Soromaya (Kérouané) : l’absence de réseau téléphonique plonge les habitants de Karako dans l’isolement

il y a 3 heures 12
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Situé à environ 8 kilomètres de la sous-préfecture de Soromaya et à une soixantaine de kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Kérouané, le secteur de Karako vit dans un isolement numérique presque total. L’absence de réseau téléphonique complique considérablement le quotidien des habitants de cette bourgade. Elle freine également toutes les activités socioéconomiques, a constaté Guineematin.com à travers son envoyé spécial. 

Les populations de Karako font face à un manque criant de couverture mobile. Pour passer un simple appel, les résidents sont obligés de parcourir environ un kilomètre, à la recherche d’un point où le signal est accessible.

Moustapha Sanoh, habitant de Karako

« Tellement que nous sommes dépassés par l’absence du réseau, nous ne savons plus quoi faire. Pour passer un appel, nous sommes obligés de parcourir un kilomètre. Il n’y a pas du tout de réseau chez nous ici. Rien ne peut se faire aujourd’hui presque sans le réseau. Cela nous préoccupe beaucoup », a témoigné Moustapha Sanoh, un habitant du village. 

À l’ère du numérique, la téléphonie mobile est devenue un outil indispensable, aussi bien pour les échanges personnels que pour les activités économiques, administratives et sanitaires. Dans cette localité rurale, cette absence de connectivité impacte directement le commerce local, l’accès à l’information, les services financiers mobiles ainsi que la communication en cas d’urgence.

Les commerçants peinent à communiquer avec leurs partenaires ou fournisseurs. En cas de maladie ou de situation urgente, contacter un centre de santé relève du parcours du combattant.

Les populations de Karako interpellent les autorités locales, préfectorales ainsi que les sociétés de téléphonie mobile afin qu’une solution durable soit trouvée. Pour elles, l’installation d’une antenne relais dans la zone constituerait un pas décisif vers le désenclavement et le développement du secteur.

« Nous demandons de l’aide pour l’implantation du réseau téléphonique chez nous ici. Nous souffrons énormément parce que nous ne pouvons rien faire sans ça », a lancé Moustapha Sanoh.

Karako continue, en attendant, de vivre à l’écart de la révolution numérique, dans un monde où la communication et la connexion sont pourtant devenues un droit fondamental et un levier essentiel de développement.

Au-delà du cas spécifique de Karako, cette situation renvoie plus largement aux disparités persistantes en matière de couverture téléphonique en Guinée. Si les grands centres urbains bénéficient d’une couverture relativement stable, notamment à Conakry et dans certaines capitales régionales, de nombreuses zones rurales et enclavées continuent de souffrir d’un accès limité, voire inexistant, aux services de téléphonie mobile et d’internet.

Dans son « Observatoire des marchés pour le quatrième trimestre 2023 », l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) a identifié 288 quartiers et districts non couverts, 51 zones blanches et 234 zones grises. Le taux national de couverture en téléphonie mobile était de 92,39%.

Les contraintes liées au relief, à l’insuffisance des infrastructures énergétiques et au coût d’implantation des antennes relais freinent l’extension du réseau dans l’arrière-pays. Cette fracture numérique entretient des inégalités territoriales profondes et pose avec acuité la question de l’aménagement du territoire, de l’inclusion numérique et du rôle des pouvoirs publics ainsi que des opérateurs privés dans la réduction de ces disparités.

De retour à Karako (Kérouané), Kaïn Naboun TRAORÉ pour Guineematin.com 

Tel : (+224) 621144 891

The post Soromaya (Kérouané) : l’absence de réseau téléphonique plonge les habitants de Karako dans l’isolement first appeared on Guineematin.com.

Lire l'article en entier