Procès du massacre de 2009 : nouvelle victoire procédurale pour les conseils du colonel Bienvenu Lamah

il y a 1 mois 150
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

C’est une deuxième victoire pour la défense du colonel Bienvenu Lamah, poursuivi pour son implication présumée dans le massacre du stade de Conakry en septembre 2009.

La reprise de l’audience ce lundi a été marquée par un débat houleux sur la double constitution de Mamady Soumaoro, à la fois témoin clé et partie civile.

L’adjudant-chef Mamady Soumaoro est le témoin dont les révélations accablantes ont permis de relancer les poursuites contre le colonel Bienvenu Lamah. Alors que ce dernier avait initialement bénéficié d’un non-lieu, les témoignages de Soumaoro, impliquant le colonel et les recrues du camp de Kaléah dans la répression sanglante du 28 septembre, ont remis le dossier au goût du jour.

Cependant, en plus de son statut de témoin, Mamady Soumaoro s’est également constitué partie civile dans ce second volet du procès. Une situation qui a provoqué l’indignation des avocats de la défense. Me Zézé Kalivogui, l’un des conseils du prévenu, a vivement dénoncé cette ambiguïté statutaire. Selon lui, on ne peut être à la fois celui qui apporte la preuve et celui qui réclame réparation dans une même procédure.

« Il s’agit d’une démarche confuse et juridiquement inacceptable, Monsieur le Président. Soit il est témoin, soit il est partie civile. (…) Nous ne sommes pas disposés à admettre qu’un avocat puisse prendre la parole pour le bénéfice de M. Mamady Soumaoro alors qu’il doit témoigner. Cela relève d’un imbroglio judiciaire », a martelé l’avocat.

En réaction, le ministère public, représenté par le procureur Elhadj Sidiki Camara, a clarifié sa position. Il précise retenir M. Soumaoro uniquement en qualité de témoin dans cette procédure.

« Il n’est plus sous anonymat. Il a déposé devant le juge d’instruction qui l’a cité comme témoin dans son ordonnance de renvoi. Nous maintenons cette position », a-t-il déclaré.

Même son de cloche du côté des avocats de la partie civile. Me Amadou DS Bah a reconnu que les deux qualités ne pouvaient cohabiter dans une procédure.

« Nous pensons que M. Mamady Soumaoro doit rester témoin dans cette affaire », a-t-il signalé.

Après avoir entendu les différentes parties, le président du tribunal a tranché en faveur de la défense. Il a décidé de surseoir à la déposition de Mamady Soumaoro en tant que partie civile.

« Pour le moment, le nommé Mamady Soumaoro ne peut déposer ici qu’en qualité de témoin. Par voie de conséquence, le conseil constitué pour défendre ses intérêts civils doit se réserver de poser toute question », a ordonné le juge.

Ce succès procédural pour le colonel Bienvenu Lamah s’ajoute à celui obtenu lors de la première audience. Ses avocats avaient alors réussi à suspendre la jonction des procédures avec les autres coaccusés, jugeant une telle décision prématurée à ce stade, malgré les similitudes entre les dossiers.

Alhassane Fofana

Lire l'article en entier