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Journaliste à la retraite, Hadja Maimouna Diallo Camara, a été, pendant 4(quatre) décennies, présentatrice radio, reporter, animatrice d’émissions, à la voix de la
Révolution, plus tard devenue Radiotélévision guinéenne.
Née à Labé, fille de l’ex-infirmier en chef aux grandes endémies, feu Thierno Sadou et de feue Taadi Kouroumah, Hadja Maimouna Diallo est veuve et mère de 4 enfants.
Après des études du 1er degré à la faculté des sciences sociales de l’Institut Polytechnique de Kankan, elle est sortie titulaire d’un diplôme d’études supérieures en Histoire-sociologie,
obtenu à l’Institut Polytechnique Gamal Abdel Nasser de Conakry (IPGANC).
Pour ses débuts, Hadja Maimouna Diallo a appris les connaissances élémentaires du journalisme, au studio école de la voix de la Révolution. Elle approfondira ses
connaissances, à travers plusieurs stages de formation en Yougoslavie, en France (Grenoble), à la Radio des Nations-Unies (New York), en Tunisie… Elle a participé
aussi à de nombreux séminaires (régionaux et internationaux), qui ont garni cette série de solides formations, mises en exergue derrière le micro, dans les studios de radio-Guinée et de la télévision nationale.
Un parcours dans le domaine préalablement souhaité, s’est vu matérialisé avec amour, rigueur et professionnalisme, à travers sa parfaite diction et une densité remarquable, en culture générale.
En plus de la présentation du journal parlé, Hadja Maimouna a présenté une émission, héritée de HadjaMadina Bah, consacrée aux femmes et dénommée
‘’Paroles aux femmes’’, ainsi que »Afrique Combattante », aux côtés de Mohamed Tondon Camara (Paix à son âme !). Elle a ensuite réalisé une
chronique quotidienne consacrée à un sujet d’actualité intitulée ‘’Chronique de l’actualité’’.
Une femme, une profession, découvrez le parcourordonné radio-télé de Hadja Maimouna Diallo Camara, une autre icône de la Radiotélévision Guinéenne.
Lisez :
Guinéenews : Bonjour Hadja Maimouna, et merci d’accepter notre invitation. Journaliste-présentatrice radio-télé, dites-nous comment vous avez été attirée dans ce métier, et relatez-nous votre parcours ?
Hadja Maimouna Diallo : Après mes études supérieures et la formation milicienne au camp Kwamè Nkrumah, j’ai été affectée dans l’enseignement d’où, j’ai sollicité être réaffectée au ministère de l’information, à la Voix de la Révolution, avec l’appui de la très célèbre enseignante, feue Joseph Yolande Noel (Historienne et épouse du Ministre feu SénainonBéhanzin) et le ministre feu Galéma Guilavogui. J’ai passé un stage au studio école de la Voix de la Révolution , à la suite duquel, je fus admise au test d’aptitude qui a suivi. Ce qui m’a valu d’être affectée au journal parlé et télévisé. A l’époque, les présentateurs servaient à la foi à la télé et à la radio. J’ y ai travaillé parallèlement, pendant cinq ans. C’est par la suite, que le choix entre la radio et la télévision nous a été proposé, et j’ai choisi de continuer à la présentation du journal parlé.
Guinéenews : Qu’est-ce qui a motivé votre choix au profit de la présentation du journal à la radio ?
Hadja Maimouna Diallo : Je présentais bien le journal télévisé, sauf que j’ai eu un choc moral, émotionnel, qui m’a fait abandonner la présentation du journal
télévisé. En fait, j’ai perdu mon premier mari, quelques jours après notre mariage. Du coup, la parution à la
télévision me gênait, à cause de ma présentation physique, que je n’aimais pas trop, face au public, et j’ai
préféré rester à la radio nationale. Sinon, l’opportunité nous était donnée entre les deux choix.
Guinéenews : Décrivez-nous vos toutes premières sensations, quand vous êtes venue en face du micro ?
Hadja Maimouna Diallo : (rires) Je me rappelle parfaitement bien de ce jour. C’est d’ailleurs une opportunité que vous m’offrez, pour rendre hommage à ces quelques pionniers de la radiotélévision guinéenne, et de prier pour ceux-qui nous ont quittés. Je rends particulièrement hommage et meilleure santé à Odilon Théa, à Modi Sory Barry, et à beaucoupd’autres. Je pense aux devanciers Mohamed TondonCamara, Cheick Sylla… (Paix à leurs âmes). J’ai commencé à m’habituer au micro pendant mon stage, dans les enregistrements en différé, et non en direct avec les auditeurs. Pour la première fois en direct, je trainais dans la salle de rédaction, quand Odilon Théa m’a dit : « … Maimouna viens et tu vas présenter aujourd’hui en direct, quelques avis et communiqués… ». Il était assis à côté de moi pour me soutenir, et l’épreuve de présentation s’était bien passée. Peu après, feu Mohamed Tondon Camara, qui aimait bien marquer les débutants, est venu manifester sa colère face à Odilon Théa en ces termes : « … Qui t’adit de la faire passer à l’antenne… ». Ce jour, j’ai
tressailli, j’ai eu peur. Et ensuite il a souri, ce qui lui arrivait rarement avec les stagiaires. Depuis ce jour, j’ai commencé à présenter progressivement le journal avec
les anciens, et c’est parti !
Guinéenews : Des présentatrices confirmées du journal parlé sont passées avant vous, et parmi elles aviez-vous
eu une idole ?
Hadja Maimouna Diallo : Pas une seule, j’ai eu des idoles. Avant que je ne vienne à la RTG, quand j’étais encore élève, je me rappelle, au moment de l’agression
portugaise, il y’a une voix qui m’avait marquée, et c’est celle de Angéline Daffé. Je ne l’ai pas connue, mais j’adorais sa voix, sa manière de présenter. Quand je
suis venue à la RTG, Angéline Daffé n’était plus là, mais il y avait d’autres grandes présentatrices : Madeleine Maka, Hadiatou Sow, Saran Camara, Hadja Aissatou
Bella Diallo, Hadja Madina bah…, étaient toutes de rompues présentatrices du journal. A part ces grandes
dames, j’ai retenu la voix de l’ancien directeur de la radio nationale, feu Bouba Camara (paix à son âme). Il
présentait avec dextérité, et rendait avec adresse des comptes rendus de missions, effectuées le plus souvent, en compagnie du président feu Ahmed Sékou Touré. A cette époque, il y avait aussi de très grands présentateurs, aux remarquables voix, qui m’ont marqués : Odilon Théa, feu Abdoulaye Soumah ‘’Pablito‘’, Abdourahmane Diallo, feu Mohamed Lamine Chérif, feu Abass Chérif… Je ne croyais pas un moment, appartenir et évoluer parmi ces grandes icônes du micro. Voilà des ainés, qui étaient abordables et qui ont soutenu les jeunes qui arrivaient.
Guinéenews : Il vous a fallu combien de temps, avant d’être présentatrice titulaire du journal parlé et télévisé ?
Hadja Maimouna Diallo : Je ne peux pas vous dire à quel moment j’ai été titulaire. J’ai eu un diplôme en histoire-sociologie, qui est une option presque collée aux médias. En ce moment, il n’y avait pas d’écoles ou de facultés de journalisme. Quand je suis venue, Dieu a fait que j’avais la diction normale, et je pouvais présenter. Je n’ai pas eu de problèmes d’intégration, et vite, j’ai été titularisée. Dans notre groupe, et après le test, j’ai été retenue avec Nabika Sylla au compte des éditions du journal parlé et télévisé. Nous avions été, directement titularisés parmi les anciens, et à l’époque, avions assuré toutes les responsabilités du journal.
Guinéenews : A votre avis, quelles sont les conditions à remplir, ou les qualités que doivent avoir un journaliste, pour être présentateur du journal ?
Hadja Maimouna Diallo : Sachez et retenez, que n’est pas journaliste-présentateur, qui le veut. Il y a des aptitudes et connaissances qu’il faut avoir. Le journal n’est pas fait pour des personnes, qui n’ont pas une culture générale, et qui n’ont pas un niveau intellectuel requis. La diction qui est fondamentale, vient s’y rajouter, et emplir le reste. J’ai du mal à écouter aujourd’hui les jeunes journalistes, qui ont des difficultés de prononciation de quelques mots et lettres. Il y a beaucoup à refaire dans ce domaine et j’ai toujours dénoncé ces faits, et à chaque fois que l’occasion m’est donnée, j’ai toujours exprimé le souhait de faire renaître le studio-école. A toutes ces qualités et pour être un journaliste présentateur, il faut aimer le métier, lui consacrer son temps, avoir l’engagement nécessaire.
Guinéenews : Racontez-nous un de vos passages dans le journal parlé qui, par des faits, vous retient jusque-làl’attention ?
Hadja Maimouna Diallo : A la radio et sous la première république, nous étions très cadrés. Une fois dans lestudio, nous savions déjà, que l’on s’adressait à des
millions d’auditeurs en Guinée, en Afrique et ailleurs. Il fallait donc avoir une certaine sérénité. Alors, un jour, je présentais le journal avec mon confrère Mamadouba Diabaté, un grand présentateur, qui avait une très belle voix. Il fut mon camarade d‘école, de l’université, et finalement, on s’est retrouvé à la radio et au journal parlé. Il me taquinait tout régulièrement. Ce jour de présentation du journal à deux, Mamadouba Diabaté avait toussé et sauté des mots. Le président feu Ahmed Sékou Touré (paix à son âme), très alerte, suivait attentivement le journal parlé et il a appelé le technicien du jour au téléphone. Celui-ci nous a fait des signes du bras, en l’élevant plus haut, poursignifier que l’appel vient du Responsable suprême de la Révolution. Sans se faire prier, Mamadouba Diabaté a repris la lecture du texte, avec une incroyable vitesse, je dirais ,même, sans respecter les ponctuations (rires).
Au sortir du studio, chacun de nous s’est cherché, et vous savez, , on pouvait banalement, se retrouver dans pareilles situations, au camp Boiro. J’ai toujours
retenu ce cas précis en compagnie de Mamadouba Diabaté, que je salue de passage.
Guinéenews : En quoi résidaient vos toutes premières difficultés dans l’exercice de ce métier ?
Hadja Maimouna Diallo : Je n’ai pas connue de difficultés majeures. J’étais sous le prisme des ainés, le respect du droit d’ainesse était de rigueur. Sans compter, que ces ainés étaient ou affiliés, ou alliés à nos différentes familles. Nos mouvements étaient contrôlés, comme si nous étions en famille, et l’heure était strictement respectée. Je vous raconte une anecdote : avant de commencer au studio école, feu Bouba Camara, me faisait asseoir dans son bureau, pour
me soumettre à la lecture à haute voix du tome 13 du président Ahmed Sékou Touré, en respectantnettement les ponctuations. Cet exercice m’a marqué,
j’étais comme une élève de l’école primaire, et il fallait obéir à ses instructions. Pensant qu’il ne me suivait pas,
il arrivait que je faillisse. Mais , assis au coin du bureau et très attentionné, feu Bouba Camara ordonnait aussitôt la reprise de
la lecture. Il m’a forgé dans la présentation.
Guinéenews : Quelle est la plus haute fonction que vous ayez occupée au niveau de la RTG ?
Hadja Maimouna Diallo : Quand je faisais valoir mes droits à la retraite, j’occupais le poste de directrice générale adjointe de la formation. Sinon, j’ai été la
toute première femme, à faire partie du conseil national de la communication (CNC), instance derégulation des médias, dénommée aujourd’hui, Haute
Autorité de la Communication. Voici les fonctions successives que j’ai occupée, jusqu’à ma retraite :
– Rédactrice adjointe du journal parlé;
– Représentante du ministère au niveau du comité national de lutte contre le SIDA (CNLS),
– Conseillère au conseil national de la communication (CNC);
– Représentante du département au niveau de la commission de lutte contre l’immigration
clandestine;
– Directrice adjointe du bureau de stratégie et de développement (BSD);
– Directrice générale adjointe de la formation et du perfectionnement du département de
l’information et de la communication.
Guinéenews : La jonction vie de famille et métier de journaliste, comment vous aviez pu gérer ces
obligations ?
Hadja Maimouna Diallo : Etant donné que mon mariétait aussi fonctionnaire, je me suis toujours organisée,
en fonction de mes quarts de présentation du journal. Des fois, c’est tôt le matin, quand c’est le journal de
12heures 45minutes, puisqu’il y a le conseil de rédaction à 9 heures, puis la rédaction du journal, qu’il
faut soumettre à l’approbation du rédacteur en chef, avant la diffusion. Alors, je pense n’avoir pas eu de difficultés dans la
gestion de ces deux obligations. Après les maternités, j’ai toujours eu du soutien à la maison. Les enfants sont
admis dès l’âge de 3 ans à la maternelle, et ils ont pu suivre correctement leurs cycles d’études. Mon mari
m’a beaucoup soutenu dans l’éducation des enfants, et je prie le tout pissant ALLAH, qu’il lui accorde le paradis
(Amina).
Guinéenews : En quittant ces studios, des remords, une certaine nostalgie, vous ont-ils habités ?
Hadja Maimouna Diallo : Bien sûr, quand on est habitué à un endroit, pendant une quarantaine d’années et qu’on le quitte, forcément un simple regard
en arrière, redonne certains regrets, une nostalgie, un petit pincement au coeur. En général, le temps passé au lieu de travail, est de loin plus long que celui que l’on passe en famille. Dans les médias, C’est un travail d’équipe, nous sommes toujours entre collègues et amis, les relations sont étroites, c’est la deuxième famille dirons-nous. Quand on doit quitter cet endroit, nous avons toujours des remords, une petite tristesse et les amis nous manquent. Tout ceci est dans l’ordre naturel des choses, c’est humain et ainsi va la vie !
Guinéenews : Quelles sont actuellement vos sources de revenus ?
Hadja Maimouna Diallo : J’ai travaillé en temps normal au niveau de la fonction publique jusqu’à faire valoir mes
droits à la retraite. Je bénéficie de ma pension, Dieu merci, je m’en sors bien.
Guinéenews : Envisagez-vous réaliser des projets dans le cadre du journalisme ?
Hadja Maimouna Diallo : J’ai cette envie à cœur, qui me domine. J’avoue que les moyens me manquent pourréaliser mes divers projets. C’est un problème qui pèse
lourd en moi, car c’est tout ce que je sais faire, évoluer dans les médias. Si l’opportunité se présente, je
sauterai dessus, sans hésiter, pour encore mettre à disposition mes services à travers mes connaissances.
Guinéenews : Tant d’années de loyaux services à la RTG, quels souvenirs gardez-vous de cette maison
mère ?
Hadja Maimouna Diallo : Je garde beaucoup de souvenirs de cette maison, qui m’a vue évoluer dans cette profession de journaliste. Tout au début, j’ai trouvé beaucoup de personnes qui sont aujourd’hui rappelées à Dieu (Paix à leurs âmes), et plusieurs autres sont encore en vie. Je sais que nous avions travaillé dans la loyauté. A notre époque, l’objectif n’était pas l’argent, mais plutôt, le travail bien fait. J’ai travaillé pendant tous ces régimes, qui se sont succédé en Guinée, avant de partir à la retraite. J’ai commencé mon stage à la RTG en début de l’année 1980. J’ai beaucoup appris et connu de grandes personnalités autour de ce métier de journaliste. Je n’oublierai pas de citer encore d’autres collègues qui m’ont marqué : Mamady Condé (ancien ministre et ambassadeur), Yacine Diallo (Président de la HAC), Hawa Camille Camara, Hadja Saran Touré et tant d’autres, qui se reconnaitront à travers cette interview. Aujourd’hui, nous continuons toujours de collaborer, de tisser les mêmes relations et la RTG est restée une famille.
Guinéenews : Que direz-vous d’un poste qui vous serait proposé pour la direction d’une radio ou
télévision privée ?
Hadja Maimouna Diallo : Si cette proposition m’est faite dans le sérieux, je suis prête à la prendre avec les
deux mains. Je suis consciente d’être capable de diriger les jeunes dans ce domaine et sur le plan technique et
administratif.
Guinéenews : Est-ce qu’il y a eu des offres du genre, qui vous ont été adressées ?
Hadja Maimouna Diallo : Oui, il y’en a eu, mais, je les qualifierais de demandes lapidaires, qui n’ont pas
connues de suite.
Guinéenews : Un message à l’endroit des jeunes journalistes ?
Hadja Maimouna Diallo : Je demande aux jeunes journalistes de prendre ce travail au sérieux. Le journalisme engendre beaucoup de spécialités.
Aujourd’hui tout ce monde, se jette au micro, pendant qu’il y a d’autres chemins à suivre, notamment l’écrit.
Je citerai ici l’exemple de feu Tessema, ancien secrétaire général de la rédaction du journal parlé, qui
n’avait pas les aptitudes pour la présentation, mais qui s’estparticulièrement distingué à travers la coordination, au niveau du secrétariat général du journal parlé. Les jeunes
s’accrochent trop au micro, par contre, je salue ceux qui écrivent, et je demanderai à ceux-là, qui n’ont pas le niveau, de se former.
Guinéenews : Après tant d’années de services, qu’est-ce qu’est devenue Hadja Maimouna Diallo ?
Hadja Maimouna Diallo : Par la grâce de Dieu, Je suis à Conakry et à la retraite. Je me porte bien et toutes mes
activités sont concentrées aujourd’hui au niveau de la famille, des affaires sociales, et quelques fois des voyages, pour s’enquérir des nouvelles des
enfants et petits-enfants. Je suis là, je regarde, j’observe, j’analyse, je continue de lire et j’écoute les informations.
Entretien réalisé par LY Abdoul
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il y a 10 heures
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