RGPH‑4 : 17,5 millions d’habitants, 51,8 % de femmes, la région de Kankan plus peuplée que Conakry

il y a 2 heures 10
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La République de Guinée, à travers le ministre du Plan et de la Coopération internationale, a procédé, ce mercredi 25 février, à la présentation des résultats préliminaires du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4). Cette opération, pilotée par l’Institut national de la statistique (INS) et mobilisant plus de 22 000 agents, permettra au pays de planifier son développement sur la base de données fiables et actualisées.

La cérémonie solennelle s’est tenue en présence du président du Conseil national de la Transition, du Premier ministre, chef du Gouvernement, de plusieurs membres du Gouvernement, de la conseillère du Président de la République, ainsi que de représentants d’institutions internationales ayant accompagné la Guinée tout au long du processus.

Selon les chiffres présentés par le directeur national de l’Institut national de la statistique (INS), Dr Mankan Doumbouya, la République de Guinée compte 17 521 167 résidents, dont 51,8 % de femmes contre 48,2 % d’hommes.

Les mêmes résultats indiquent que 61,3 % de cette population vivent en milieu rural, contre 38,7 % en milieu urbain, alors qu’en 2014 ces proportions étaient respectivement de 65,2 % et 34,8 %, traduisant une progression de l’urbanisation.

Toujours selon ces données, la région de Kankan affiche l’effectif le plus élevé avec 4 110 216 habitants, suivie de Conakry avec 3 407 327. Les régions de Labé et de Mamou enregistrent les chiffres les plus faibles, avec respectivement 1 239 897 et 916 535 habitants.

La représentante par intérim du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), Anita Akumiah, a, dans un pan de son discours, souligné l’importance de ce recensement : «Pour planifier efficacement, un pays doit connaître son développement, qui elle est, où elle vit et dans quelles conditions. C’est là le fondement d’un véritable progrès. Aujourd’hui, la République de Guinée franchit une étape décisive dans cette direction avec la publication des résultats préliminaires du 4e Recensement général de la population et de l’habitation. Ces résultats sont plus que des statistiques, ils offrent les portraits les plus précis […] et constituent la base essentielle de la nation que nous aspirons à construire».

Pour sa part, le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Israël Nabé, est revenu sur la portée et la vision de cette opération. «La Guinée a fait un choix clair, celui de replacer la connaissance objective de la nation au centre de l’action politique, car gouverner sans données fiables, c’est avancer sans boussole. En plaçant la statistique publique au cœur de la refondation de l’État, le Président de la République a affirmé une conviction forte. Le développement durable commence par la connaissance précise de ses territoires et de ses dynamiques sociales et économiques. Le RGPH-4 s’inscrit ainsi dans cette vision présidentielle d’un État stratégique, performant et tourné vers l’avenir».

Selon le ministre Israël Nabé, ce recensement, réalisé dans le respect de la périodicité décennale recommandée par les Nations unies, «s’inscrit pleinement dans la continuité des grandes étapes statistiques nationales. Comme l’a si bien dit le directeur national de l’INS tout à l’heure, de 1983 à 1996, de 1996 à 2014, représentant des étapes majeures dans le renforcement du système statistique national. Mais au-delà de cette continuité, cette édition marque une véritable rupture qualitative. Pour la première fois, monsieur le Premier ministre, notre pays a mobilisé de manière systématique les technologies numériques à toutes les étapes du processus, garantissant transparence, sécurité, rapidité et qualité des données produites. Pour la première fois également, les experts internationaux ont accompagné l’opération, renforçant la crédibilité et la robustesse méthodologique du processus. Et pour la première fois enfin, une enquête post-censitaire rigoureuse a permis d’évaluer systématiquement la couverture, la viabilité et la qualité du dénombrement conformément aux standards internationaux les plus exigeants».

À en croire le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, «Les résultats préliminaires qu’on vient de présenter tout à l’heure constituent une première lecture actualisée de notre nation. Une photographie vivante de la Guinée qui compte désormais 17 521 167 habitants. De sa jeunesse, avec les moins de 35 ans représentant 79 % de la population. De ses dynamiques démographiques, avec 51,8 % de femmes et 48,2 % d’hommes. De ses territoires, avec 61,3 % de la population vivant en zone rurale et 38,7 % en zone urbaine».

Présidant la cérémonie, le Premier ministre, chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, a, dans son discours de circonstance, apporté des précisions relatives à ce recensement. «Et si on fait attention, vous allez vous rendre compte qu’à travers parfois ces graphiques, l’histoire du pays aussi ressort. D’abord 17,5 millions d’habitants. Il faut qu’on fasse comprendre à nos compatriotes que cela ne veut pas dire qu’il y a 17 500 000 de Guinéens. Il y a 17 500 000 de personnes qui vivent en République de Guinée. Et dans le RGPH-4, la diaspora n’est pas comprise dedans. Donc ce sont les populations résidentes. Les statistiques améliorées nous permettraient d’avoir une idée de combien exactement nous sommes en République de Guinée et citoyens de ce pays. Et par extension, vérifier, dans le recensement des autres pays, éventuellement, la composition et la répartition de nos compatriotes, surtout dans les pays limitrophes, pour avoir une idée de combien nous sommes en tant que citoyens guinéens», a-t-il déclaré, estimant par ailleurs que si l’on tient compte de la diaspora, «Nous pouvons faire plus de 20 millions, 22, 23, 24 millions de Guinéens répartis à travers le monde».

Poursuivant son propos, le chef du Gouvernement a expliqué les raisons pour lesquelles la région de la Haute-Guinée affiche le nombre le plus élevé lors de ce recensement général de la population et de l’habitation : «Les préfectures les plus peuplées, Siguiri, Kankan, Mandiana. Le ministre de l’Administration du Territoire, le ministre de la Sécurité, nous savons que l’une des raisons fondamentales pour lesquelles cette région constitue un aimant, c’est l’orpaillage. Et nous savons également que nous avons indispensablement besoin de politiques structurelles fortes pour répondre aux problématiques des zones d’orpaillage, où l’accueil des populations guinéennes et étrangères doit être mieux régulé. Et également, ça fait ressortir des besoins sur les questions d’urbanisation d’une ville comme Siguiri, qui est devenue une grande mégapole, sans pour autant avoir toutes les infrastructures indispensables pour répondre aux besoins des populations de plus en plus jeunes. Et si vous remarquez également, le taux de masculinité est le plus fort dans cette partie du territoire national. Cela veut dire que les hommes vont à la recherche de l’or, vont à la recherche du travail, et sont nettement plus nombreux que les femmes dans cette partie du territoire national, avec tout ce que cela implique par rapport au comportement de la population», a-t-il expliqué.

Paradoxalement, a-t-il renchéri, certaines préfectures affichent les taux de masculinité les plus faibles. «Pita est l’une des préfectures où le taux de masculinité est le plus faible. 72 %. Et ça, ça reflète une réalité. La plupart des gens de Pita sont à Dakar, sont ailleurs, ils sont à l’étranger. Par exemple, Labé 77 %. Mamou, 79 %. Et c’est la préfecture de Pita qui a le taux de masculinité le plus faible», a-t-il soutenu.

Mamadou Yaya Barry

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