Or en Guinée : l’État ne peut plus se défausser [Tribune]

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 l’État ne peut plus se défausser [Par Moussa Sylla]

Il faut désormais appeler les choses par leur nom. Si l’orpaillage illégal prospère en Guinée, ce n’est pas par fatalité géologique ni par incapacité des populations à respecter la loi. C’est avant tout le résultat d’une défaillance prolongée de l’État dans la gouvernance du secteur aurifère.

À Siguiri, Mandiana et Kouroussa, l’État bloque, retarde ou paralyse l’attribution de permis miniers à des investisseurs formels, structurés, soumis à des obligations environnementales, fiscales et sociales strictes. Dans le même temps, il laisse opérer – parfois sous le regard de ses propres services – une exploitation illégale de plus en plus mécanisée, destructrice et incontrôlée.

La récente explosion de colère à Siguiri contre l’usage anarchique des poclains n’est pas un incident isolé. C’est un signal d’alarme. Lorsque des citoyens manifestent non pour réclamer des emplois, mais pour demander l’arrêt de la destruction de leurs terres, c’est que la rupture entre gouvernés et gouvernants est déjà avancée.

L’État ne peut plus se réfugier derrière des discours de fermeté ponctuelle ou des opérations de répression ciblant les plus faibles. Bloquer la légalité tout en tolérant l’illégalité n’est pas une politique : c’est une abdication.

En refusant d’assumer une réforme claire, transparente et rapide du processus d’octroi des permis miniers, les autorités ont créé un vide. Et ce vide a été rempli – logiquement, brutalement – par des réseaux informels, des intérêts opaques et une économie parallèle qui échappe totalement au contrôle public.

Le coût est immense :
– des milliards perdus pour le Trésor public,
– des terres agricoles sacrifiées,
– des rivières polluées,
– une jeunesse exposée à la précarité et à la violence,
– une crédibilité internationale affaiblie.

La comparaison avec des pays voisins n’est plus une provocation, mais un constat. Là où d’autres ont compris que la clarté réglementaire est une arme contre l’illégalité, la Guinée persiste dans une logique inverse : la méfiance envers les acteurs légaux et la tolérance tacite envers le chaos.

L’or guinéen pourrait financer le développement. Aujourd’hui, il finance le désordre.

Et cette responsabilité n’est ni diffuse ni abstraite. Elle est politique. Elle est administrative. Elle est étatique.

Moussa Sylla; Citoyen de Siguiri

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