre la France et la Guinée il y a quelques années et vise à promouvoir le patrimoine culturel guinéen via le développement d’une plateforme numérique. Le montant global du projet est de 2 millions d’euros, répartis en deux composantes. La première composante est celle de la conservation et de la restauration du patrimoine matériel du musée national de Guinée, où nous menons un chantier des collections. Nous restaurons tous les objets du musée national de Guinée, soit environ 1 800 objets ethnologiques et plus de 8 000 objets archéologiques. Nous faisons également de la recherche sur ces objets, à partir de la documentation existante au musée national, mais aussi auprès des communautés en Guinée et sur des objets conservés à l’étranger, notamment en France et en Allemagne.
La deuxième composante concerne le développement d’une plateforme numérique ainsi que la création et la collecte de contenus innovants sur le patrimoine matériel et immatériel guinéen. L’activité lancée cette semaine avec ce premier bootcamp s’inscrit dans cette deuxième composante. Nous travaillons avec 15 jeunes cette semaine ainsi que trois agents du musée national de Guinée, pour réfléchir à ce que pourrait être le musée virtuel de Guinée. Ces jeunes ont été formés et accompagnés à la maîtrise de certains outils numériques afin de créer du lien entre les collections du musée national et les publics qui consulteront cette plateforme, notamment les jeunes. À travers ce programme, la jeunesse devient actrice du projet et réfléchit à son impact sur elle-même, puisqu’elle en est la principale bénéficiaire », a déclaré Ida El Majdoubi.
Poursuivant son intervention, la responsable du projet a insisté sur les attentes en matière de formation et de coopération internationale.
« Les attentes de ce projet sont principalement de former les agents du musée national de Guinée et ceux d’autres institutions aux métiers de la conservation du patrimoine. Nous formons également les agents et les jeunes à la création, la gestion et la maintenance d’une plateforme numérique, ainsi qu’à la production de contenus autour de celle-ci. Dans ce cadre, nous avons développé des partenariats avec des institutions internationales, notamment les studios Kirah, un incubateur culturel en Guinée, et le 104 Paris, un incubateur basé dans le 19e arrondissement de Paris, très actif dans le domaine du numérique et de l’accompagnement d’entrepreneurs en lien avec les institutions culturelles », a-t-elle ajouté.
De son côté, la directrice générale du Studio Kirah, Nadine Doalex, est revenue sur la contribution de sa structure dans ce vaste projet collaboratif.
Nadine Doalex, directrice générale du Studio Kirah« Il s’agit du projet de musée virtuel. Concrètement, plusieurs entreprises guinéennes participent à sa mise en œuvre. De notre côté, avec notre partenaire 104 Factory de Paris, nous nous occupons de la partie incubation. La conception graphique des contenus est assurée par notre partenaire 104 à Paris. Nous, nous assurons la partie pratique ici en Guinée, en rendant opérationnelles toutes les activités du projet. Après le bootcamp 1, une autre phase appelée éducation artistique et culturelle permettra de rapprocher le musée virtuel de la population, notamment des étudiants et des écoliers, afin de favoriser une adhésion totale au projet », a déclaré la directrice générale du Studio Kirah.
Il a également précisé les modalités pratiques d’exécution du projet ainsi que l’implication des différents acteurs.
« Il s’agit d’un partenariat entre l’État guinéen et Expertise France pour la mise en œuvre de ce projet. Nous intervenons sur un volet précis du programme. La conception du projet, notamment graphique et virtuelle, est réalisée en ligne. Les participants ont bénéficié de formations en no-code, UX design et autres outils numériques. Nous assurons la mise en œuvre pratique de cette formation. Nous faisons intervenir des formateurs, notamment des business coaches guinéens, qui accompagnent les incubés dans la conception concrète de la plateforme. L’objectif est de leur permettre de gérer la plateforme du musée virtuel après la formation.
Les bénéficiaires sont les 15 jeunes sélectionnés lors d’un hackathon organisé par Expertise France. Les formations portent sur la production de contenus culturels innovants. Il s’agit de leur donner les outils nécessaires pour produire des contenus professionnels valorisant le patrimoine. La mise en ligne relève de la partie technique, assurée par notre partenaire 104 de Paris. Ce projet mobilise plusieurs entreprises spécialisées dans la numérisation, la production de contenus et la conception de plateformes. Nous assurons, pour notre part, l’incubation et l’accompagnement des porteurs de projets », a-t-elle soutenu.
Au-delà des organisateurs, les bénéficiaires du programme ont exprimé leur satisfaction quant aux acquis de cette formation. Mohamed Camara, l’un des lauréats, a salué une expérience enrichissante tant sur le plan technique que professionnel.
Mohamed Camara, l’un des lauréats« Je suis très fier et satisfait d’être l’un des participants de ce projet. En tant que jeune guinéen et bénéficiaire du musée virtuel de Guinée, je suis heureux de participer à la valorisation et à la mise à disposition du patrimoine guinéen pour la population, en particulier la jeunesse. Cette formation m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences, notamment en UX design et en création de contenus. J’ai aussi compris l’importance des bases professionnelles au-delà des compétences techniques. À l’issue de cette formation, je compte produire des contenus créatifs qui contribueront à la mise en valeur du patrimoine guinéen sur la plateforme du musée virtuel », a déclaré Mohamed Camara.
Même enthousiasme du côté de Fatoumata Lamarana Bah, étudiante en urbanisme à l’Institut supérieur d’architecture et d’urbanisme de Guinée, également dessinatrice et artiste passionnée par l’art et la création visuelle. Elle voit dans cette initiative une opportunité de contribuer activement à la préservation culturelle.
Fatoumata Lamarana Bah, étudiante en urbanisme à l’Institut supérieur d’architecture et d’urbanisme de Guinée« C’est un plaisir pour moi de suivre cette formation. Elle m’a permis de développer mes compétences et de les mettre en pratique. Dès le début, nous avons été introduits aux méthodes de travail et à la planification de projets. C’est une expérience enrichissante. En tant que jeune fille créative et passionnée d’art, je suis heureuse de contribuer au développement de la Guinée, surtout dans le domaine de la conservation du patrimoine. J’invite également les autres jeunes à faire de même », a-t-elle indiqué.
Mamadou Laafa Sow pour Guinneematin.com
Tél : (+224) 62299225
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