Mouvement syndical guinéen : une année de luttes, de réformes et de dialogue social

il y a 22 heures 48
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L’année syndicale 2025 restera comme un cru de haute intensité en Guinée. Entre mobilisation de terrain, crises de croissance interne et volonté de dialogue, le Mouvement Syndical Guinéen (MSG) a dû manœuvrer sur tous les fronts pour préserver les acquis des travailleurs dans un contexte socioéconomique tendu.

La grogne des mines et des télécoms

Dès le mois de janvier, les secteurs moteurs de l’économie ont donné le ton. L’intersyndicale du secteur minier a ouvert le bal avec des préavis de grève fermes pour exiger le respect d’engagements passés. Cette pression a culminé en septembre avec la paralysie de géants tels que Diamond Ciment, Somico et la COBAD, les travailleurs exigeant l’application stricte de la nouvelle convention collective minière.

Parallèlement, le secteur des télécommunications, via la FESATEL, a tiré la sonnette d’alarme. De la détresse des employés de Cellcom Guinée aux revendications de Startimes, le syndicalisme « high-tech » s’est battu contre la précarité des indemnités sociales et les menaces sur l’emploi, prouvant que la croissance technologique ne profite pas toujours aux forces vives.

Crises internes et quête d’unité syndicale

L’année a aussi été celle d’un ménage nécessaire au sein des instances dirigeantes. La CNTG a marqué sa volonté de discipline en excluant Salifou Camara (FSPE) en mars pour manquements aux statuts de la centrale. Ce besoin d’ordre a trouvé un écho plus positif en mai lors du 7ᵉ congrès de l’USTG. En mettant fin à des années de bicéphalisme, l’organisation a retrouvé une voix unique, essentielle pour peser face au patronat et à l’État. Cependant, des épisodes comme les heurts à la gare routière de Siguiri rappellent que les conflits de leadership à la base restent un défi sécuritaire et organisationnel majeur.

 Éducation et services publics, le bras de fer permanent

Le dernier trimestre de l’année 2025 a été marqué par le secteur de l’éducation, véritable baromètre du climat social. Malgré la signature de protocoles d’accord dans le supérieur avec le SNAESURS en novembre, l’enseignement pré-universitaire a basculé dans une grève générale début décembre. Le mouvement syndical guinéen a ici pointé du doigt des maux profonds : bas salaires, faibles pensions de retraite et non-application des statuts particuliers. Ces tensions soulignent l’écart persistant entre les promesses gouvernementales et la réalité du pouvoir d’achat des agents de l’État.

Vers une trêve de responsabilité sociale

À l’approche des échéances électorales, le mouvement a su faire preuve de pragmatisme. L’appel de l’USTG à suspendre les mouvements de grève jusqu’en janvier 2026 marque un tournant. Sous l’égide du Conseil national du dialogue social (CNDS), le mouvement privilégie désormais la négociation à la confrontation directe. C’est une stratégie de « responsabilité citoyenne » qui vise à obtenir des réformes structurelles sans déstabiliser le pays.

En conclusion, on peut affirmer que le bilan 2025 du mouvement syndical guinéen révèle une organisation en pleine mutation. Entre fermeté sur les principes et flexibilité dans la méthode, les syndicats guinéens restent le dernier rempart des travailleurs. L’enjeu de 2026 sera de transformer ces mois de contestation en avancées concrètes et durables sur la table des négociations.

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