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En détention à la Maison centrale de Conakry depuis près de quatre ans, le colonel Bienvenu Lamah attend toujours de voir son horizon judiciaire s’éclaircir. Poursuivi pour sa responsabilité présumée dans les massacres du stade du 28 septembre 2009, son procès devant le tribunal criminel délocalisé de Dixinn a connu, ce lundi, un nouveau renvoi qui suscite l’indignation de ses conseils.
L’audience de ce lundi devait être un tournant avec la déposition du Général Aguibou Tall, actuel commandant de la région spéciale de la gendarmerie de Conakry et ancien directeur du camp de Kaliah, dont les recrues sont accusées d’avoir perpétré les exactions au stade de Conakry. Cependant, au grand dam de la défense, l’audience a été reportée au 8 juin prochain.
Me Zézé Kalivogui, l’un des conseils du colonel Lamah, ne cache pas son amertume. Si ce renvoi est officiellement justifié par la présence en Guinée des magistrats de la Cour de justice de la CEDEAO, l’avocat y voit une énième manœuvre dilatoire.
« On nous explique que ce dossier n’est pas programmé en raison de la présence de la Cour de la CEDEAO dans nos murs. Peut-être que les échéances électorales à l’horizon jouent aussi un rôle. Mais fixer la reprise au 8 juin est excessif quand on sait que notre client est détenu depuis bientôt quatre ans », déplore-t-il.
La défense dénonce également une politique du deux poids, deux mesures dans la gestion du calendrier judiciaire. Me Kalivogui rappelle qu’un précédent renvoi avait été motivé par un séminaire des président des juridictions, alors qu’au tribunal de Mafanco, les magistrats ont siégé, dans une affaire opposant des influenceuses. « Quand on veut aller vite, on le peut. Mais quand on ne le veut pas, les explications ne manquent jamais », tance l’avocat.
Ce report intervient après le témoignage de M. Mamadi Soumaoro, témoin clé du ministère public, dont les déclarations ont été vivement contestées par la défense pour leurs nombreuses variations. Me Kalivogui note d’ailleurs un changement d’atmosphère dans la salle d’audience.
« Le dernier jour de la déposition de M. Soumaoro, la salle était quasi vide. Aucune partie civile n’était présente. C’est la preuve d’un désintérêt croissant. Peut-être ont-ils compris que les propos du témoin relevaient de la chimère et de l’affabulation », a-t-il signalé.
L’enjeu du témoignage du Général Aguibou Tall
L’audition du colonel Aguibou Tall est cruciale pour la défense. Le nœud du problème réside dans l’existence ou non de registres officiels au camp de Kaliah pour la période 2009-2010.
Selon Me Kalivogui, le Général Tall aurait affirmé par courrier n’avoir trouvé aucune archive, tout en transmettant un tableau désignant Bienvenu Lamah comme directeur du camp à l’époque des faits. Une version que conteste la défense : « Notre client possède une décision de nomination signée par feu le général Jacques Touré, sous l’ère Lansana Conté, en tant qu’instructeur. Ce n’est pas une décision du CNDD. Le colonel Tall devra expliquer ce qu’il entend par directeur. En tout état de cause, la responsabilité d’un formateur ne saurait être engagée pour des actes commis par des recrues en dehors du centre de formation », a-t-il indiqué.
Malgré ces péripéties procédurales, la défense se dit prête à affronter la suite des débats, tout en exhortant son client à la résilience. « C’est un officier supérieur, il est habitué à supporter les coups », confie son avocat.
Enfin Me Kalivogui a émis le souhait de voir enfin son client fixé sur son sort.
« Nous souhaitons que ce procès finisse enfin. Si les hommes tentent d’enfoncer un innocent par des contre-vérités, nous croyons au jugement divin. Dieu rétribuera chacun selon ses actes », a-t-il martelé.
Alhassane Fofana
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il y a 57 minutes
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