Affaire Ibrahima Kourouma : ses avocats dénoncent une réincarcération “illégale”

il y a 3 heures 12
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Le Collectif des avocats de l’ancien ministre Ibrahima Kourouma a réagi à l’arrêt rendu le 17 février 2026 par la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), qui a déclaré leur client non coupable des faits de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite et ordonné sa relaxe pure et simple.

Dans une déclaration, les conseils de l’ancien ministre se félicitent d’une décision qu’ils présentent comme une victoire du droit, tout en dénonçant sa réincarcération à la Maison centrale de Conakry intervenue après le prononcé du verdict. « Le Collectif se félicite de cette décision qui consacre la primauté du droit, la présomption d’innocence et l’exigence de la preuve en matière pénale. Après quatre (4) années de détention, cet arrêt rétablit l’honneur et la dignité d’un homme injustement poursuivi », indique le document.

Les avocats expriment toutefois leur vive indignation face à la non-exécution immédiate de la décision judiciaire. Selon eux, après la décision rendue le 17 février 2026, alors même que ses conseils et sa famille s’apprêtaient à regagner leur domicile avec lui, le Dr Ibrahima Kourouma a fait l’objet d’une réincarcération à la Maison centrale de Conakry.

Pour le Collectif, « une telle situation constitue une atteinte grave à la liberté individuelle et une violation manifeste des dispositions légales en vigueur ».

Les avocats invoquent à cet effet l’article 160, alinéa 2, de la loi organique L/2025/037/CNT du 21 novembre 2025 relative à la Cour suprême, qui dispose : « ….Doit, nonobstant le pourvoi, être mis immédiatement en liberté après l’arrêt, le prévenu qui a été acquitté ou absous ou condamné, soit à l’emprisonnement avec sursis, soit à l’amende. Il en est de même du prévenu détenu, condamné à une peine d’emprisonnement, aussitôt que la durée de la détention aura atteint celle de la peine prononcée. »

Se fondant sur ce texte, ils estiment que “ la loi est claire : le prévenu relaxé doit être immédiatement libéré, nonobstant tout pourvoi. Aucune formalité supplémentaire ne saurait retarder l’exécution de cette décision».

Le Collectif interpelle également le ministre en charge des Droits de l’homme afin qu’il exerce pleinement sa mission de garant de la protection des libertés fondamentales. Les avocats considèrent en outre que la privation de liberté d’une personne relaxée par une juridiction d’appel constitue « une atteinte directe au droit à la liberté et à la sûreté, une entorse grave aux engagements internationaux de la République de Guinée en matière de droits humains ».

Ils appellent par ailleurs le garde des Sceaux à se saisir du dossier pour veiller à l’exécution de l’arrêt « sans délai ». Le Collectif exige ainsi l’exécution « immédiate » et « sans condition » de la décision de la CRIEF et se réserve « le droit d’engager toutes voies de droit appropriées afin de faire cesser cette illégalité ».

L’article Affaire Ibrahima Kourouma : ses avocats dénoncent une réincarcération “illégale” est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.

Lire l'article en entier