Mborô : des infrastructures réhabilitées, mais la population exige l’équipement du poste de santé et la construction d’un lycée

il y a 2 heures 13
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Avant la réhabilitation, le district de Mborô, dans la sous-préfecture de Benty, préfecture de Forécariah, vivait dans une précarité extrême.

Les inondations de 2025 avaient laissé derrière elles des infrastructures dévastées : une école aux plafonds arrachés, où les enfants étudiaient les pieds dans l’eau, un poste de santé envahi par l’humidité et inutilisable, et une population contrainte de parcourir plusieurs kilomètres pour trouver une eau souvent impropre à la consommation. Femmes enceintes sans prise en charge, accouchements sur des bâches, abandon scolaire et difficultés quotidiennes rythmaient la vie des habitants.

Hier, jeudi 9 avril, la joie était palpable à Mborô après la remise en état fonctionnel de ces infrastructures essentielles, financée par la CEDEAO à travers l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH) et exécutée par l’ONG Zéro Pauvre en Afrique (ZPA), marquant un tournant pour cette communauté longtemps plongée dans la souffrance. Tout en saluant ce geste, autorités locales et habitants ont formulé des recommandations, demandant l’équipement du poste de santé, encore dépourvu de matériel, ainsi que la construction d’un lycée pour répondre aux besoins éducatifs croissants de la localité.

La cérémonie d’inauguration des infrastructures réhabilitées a rassemblé autorités locales, partenaires techniques et habitants venus célébrer la fin d’une longue période de difficultés. Pour le directeur général de l’ANGUCH, Lancei Touré, cette intervention s’inscrit dans une réponse aux conséquences directes des catastrophes naturelles.

« Nous sommes dans le district de Mborô, dans la sous-préfecture de Benty, dans la préfecture de Forécariah. Ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est l’inauguration ou la remise en état fonctionnel d’un poste de santé, d’une école et des points d’eau, comme vous l’avez remarqué avec nous. Lors des inondations en 2025, ce n’est pas seulement les ménages qui ont été impactés à Coyah, à Siguiri, à Mandiana, à Guéckédou et à Conakry, mais également des infrastructures aussi ont été impactées, qui a mis ces infrastructures hors d’état de service.Quand on prend l’école, les plafonds, tout était parti, les enfants ne pouvaient plus aller à l’école. Le poste de santé, avec la pluviométrie, tout était parti, on ne pouvait plus soigner les femmes enceintes et les femmes allaitantes et même la vaccination pour les enfants. Et quand vous regardez aussi, il n’y avait pas de points d’eau.
Donc, nos partenaires ont préféré accompagner le gouvernement guinéen pour la mise en état de ces infrastructures comme vous l’avez vu : la réhabilitation complète de l’école et la réhabilitation complète du poste de santé et la réalisation d’une installation, enfin d’un forage avec une installation solaire avec plusieurs bornes-fontaines — vous l’avez vu avec moi — qui alimente non seulement l’école, mais qui alimente aussi le poste de santé, mais qui alimente également la population à travers… trois bornes-fontaines ici qu’on a tirées pour la population. Donc tout ça, c’est grâce au financement de la CEDEAO, avec le plaidoyer de l’ANGUCH, et mis en œuvre par ZPA, l’ONG Zéro Pauvre. Donc comme vous le savez, moi je pense que c’est une avancée parce que ces infrastructures sont pérennes et ça va servir plus de 10 ans, plus de 20 ans. Donc nous sommes contents, comme la communauté. Mais c’est notre rôle et c’est notre mission d’accompagner les communautés s’ils sont contents. »

Dans la localité, les autorités administratives n’ont pas caché leur satisfaction. Le président de la délégation spéciale de Benty, Gassime Doumbouya, a rappelé les longues années de difficultés vécues par la population.

« Nous sommes dans une localité qui est à sa 152e année de commandement administratif. Une localité qui aujourd’hui a pris son ombilic dans cette zone qu’on appelle Mborô, avec une population de 10 844 habitants. C’est une localité qui, depuis 20 ans, est dans les souffrances : souffrance sanitaire, souffrance scolaire, souffrance hydrique.
À partir du 11 décembre 2025, une promesse est tombée dans une main d’or […] Mborô n’avait pas d’eau. Les femmes faisaient deux kilomètres à pied pour avoir l’eau de ménage. Aujourd’hui, Mborô a trois bornes-fontaines. Mborô avait un poste de santé depuis 20 ans qui n’a jamais été renouvelé. À l’intérieur, c’était des chauves-souris, à l’intérieur c’était de l’eau, mais présentement c’est comme un poste de santé qui est dans un village français. […] L’école était là, quand il pleuvait les enfants nageaient dans l’eau. […] Aujourd’hui, nous avons les trois blocs. Car sans la santé pas de vie, sans l’école pas de vision, sans l’eau pas de vie. […] Nous remercions infiniment l’ANGUCH […] la CEDEAO […] La vie se repose sur la santé, l’eau et l’éducation. »

Du côté des bénéficiaires, l’émotion était vive. Kadiatou Touré, dont les propos ont été traduits du soussou au français, a témoigné de la souffrance vécue par les habitants avant la réhabilitation.

« Nous sommes très contents aujourd’hui et nous disons merci aux autorités guinéennes, à la CEDEAO et à ANGUCH, pour ce travail accompli. On souffrait beaucoup ici, pas d’eau, pas d’école et le poste de santé aussi était dépassé, les femmes accouchaient par terre sur des bâches, on partait jusqu’à 2 kilomètres pour puiser de l’eau, et là aussi l’eau était sale, mais aujourd’hui Dieu merci… Mais nous souhaitons que le poste de santé soit équipé. »

Présent à la cérémonie, le représentant de la CEDEAO a salué l’initiative.

« Je pense que l’ANGUCH a bien fait parce que ça fait quelque temps que nous travaillons avec l’ANGUCH. Et la CEDEAO, en appui avec la Guinée, vient en appui pour faire face au sinistre qui a été enregistré dans la région. […] Aujourd’hui, nous sommes venus constater le travail que l’ANGUCH a fait avec l’appui qui lui a été apporté, et nous sommes heureux que tout se passe bien sur le terrain. Nous avons pu constater que les besoins essentiels de nos populations sont pris en compte : l’école, la santé, l’eau. Et nous sommes heureux qu’aujourd’hui ces équipements ont été remis à la disposition de la population. »

Tout en exprimant sa satisfaction, Mamadou Lamarana Diallo, préfet de Forécariah, et les villageois ont insisté sur la nécessité d’équiper le poste de santé en matériel médical adéquat et de doter la localité d’un lycée, afin de consolider les acquis de cette réhabilitation et d’améliorer durablement les conditions de vie des habitants.

Christine Finda Kamano

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