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En détention préventive à la prison civile de Coyah depuis le 6 février 2019, Alphonse Kamano, alias ‘’Alasko’’, et ses coaccusés Oumar Diallo Friman’’ et Mohamed Soumah ‘’Passi’’, attendent toujours d’être fixés sur leur sort. Malgré les multiples démarches de leur conseil, Me Salifou Béavogui, le dossier reste absent du rôle des audiences criminelles.
L’avocat au barreau de Guinée ne cache pas sa stupéfaction. Alors qu’il espérait enfin l’ouverture d’un procès lors de la session actuelle du tribunal criminel de Coyah, Me Béavogui a découvert que le dossier de ses clients n’avait pas été programmé. Une situation qu’il qualifie de violation flagrante de la présomption d’innocence.
Le cas d’Alphonse Kamano est particulièrement alarmant. Depuis son incarcération, il a été transféré de prison en prison, de Boké à Kindia, avant de revenir à Coyah.
« Ma surprise est grande et se transforme en une véritable inquiétude face à la violation du droit imprescriptible de tout citoyen à être jugé dans un délai raisonnable », martèle son avocat.
Me Béavogui rappelle qu’avant la réforme du Code de procédure pénale en 2016, les crimes étaient jugés par les cours d’assises, une procédure lourde et lente qui entraînait des détentions prolongées. Le législateur a depuis confié la compétence criminelle aux tribunaux de première instance pour rapprocher la justice des justiciables et désengorger les prisons.
Pourtant pour Alphonse Kamano, la réalité est tout autre. Du 8 février 2019 au 8 février 2026, cela fait sept ans deux mois qu’il est systématiquement emprisonné, sans être ni jugé, ni libéré.
« C’est inacceptable », s’indigne le conseil.
Aujourd’hui, l’affaire prend une tournure encore plus trouble, en effet, le dossier judiciaire aurait disparu. En avril 2025, face à l’immobilisme de l’administration, Me Béavogui avait engagé un référé pénal. Le juge avait alors constaté la disparition des pièces et ordonné leur reconstitution, conformément aux articles 690 à 693 du Code de procédure pénale.
Un an plus tard, rien n’a bougé, et le dossier reste au point mort.
« Le dossier reste au point zéro. Mon client meurt à petit feu en prison au mépris de ses droits. On l’oblige à purger une peine pour laquelle il n’a jamais été condamné », dénonce l’avocat, qui rapporte également le décès de certains coaccusés durant cette attente.
Face à la dégradation de l’état de santé de son client et à la détresse de sa famille, Me Salifou Béavogui refuse de baisser les bras.
« Je ne jette l’anathème sur personne, mais je fais un constat amer qui me révolte. Qui a fait disparaître le dossier ? Pourquoi ce jeune homme ne peut-il pas être jugé ? Nous continuerons de nous battre pour que justice soit rendue et qu’il soit jugé ou qu’il soit libéré », a-t-il assuré.
Alhassane Fofana
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il y a 2 heures
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