Yakouba Kourouma, le Mozart de la fiscalité minière guinéenne

il y a 2 heures 11
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Dotée par dame nature d’un immense potentiel minier, la Guinée est souvent qualifiée, à juste raison, de scandale géologique. Depuis son indépendance, le pays tire l’essentiel de ses revenus du secteur minier, un pilier stratégique de son économie. Cette richesse naturelle a, au fil des décennies, hissé la Guinée au rang de destination fortement prisée pour les multinationales du secteur extractif.

Aujourd’hui, l’industrie minière guinéenne connaît un essor sans précédent. Les investissements explosent et atteignent des niveaux records, tout comme les exportations de minerais — bauxite, or et, désormais, fer. Pourtant, cette dynamique impressionnante peine à se traduire par un développement économique à la hauteur des attentes nationales.

Face à la complexité et à la sophistication des montages financiers et juridiques élaborés par de grands cabinets internationaux au profit des multinationales, l’assiette fiscale se réduit ainsi, année après année, à une portion congrue…

Conscients de cette réalité et désireux d’inverser cette tendance léonine, certains cadres guinéens ont, très tôt, pris l’initiative de se former au sein des prestigieuses universités du monde, reconnues pour leur expertise en fiscalité minière. En attendant une réponse institutionnelle forte de l’administration minière, ces démarches individuelles incarnent un espoir de rééquilibrage.

C’est dans cette dynamique de cet attelage d’une élite visionnaire et patriotique que s’inscrit Yakouba Kourouma dont le parcours et l’expertise lui valent aujourd’hui le surnom éloquent de « Mozart de la fiscalité minière guinéenne ».

Qui est donc Yakouba Kourouma ?

Ce brillantissime cadre fait partie du gotha de technocrates sur lesquels repose l’ambitieux projet de réforme de l’actuelle administration minière guinéenne. Depuis 2022, il occupe la fonction hautement stratégique de Conseiller économique et fiscal au ministère des Mines et de la Géologie.

À ce poste, sa responsabilité reste tout aussi stratégique. Car, il a la lourde charge de veiller avec dextérité et rigueur à la bonne conduite des politiques économiques et fiscales du secteur. Son expertise porte sur l’analyse pointue de l’évolution des marchés, le suivi du prix des matières premières et l’examen des accords spécifiques liés aux infrastructures minières. Parallèlement, il est en première ligne pour identifier les risques de fraudes et proposer des réformes visant à lutter contre l’évasion fiscale, afin d’optimiser les revenus miniers de l’État.

L’artisan de l’instauration du prix de référence de la bauxite en Guinée

Dès sa prise de fonction en janvier 2022, l’expert en fiscalité minière s’est attelé à une analyse minutieuse des causes structurelles des pertes de recettes minières. Son diagnostic a mis en lumière deux pratiques récurrentes et préjudiciables : la prolifération des exonérations fiscales et la sous-évaluation chronique du prix de vente de la bauxite.

Les conclusions de ce travail, sans appel, ont débouché sur des recommandations majeures. Parmi lesquelles l’instauration d’un prix de référence de la bauxite en Guinée et la création d’un comité de suivi chargé de veiller à son application. Ces initiatives lumineuses portant le sceau indélébile de l’espérance et saluées par de nombreux observateurs avertis, sont perçues comme le point de départ d’une véritable révolution dans l’histoire de la fiscalité minière en Guinée.

S’appuyant sur les chiffres d’affaires déclarés à la Direction générale des impôts et sur les niveaux de production réelle, les travaux menés par Yakouba Kourouma que certains appellent affectueusement le « Mozart de la fiscalité minière », ont permis de découvrir des disparités totalement hallucinantes. Alors que certaines sociétés déclaraient des prix de vente oscillant entre 9 et 14 dollars US la tonne, d’autres annonçaient, au même moment et pour un minerai de teneur quasi identique, un prix de 45 dollars US.

Grâce à cette mesure particulièrement innovante, l’État pourrait substantiellement générer des recettes supplémentaires estimées à environ 1 milliard de dollars US, rien que dans le seul secteur de la bauxite, indiquent ses prévisions analytiques.

Déterminé à ne pas s’arrêter en si bon chemin dans la croisade contre toute forme de fraude — qu’il s’agisse de sous-capitalisation, de fausse facturation ou d’érosion de la base fiscale dans le secteur minier —, le Conseiller économique et fiscal du ministère des Mines apparaît comme un ardent défenseur de la mise en place de nouveaux mécanismes fiscaux destinés à limiter les effets des pratiques résiduelles, notamment les prix de transfert.

Avec l’entrée en production de projets miniers majeurs tels que Simandou et Nimba Mining Company, M. Kourouma estime que, par une maîtrise efficace des prix de transfert, les recettes minières de la Guinée pourraient croitre du simple au double. Comme l’annonce une prévision de la Banque mondiale qui table sur un accroissement annuel des revenus miniers guinéens de 1,1 à 2,1 milliards de dollars US en fonction de la fluctuation du prix du minerai de fer sur le marché. Une embellie prévisionnelle des recettes minières qui serait principalement portée par le mégaprojet Simandou.

Parcours académique et expertise technique

En janvier 2011, l’Institut Supérieur des Mines et de la Géologie de Boké révèle à sa communauté académique toute l’étendue du génie de l’étudiant Yakouba Kourouma. Celui-ci soutient brillamment son mémoire de fin d’études intitulé : « Planification rationnelle de l’exploitation simultanée des plateaux bauxitiques de Sangarédi à l’horizon 2015 ». Une soutenance sanctionnée, sans surprise, par la mention excellente, qui le consacre Major de la 45ᵉ promotion.

Fraichement diplômé de l’Institut géo-mines de Boké, Yakouba Kourouma est très vite repéré puis recruté par la State Power Investment Corporation (SPIC), une entreprise chinoise opérant dans la zone bauxitique de Boffa. Malgré son jeune âge, il est promu au poste stratégique de Responsable des relations publiques et institutionnelles du projet d’alumine de SPIC en Guinée.

À ce titre, sa mission consiste à conduire des analyses de marché approfondies afin d’assurer à l’entreprise un positionnement stratégique, juridique et concurrentiel solide dans le microcosme minier guinéen. Il est également chargé de veiller à la conformité du projet d’alumine avec la législation minière nationale. Par ailleurs, il a pour responsabilité de créer et d’entretenir des relations efficaces avec l’ensemble des parties prenantes du projet, notamment les ministères, les ONG, les médias, les autorités locales, les cabinets d’études et diverses personnes ressources.

En 2015, après avoir accumulé quatre années d’expérience professionnelle au sein de SPIC, Yakouba Kourouma, animé par la conviction que les mines guinéennes peuvent devenir un puissant catalyseur du développement du pays, se convainc de l’impérieuse nécessité de poursuivre ses études dans des institutions universitaires de renommée mondiale.

Dans sa quête permanente de la connaissance, il débarque en 2016 à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), au Canada, où il s’inscrit à la faculté des sciences économiques appliquées au secteur minier.

Trois années plus tard, en 2019, il obtient brillamment sa maîtrise avec mention « Très bien », après avoir soutenu son mémoire intitulé : « Impacts des régimes miniers sur les revenus fiscaux dans le secteur minier en Guinée : l’approche du modèle FARI ». Cette distinction marque l’aboutissement d’une expertise incontestable dans les domaines de l’économie et de la fiscalité minière.

Parallèlement à ses études, en 2018, Yakouba Kourouma, désormais économiste fiscaliste dans le secteur minier, décide de mettre ses compétences au service de la coopération internationale. Il rejoint la GIZ (Agence allemande de coopération internationale) en tant que Consultant pour la Gouvernance Régionale du Secteur Extractif (GRSE) en Afrique de l’Ouest. Ses missions comprennent :

  • La formation des cadres de l’administration publique guinéenne en modélisation financière avancée des projets miniers, destinée principalement aux agents du ministère des Mines et de la Direction générale des impôts ;
  • Le contrôle fiscal de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) et de la Société des Mines de Boké (SMB) ;
  • L’identification des indicateurs de risque pour sécuriser les revenus miniers en Guinée.

Son expertise ne se limite pas à la Guinée, puisque ses missions s’étendent également à d’autres pays de l’espace de la Mano River Union, notamment la Côte d’Ivoire, le Liberia et la Sierra Leone.

Premier coup d’essai dans le consulting, premier coup de maître pour ce cadre surdoué. Cette expérience réussie lui ouvre entre 2019 et 2022 les portes de CPCS, une firme canadienne de management et de consulting. Cette entreprise joue actuellement un rôle clé en tant que conseil financier de l’État dans le cadre du projet Simandou. En sa qualité de Consultant au sein de la division Afrique francophone et Coordonnateur local de projets en Guinée, M. Kourouma fournit une assistance technique pour la mise en place du Bureau d’Appui à la Coordination des Projets Miniers (BAC), financé par la Banque Africaine de Développement (BAD). Il participe également au développement du programme PPP de la Guinée, financé par la Banque Mondiale.

Toujours avec CPCS, l’expertise de Yakouba Kourouma s’exporte également au Gabon, où il contribue à l’étude de compétitivité du secteur minier.

De septembre à novembre 2025, il est sollicité en tant qu’expert en fiscalité minière par le ministère de l’Économie et des Finances, via le Centre de Formation en Finance Publique (CFFP), pour former les agents de la Direction générale des Impôts.

En mai 2024, M. Kourouma obtient une certification en Leadership Exécutif en Finances Publiques et Fiscalité à la prestigieuse Lee Kuan Yew School of Public Policy de Singapour. Cette reconnaissance vient renforcer sa capacité à élaborer et mettre en œuvre des politiques fiscales adaptées aux particularités du secteur minier.

Au regard de son impressionnant parcours, qui mieux aujourd’hui que Yakouba Kourouma, cadre émérite dans l’économie et la fiscalité minière pour apporter l’expertise tant recherchée et qui manque cruellement à l’administration fiscale dans le très stratégique secteur minier guinéen ?

Son profil de technocrate consommé, sa riche expérience de près de 15 ans dans le secteur minier, et son bagage d’ingénieur géo-mines, font de lui un rempart exceptionnellement redoutable contre l’évasion fiscale. Il est également en mesure de booster substantiellement les revenus miniers de l’État, contribuant ainsi au renforcement de l’immense chantier de refondation que le président de la République Mamadi Doumbouya a lancé depuis le 05 septembre 2021 dans le domaine des finances publiques guinéennes.

Lire l'article en entier