Alseny Farinta/CRIEF : « Nous avons fait des dénonciations. Nous attendons des actions »

il y a 2 heures 10
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La sortie, jeudi 9 avril 2026, du nouveau procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) continue de susciter des réactions au sein de l’opinion publique.

Entre scepticisme et inquiétude, plusieurs observateurs appellent à un sursaut pour restaurer la crédibilité de l’institution judiciaire.

Interrogé par Mosaiqueguinee.com, Alseny Farinta Camara, acteur de la société civile, ne cache pas ses réserves.

« Nous avons une lecture sceptique de ses déclarations, compte tenu de son passé récent marqué par des scandales de corruption et de mœurs », affirme-t-il.

Selon lui, ces éléments risquent de fragiliser davantage l’image de la CRIEF, une institution pourtant créée pour lutter contre la délinquance économique, financière, sanitaire et environnementale.

« Nous pensons qu’il s’agit d’un pas en arrière pour la magistrature guinéenne, déjà affectée par une instrumentalisation politique depuis plus d’une décennie », ajoute-t-il.

Mise en place en décembre 2021, pour Farinta Camara, la CRIEF avait suscité un réel espoir au sein de la société civile.

« Nous avons salué avec responsabilité la mise en place de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) en décembre 2021. Malheureusement, nos attentes se sont transformées en désillusion. La Cour de Répression qui est chargée de garantir la moralisation des affaires publiques, la transparence budgétaire et la redevabilité dans la gestion de la chose publique s’est soldée par un échec total. Nous avons de nombreuses dénonciations au parquet spécial concernant des affaires de corruption et d’enrichissement illicite impliquant des hauts fonctionnaires, spécifiquement Alphonse Charles Wright, dans le cadre de marchés publics de rénovation de la maison centrale de Conakry, celle de Macenta et l’acquisition frauduleuse d’une villa liée à Kerfalla Person Camara, dont l’État guinéen est le principal client. », déplore-t-il.

Selon lui, au sein de la société civile, la perception reste marquée par une série de scandales ayant ébranlé les finances publiques ces dernières années. De janvier 2022 à aujourd’hui, de nombreux scandales ont secoué notre pays.

« Nous attendons que justice soit faite pour les contribuables guinéens notamment les 4 Tonnes d’or de la Banque centrale ; Les 99 millions de dollars du projet Simandou ; Les 800 milliards de francs guinéen de la direction générale des douanes ; Les 1.400 milliards de francs guinéens de la Direction générale des impôts ; Les 78 milliards de francs guinéens de la direction générale de l’OGP ; Les 267 milliards de francs guinéens de la direction générale du patrimoine bâti ; Les 280 milliards de francs guinéens de la Direction des Postes et Télécommunications (ARPT) ; Les 17 millions de dollars de la Direction générale de la SONAP, ainsi que toutes les malversations financière de la gouvernance du régime militaire. », souligne-t-il.

Alseny Farinta Camara appelle donc la CRIEF à assumer pleinement ses responsabilités.

« La Cour doit absolument faire la lumière sur les scandales économiques, financiers et environnementaux », affirme-t-il.

Il insiste également sur la nécessité d’examiner certains contrats jugés controversés, notamment celui liant l’État guinéen à Addax and Oryx Group pour l’approvisionnement en carburant. Il évoque aussi la question du carburant de mauvaise qualité vendu à la pompe, qui a suscité de vives inquiétudes au sein de la population.

Pour l’acteur de la société civile, seule une action judiciaire crédible, transparente et indépendante permettra de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

« Il est urgent que la justice prenne ses responsabilités », conclut-il.

Sam Bantignel

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