Réseaux sociaux, débats politiques, retards et absentéisme : Ibrahima Sory II Tounkara met en garde les magistrats

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Le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a effectué, le 27 février 2026, une visite au tribunal de première instance de Kaloum, à Conakry. Cette rencontre, présentée comme une prise de contact avec le personnel judiciaire, s’est transformée en une mise au point ferme sur la discipline, l’éthique et l’efficacité au sein des juridictions.

Face aux magistrats et aux greffiers, le ministre a dressé un constat sans concession, dénonçant notamment l’absentéisme, les retards, la politisation et l’usage excessif des réseaux sociaux par certains acteurs de la justice.

Dans un discours direct et parfois sévère, le garde des Sceaux a pointé du doigt le comportement de certains juges d’instruction, accusés de délaisser leurs fonctions au profit des plateformes numériques. « Il y a un juge d’instruction qui est censé faire son travail, mais c’est lui qu’on retrouve sur les réseaux sociaux. Pendant ce temps, les justiciables sont là, en train d’attendre. D’abord, il n’arrive pas à l’heure. Les gens l’attendent. Lorsqu’il arrive enfin, il reste dans son bureau… toujours sur les réseaux sociaux. »

Le ministre a également fustigé la participation de magistrats et de greffiers aux débats politiques en ligne, estimant que ces pratiques portent atteinte à la neutralité de la justice. « Il faut que nous quittions les réseaux sociaux. Ce n’est pas le lieu approprié pour les magistrats ni pour les greffiers. On voit même certains magistrats ou greffiers commenter et participer à des débats carrément politiques sur ces plateformes. Nous reviendrons sur tout cela. »

Pour mettre fin à ces dérives, Ibrahima Sory II Tounkara a annoncé la redynamisation de l’Inspection des services judiciaires et pénitentiaires, avec des contrôles inopinés. « Je vais redynamiser l’Inspection des services judiciaires et pénitentiaires, qui veillera à ces dérives et effectuera des inspections inopinées. Nous en avons besoin. Il faut que cela change. Il faut que nous travaillions. »

Le ministre a également dénoncé les voyages non autorisés de certains magistrats, appelant à un retour à la rigueur professionnelle. « Il n’est pas acceptable qu’un magistrat se pavane à travers le monde, parfois sans même que son supérieur hiérarchique ne soit informé. Il faut rester dans les bureaux pour travailler. »

Autre annonce majeure : la fin des audiences sans rendez-vous avec le garde des Sceaux, une pratique jugée contre-productive. « J’ai également indiqué que je ne reçois pas les magistrats sans rendez-vous. Et même lorsqu’il y a un rendez-vous, le motif doit être dûment justifié pour que je puisse les recevoir. Je considère qu’un magistrat ou un greffier a déjà énormément de travail. Pourquoi venir au département ? Pour quel motif ? »

Le ministre a insisté sur la responsabilité des chefs de juridiction dans le respect de la discipline administrative, notamment en matière d’autorisations d’absence. « La première discipline, Monsieur le Procureur, Madame la Présidente, commence au sein de vos juridictions. Vous devez y veiller. N’accordez pas des autorisations d’absence fantaisistes.»

« On ne peut pas constater l’absence d’un agent, puis, après coup, vous demander de régulariser la situation par une autorisation», a-t-il indiqué.

Il a également rappelé que les magistrats bénéficient de congés suffisants et doivent en retour garantir leur présence et leur rendement. « Les magistrats ont trop de responsabilités pour se permettre cela. Nous avons des congés. Nous avons même désormais deux mois de vacances. Acceptons donc de travailler pour mériter nos salaires. »

Par ailleurs, Ibrahima Sory II Tounkara a mis l’accent sur la ponctualité et le respect des justiciables, dénonçant les retards récurrents dans la tenue des audiences. « Il faut arriver à l’heure et partir à l’heure. Et lorsqu’on est présent, il faut accepter de travailler. »

« Vous devez également veiller aux retards dans les audiences. Les audiences doivent commencer à l’heure. Lorsqu’on fixe une heure et qu’on ne la respecte pas, c’est un manque de respect envers soi-même. (…) Respectons-nous. Si une audience est fixée à 8 heures et que la présidente monte effectivement à 8 heures, vous verrez que, même si les avocats sont en retard une fois, ils seront tous présents à l’heure la semaine suivante», a insisté le ministre.

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