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L’année 2025 restera comme un tournant décisif pour la transition guinéenne. De la restructuration drastique du paysage politique au processus électoral, retour sur les douze mois qui ont redessiné l’avenir institutionnel du pays.
Une accalmie politique sans précédent
Cela faisait longtemps, trop longtemps sans doute, que la Guinée n’avait pas connu une telle période d’accalmie. Ce calme apparent est le résultat direct de l’opération de « nettoyage » du paysage politique amorcée fin 2024. Pour rappel, suite à une évaluation jugée rigoureuse du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), une cinquantaine de partis ont été dissous pour non-conformité.
En 2025, une pression s’est maintenue sur les formations majeures, notamment le RPG (ex-parti au pouvoir) et l’UFDG, sous le coup de suspensions ou de restrictions strictes pour défaut de tenue de congrès ou absence de transparence financière. Si le MATD invoque une volonté de restructurer l’espace civique, l’opposition y voit une manœuvre d’éviction des voix dissidentes. Des instances internationales, telles que la Commission Africaine des Droits de l’Homme, ont d’ailleurs exprimé leurs vives inquiétudes quant à l’étouffement du débat démocratique en Guinée.
Organisation de manifestations de soutien aux actions du Général Mamadi Doumbouya dans les régions naturelles.
Depuis son accession au pouvoir en septembre 2021, le CNRD, sous l’impulsion du Général Mamadi Doumbouya, a engagé de vastes chantiers de modernisation des infrastructures routières sur l’ensemble du territoire. En signe de reconnaissance, d’importantes mobilisations ont été organisées à Conakry, ainsi que dans les grandes agglomérations de l’intérieur comme Boké, Kindia, Mamou, N’Zérékoré et Kankan. Ces rassemblements ont été l’occasion pour ses partisans de saluer un bilan jugé supérieur à celui des précédentes gouvernances et d’appeler officiellement à sa candidature pour la prochaine élection présidentielle.
Le sprint constitutionnel
Décrétée « année électorale », 2025 a vu le Conseil National de la Transition (CNT) accélérer la cadence. Après la vulgarisation de l’avant-projet de la Nouvelle Constitution. Au mois de septembre 2025, l’adoption du nouveau Code électoral marquait une étape cruciale, définissant les règles de transparence censées régir le futur scrutin présidentiel, les législatives et les élections locales.
Il faut rappeler que l’adoption du nouveau Code électoral, a précédé le lancement officiel de l’audit du fichier électoral.
La DGE prend les rênes du processus électoral sous l’ère Doumbouya
En juin dernier, le paysage institutionnel guinéen a franchi une étape décisive avec la création, par décret présidentiel, de la Direction Générale des Élections (DGE). Cette nouvelle entité, pilier de la restructuration électorale amorcée par le Général Mamadi Doumbouya, reprend désormais les prérogatives opérationnelles de l’ancienne CENI.
Bien que dotée d’une autonomie financière, la DGE opère sous la tutelle du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). Pour piloter cette structure stratégique, Mme Djénabou Touré a été nommée Directrice Générale en juillet, secondée par M. Georges Abraham Sory au poste d’adjoint.
L’objectif affiché est clair : professionnaliser l’organisation technique pour garantir la transparence des échéances majeures de 2025 (Référendum constitutionnel et présidentielle). Toutefois, ce passage d’une commission indépendante à une direction sous tutelle ministérielle divise. Si les autorités prônent l’efficacité, l’opposition y voit une menace pour l’indépendance du scrutin.
Cap sur la présidentielle après le « Oui » au référendum
Le calendrier électoral s’est rapidement accéléré en Guinée. Entre l’adoption de la nouvelle Constitution et l’officialisation des candidatures, le pays a rapidement tourné une page majeure de son histoire de transition.
Un processus constitutionnel verrouillé
Tout a basculé en septembre dernier avec l’annonce officielle du calendrier électoral. Le référendum constitutionnel, pierre angulaire du processus, s’est tenu le 21 septembre 2025. Le scrutin a enregistré une participation record de plus de 90 %, confirmant l’adhésion au projet déjà voté à l’unanimité par les 80 membres du Conseil National de la Transition (CNT) le 9 avril précédent. Mais l’absence des grands partis au processus laisse un goût amer. D’ailleurs, ces formations ont appelé leurs militants et sympathisants à boycotter les élections.
Neuf candidats en lice, des absences de poids
Le mois d’octobre a été marqué par l’ouverture du dépôt des candidatures sous l’égide de la Direction Générale des Élections (DGE). Sa directrice, Mme Djénabou Touré, a fixé la caution de participation par candidat à 900 millions GNF.
Sur la cinquantaine de dossiers enregistrés par la Cour suprême, seuls neuf candidats ont franchi l’étape de la validation. Cette sélection a créé la surprise avec l’éviction de figures historiques telles que : Lansana Kouyaté (PEDN) et Dr Ousmane Kaba (PADES).
Les grands absents du scrutin restent les formations historiques : le RPG et l’UFDG. Toujours suspendus pour non-conformité à la Charte des partis politiques, ils sont de facto exclus de la course. Quant à l’UFR, son leader Sidya Touré a été disqualifié par la limite d’âge (80 ans) instaurée par la nouvelle Constitution.
La liste finale des candidats retient neuf noms, dont une seule femme. Le président de la transition, Mamadi Doumbouya (GMD), se présente en candidat indépendant. Il fera face à : Abdoulaye Yéro Baldé (FRONDEG), Faya Lansana Millimouno (Bloc Libéral), Hadja Makalé Camara (FAN), Ibrahima Abé Sylla (NGR), Abdoulaye Kourouma (RRD), Mohamed Nabé (ARP), Elhadj Bouna Keïta (RGP) et Mohamed Chérif Tounkara (ACG)
Convocation du corps électoral
Le 13 novembre, après avis du Conseil des ministres, le chef de l’État a officiellement convoqué aux urnes le 28 décembre 2025 près de 7 millions d’électeurs. Ce scrutin présidentiel interviendra quatre ans après la chute d’Alpha Condé. Par décret, la campagne électorale est ouverte du 28 novembre au 26 décembre 2025.
La campagne électorale
Durant un mois, du 28 novembre au 26 décembre, la classe politique a parcouru l’ensemble du territoire national afin de défendre ses projets. Cette échéance de 2025 s’est distinguée des précédentes par son climat de paix : aucune entrave à la liberté de mouvement n’a été signalée et les joutes verbales ont laissé place à une communion citoyenne exemplaire, empreinte de ferveur et de respect mutuel
Le 28 décembre dernier, les électeurs guinéens se sont rendus aux urnes pour choisir leur futur président parmi neuf candidats, dont une femme. Selon les résultats provisoires publiés par la DGE, le candidat indépendant Mamadi Doumbouya arrive largement en tête avec plus de 86 % des suffrages. Il est suivi par Abdoulaye Yéro Baldé (FRONDEG) avec plus de 6 % des voix, et par le Dr Faya Millimouno du Bloc Libéral (BL), qui récolte un peu plus de 2 %.
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