Mory Condé sur le foncier immobilier dans le monde : « c’est le secteur où la question du financement du terrorisme bat son plein… »

il y a 3 heures 26
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À l’occasion de la cérémonie de lancement des travaux du comité de pilotage de la Commission nationale de la réforme foncière et de l’habitat (CONAREF), tenue ce jeudi 15 janvier 2025 à Conakry, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, chargé de la récupération des domaines spoliés de l’État et président de ladite commission, Mory Condé, a apporté des éclaircissements sur les missions de ce comité ainsi que sur les difficultés complexes qui caractérisent le secteur foncier.

Il a notamment mis en lumière la spoliation des terres agricoles et industrielles, aujourd’hui morcelées, vendues et transformées en zones d’habitation.

S’exprimant devant les membres de la CONAREF, le ministre a cité en exemple certaines localités de la préfecture de Coyah, notamment Wonkifon et Kouriah, qu’il affirme avoir été totalement spoliées, une situation lourde de conséquences.

« Si le Ministère de l’Agriculture, dans son programme d’amélioration de la sécurité alimentaire, prévoit d’accompagner des agriculteurs, parfois il y a plus d’accompagnement du Ministère de l’Agriculture que de terres disponibles pour pouvoir travailler. Dans les années antérieures, les législateurs et les gouvernants ont décidé de mettre en place la Chambre Nationale de l’Agriculture comme instrument qui servira de pont entre le Ministère de l’Agriculture et les producteurs ».

Aujourd’hui, poursuit Mory Condé, « la Chambre Nationale de l’Agriculture se résume presque à la question liée à la gestion des engrais. En dehors de ça, ils n’ont pas d’autre levier pour accompagner le monde agricole parce que l’essentiel des terres agricoles qui étaient dans le portefeuille de l’État ont été totalement spoliées au profit des individus qui ont fait la parcellisation et qui sortent carrément du secteur agricole. Conséquence, un pays comme le Bangladesh, qui n’a que 6,5 millions de terres arabes, nourrit presque toute l’Afrique et une partie du Moyen-Orient.

La Guinée, selon les statistiques, dispose de plus de 10 millions de terres arabes. Aujourd’hui, nous avons du mal à nourrir même la moitié de notre pays. Et le peu qui existe encore, tous les jours, sont en train d’être spoliés », a-t-il déploré.

Face à cette spoliation généralisée à l’échelle nationale, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire a indiqué que des mesures ont été engagées en collaboration avec le ministère de l’Agriculture.

« Depuis un certain moment, nous avons demandé à nos services de conservation foncière de ne plus y matriculer des terrains agricoles sans un écrit officiel du Ministère de l’Agriculture et avec un avis motivé de la Chambre Nationale de l’Agriculture pour protéger le patrimoine agricole dont notre pays dispose. Vous prenez le ministère de l’Industrie aujourd’hui, l’un des engagements du chef de l’État et des autorités du ministère de l’Industrie, il y a deux ans, était la relance des unités industrielles que notre pays avait pendant la période des indépendances jusqu’en 1986 et l’après 1986. Aujourd’hui, c’est triste de voir que la plupart des unités industrielles, le foncier appartenant à ces unités industrielles, ont été complètement spoliées ».

Le ministre est également revenu sur la diversité des membres composant le comité de pilotage de la CONAREF. Il a justifié cette pluralité par la nécessité d’une approche inclusive et rigoureuse.

« Nous avons tenu à ce que le bâtonnier ou son représentant puisse être membre de cette commission nationale de réforme foncière. L’autre élément, aujourd’hui, le monde fait face à une situation, c’est la question du blanchiment d’argent et du terrorisme. Le foncier immobilier dans le monde, c’est le secteur où la question du financement du terrorisme et du blanchiment d’argent bat son plein, c’est là où la plupart, les 90 % de l’argent mal acquis est blanchi, c’est pourquoi nous avons tenu à ce que nos magistrats puissent être présents à travers le ministère de la Justice pour participer aux travaux de cette commission nationale de réforme foncière afin que les différents textes de loi ou les textes réglementaires qui vont être élaborés par cette commission pour être soumis au Premier ministre et au chef de l’État puissent prendre en compte ces éléments ».

Mamadou Yaya Barry

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