Dr Ibrahima Mansaré/Négociations : « Il est regrettable que les ministères concernés n’aient pas encore posé d’actes concrets »

il y a 10 heures 44
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Les négociations entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation (FSPE-SLECG-SNE) sont au point mort. À moins de trois mois de la fin de l’année scolaire, cette paralysie risque de plonger le secteur dans une crise sans précédent.

Face à cette situation, le Secrétaire général du Syndicat National de l’Enseignement Franco-Arabe de Guinée (SNEFAG), Dr Ibrahima Mansaré, est monté au créneau pour exiger une reprise immédiate du dialogue.

Dans une communication transmis à la presse, Dr Mansaré a d’abord tenu à rassurer l’opinion publique sur la cohésion du mouvement syndical. Selon lui, il n’existe aucune fracture profonde, mais simplement une différence d’approche entre le doyen Aboubacar Soumah, figure historique du mouvement et le camarade Pépé Balamou, jeune leader engagé.

« Comme toute organisation humaine, le mouvement syndical peut connaître des moments de flottement. Cependant, l’essentiel demeure : nos leaders se battent pour un objectif commun, la défense des intérêts matériels et moraux des enseignants », a-t-il précisé, prônant l’unité d’action.

Pour le secrétaire général du SNEFAG, le blocage actuel incombe à l’État. Malgré un moratoire accordé par les syndicats, les trois commissions paritaires prévues n’ont toujours pas été installées.

« Il est regrettable que les départements ministériels concernés n’aient pas encore posé d’actes concrets. Si le dépôt d’un préavis de grève devient le seul levier pour faire bouger les lignes, cette démarche restera légitime et conforme à nos principes », prévient-il.

Le syndicaliste sui déplore que le statut particulier de l’éducation soit traité comme une priorité de second ordre, dénonce un paradoxe social.

« Ceux qui ont la charge de dénouer cette crise privilégient souvent pour leurs propres enfants des systèmes éducatifs à l’étranger ou des écoles privées de haut standing. L’avenir de l’école guinéenne ne doit pas être sacrifié », a-t-il signalé.

Dr Mansaré a également interpellé le Ministre de l’Éducation Nationale, Alpha Bacar Barry. Après plus de 100 jours à la tête du département, le bilan du dialogue social est jugé insatisfaisant. Le syndicaliste cite notamment le silence entourant la demande d’audience du SNEFAG pour la réception des lauréats du concours national inter-écoles.

« L’enseignement franco-arabe représente plus de 21 % des effectifs du département. Ignorer une telle composante est une erreur stratégique. Monsieur le Ministre, quelle place accordez-vous réellement à ce secteur dans votre vision ? », a-t-il interrogé.

Enfin, Dr Ibrahima Mansaré a formulé deux recommandations urgentes pour éviter le chaos. Il s’agit de l’ouverture immédiate d’un couloir de négociation sincère et productif et le recrutement des contractuels communautaires non retenus, par souci d’équité et d’humanisme.

« Le dialogue reste le socle de toute stabilité. Ensemble, œuvrons pour une école guinéenne dynamique, prête à relever les défis de la mondialisation », a-t-il conclu.

Alhassane Fofana

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