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9 février 1911 : Le crépuscule d’un roi
À l’aube du XXᵉ siècle, Alfa Yaya Diallo est bien plus qu’un simple chef local. Héritier d’une autorité politique, militaire et spirituelle, il incarne une souveraineté que l’ordre colonial cherche à briser. Le royaume de Labé, stratégiquement structuré, constitue alors un verrou face à l’expansion française dans le Fouta-Djalon. Malgré les pressions, les traités imposés et les tentatives de vassalisation, Alfa Yaya Diallo s’emploie à préserver l’autonomie de son royaume, jouant habilement entre diplomatie prudente et résistance assumée.
Mais cette indépendance dérange. Aux yeux de l’administration coloniale, le roi de Labé devient un obstacle, un symbole trop puissant pour être toléré. Les autorités françaises l’accusent de manœuvres hostiles, de duplicité et de complots, des griefs largement instrumentalisés pour justifier son élimination politique. Le 9 février 1911, l’arbitraire colonial s’abat sur lui avec une froide efficacité.Sans véritable procès ni possibilité de défense, Alfa Yaya Diallo est arrêté. Ce qui marque la fin d’un règne, mais aussi la naissance d’un mythe.
Sa déportation, qui suit, vise à l’isoler, à l’humilier et surtout à couper le lien sacré qui l’unit à son peuple. Envoyé loin du Fouta-Djalon, à Port-Etienne, actuel Nouadhibou en Mauritanie [ où il s’éteint en 1912], le roi déchu est privé de son pouvoir, mais non de sa dignité. Même en captivité, Alfa Yaya Diallo demeure une figure de résistance morale, rappelant que la domination coloniale ne parvient jamais totalement à soumettre les consciences.
Alfa Yaya Diallo entre dans l’histoire comme l’un de ceux qui ont refusé la soumission, au prix de l’exil et de la souffrance. Cent quinze ans après, son combat résonne encore comme un appel à la mémoire, à la justice historique et à la reconnaissance des résistances africaines face à la colonisation.
Son nom demeure, indissociable de Labé et du Fouta-Djalon, comme celui d’un roi qui, jusqu’au bout, choisit l’honneur plutôt que la capitulation.
Septembre 1968 : Une opération de dignité nationale
Dix ans après l’indépendance de la Guinée, le président Ahmed Sékou Touré décide de l’exhumation et du transfert des restes du Roi de Labé. Le 20 septembre 1968, une délégation de haut rang, menée par le ministre Damantang Camara, se rend en Mauritanie.
Ce rapatriement n’est pas qu’un simple acte funéraire ; c’est un geste politique puissant visant à :
Réunifier la nation : En ramenant Alfa Yaya, le régime de l’époque cherche à souder l’unité nationale autour d’une figure historique dépassant les clivages régionaux.
Laver l’affront : Ramener le corps en Guinée, c’est symboliquement mettre fin à la déportation imposée par la France.
Une cérémonie historique
Lors de l’exhumation à Port-Étienne, l’émotion est immense. Le transfert des restes vers la terre natale est décrit comme le retour d’une âme ayant enfin « purgé le pays de la souillure de la colonisation ».
Aujourd’hui, Alfa Yaya Diallo repose au Mausolée de Camayenne à Conakry, aux côtés d’autres grandes figures comme Samory Touré. Son nom est immortalisé dans l’hymne national guinéen, rappelant à chaque citoyen le sacrifice de ceux qui ont refusé de plier.
115 ans après, se souvenir du 9 février, ce n’est pas seulement pleurer une arrestation. C’est célébrer l’homme qui a choisi l’exil plutôt que la capitulation, et dont le nom reste, pour toujours, le synonyme du mot « Liberté ».
Repose en paix, héros !
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il y a 2 heures
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