Kadiatou Bah du SLECG prône la paix : « Il faudrait que les uns et les autres acceptent que ce document-là soit appliqué »

il y a 2 heures 17
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La secrétaire générale du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), dame Kadiatou Bah, également membre de la commission du comité de suivi de l’application du protocole d’accord de l’intersyndicale de l’éducation FSPE-SLECG et SNE, signé le 3 janvier 2026, est revenue, dans une interview accordée à Mediaguinée ce vendredi, 10 avril, sur les travaux de cette commission censée suivre le déroulé et le respect des différents points négociés en vue d’obtenir des acquis.

Depuis la mise en place de cette commission au mois de février dernier, avec le concours du Conseil national du dialogue social, soit un mois après la signature bipartite de ce protocole d’accord, la syndicaliste dit constater « un grand retard par rapport au processus ». « Ça, il faut qu’on nous dise la vérité. Un grand retard, pendant que le Conseil national du dialogue social nous invite à des rencontres, à des séances de travail. Mais ce retard est en train de pousser aujourd’hui le syndicat, ou en tout cas les syndicats de l’éducation, à une interpellation. Cette interpellation, que ce soit le SLECG, que ce soit les autres syndicats nationaux ou fédérations de l’éducation, c’est une préoccupation pour tout le monde », a-t-elle expliqué.

Poursuivant, cette membre de la commission de suivi de l’application du protocole d’accord rassure que, malgré ce retard observé depuis février, chacun, de son côté, est en train de faire le mieux pour que cette interpellation soit entendue par le gouvernement. « C’est pourquoi, hier (jeudi, ndlr), vous avez constaté que le SLECG a tenu une grande assemblée générale qui a rassemblé pratiquement plus de 300 personnes. D’ailleurs, il n’y avait plus de place, mais à cause du soleil, nous avons été obligés de mettre les gens même dans les couloirs pour faire le compte rendu et donner des informations, ainsi que des nouvelles par rapport à la position de notre protocole d’accord, qui est déjà un acquis. »

Parlant des négociations qui devraient s’ouvrir après le moratoire des 100 jours, dame Kadiatou Bah croit savoir qu’à ce stade, on n’est plus à un niveau de négociation.

« À partir du moment où nous avons un protocole d’accord signé le 3 janvier en bipartite, aujourd’hui, c’est l’exécution qui doit être notre préoccupation, et c’est cette préoccupation qui est en train de nous animer les uns et les autres par rapport à son applicabilité. Si vous avez constaté, les enseignants ne peuvent pas dire le contraire. »

Par ailleurs, la secrétaire générale est revenue sur certains acquis déjà obtenus depuis la signature du protocole d’accord début janvier.

« Déjà, l’un des premiers acquis, c’est le paiement, au mois de février, de certaines primes qui sont déjà payées, et la deuxième partie sera payée au mois de mai. Il y a aussi d’autres primes, notamment les primes de logement et les primes de transport, qui seront également payées de manière séquentielle. Tout ceci rentre dans le délai de 2026. Donc, pour nous, c’est un grand acquis », a-t-elle salué.

Dame Kadiatou Bah d’ajouter : « Les débloqués qui n’avaient pas leurs primes d’incitation, 90 % ont déjà reçu leurs primes d’incitation. Ceux qui ne les ont pas encore reçues, nous avons exigé. Ce n’est pas une demande, mais une exigence, parce que c’est leur droit d’être rétablis dans leurs droits, et que cela soit rétroactif, comme le président du SLECG vient de le dire. Parce qu’il y en a parmi eux qui ont jusqu’à 15, 17, voire 20 mois sans primes d’incitation et qui ont été bloqués de leur salaire. Il faudrait que le ministère du Budget se lève pour que ces enseignants soient en possession de leurs droits. »

À la question de savoir si elle ne pense pas que certains ont raison de hausser le ton, vu que les travaux de la commission patinent, dame Kadiatou Bah a répondu avec amertume : « C’est une interpellation, et cette interpellation incombe à tout syndicaliste aguerri, pour que l’État ou le gouvernement se lève pour l’application de ce protocole d’accord. Hier (jeudi, ndlr), depuis que nous avons commencé à travailler au niveau du comité de suivi, je ne vous cache pas la vérité, seuls le dialogue social et les techniciens de l’intersyndicale se retrouvaient. Mais avec ce que nous sommes en train de faire maintenant, du côté du SLECG comme du côté des autres syndicats de l’éducation, SNE, FSPE, j’en passe, tout le monde est préoccupé par la même chose. Je vous dis qu’hier, toutes les entités étaient présentes au niveau du Conseil national du dialogue social, parce que nous avons dénoncé, au cours de nos réunions antérieures, l’attente prolongée, et nous ne sommes pas d’accord que cela continue à retarder. Il faut absolument respecter le délai prévu pour l’application du protocole d’accord. »

Pour finir, la syndicaliste a lancé un appel à ceux qu’elle considère comme des partisans de l’affrontement : « Moi, je n’appelle pas ça un affront. Pour moi, ce n’est pas un affront. Il faut éviter le sensationnel. Tenir une assemblée générale ne signifie pas aller en grève. Cela ne signifie pas non plus se mettre en porte-à-faux avec la loi, ni aller à l’encontre de l’État ou du gouvernement en place. À partir du moment où nous avons un document signé en bipartite, nous sommes forts de ce document. Donc, il faudrait que les uns et les autres acceptent que ce document-là soit appliqué. Que ce soit pour le SLECG, la FSPE ou le SNE, tous les signataires de ce protocole d’accord, le gouvernement est obligé d’en accepter l’application. Parce qu’une signature fait force de loi », a-t-elle conclu.

Mamadou Yaya Dounet Barry

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