Marie Louise Sia Feindouno : « Il faut se débarrasser des anciennes coutumes et traditions qui relèguent la femme au second plan »

il y a 2 heures 12
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En service à l’Inspection régionale de la Femme, de la Famille et de la Solidarité de Kindia, Marie Louise Sia Feindouno est aujourd’hui l’une des rares femmes de la ville engagées pour l’épanouissement des femmes au niveau communautaire. À l’occasion du mois de mars, dédié à la célébration de la femme, notre correspondant régional basé dans la cité des agrumes (Kindia) est allé à la rencontre de cette dame aux ambitions affirmées, notamment en faveur de l’émancipation de la femme guinéenne. Interview…

Mediaguinee.com : Vous êtes administratrice au gouvernorat. Qu’est-ce qui vous a motivée à franchir le pas vers l’arène politique en tant que femme ?

Marie Louise Feindouno : Merci beaucoup pour la question. C’est vrai que je suis au gouvernorat. Ce qui a surtout motivé mon orientation vers la politique, c’est d’abord ma conviction personnelle. J’ai passé plusieurs années dans des institutions internationales privées. Ensuite, de mon propre gré, je me suis lancée en politique, notamment dans celle du président Mamadi Doumbouya.

Au-delà de cette conviction, j’ai compris que la politique n’est pas forcément comme on me l’avait décrite. On me disait que pour faire de la politique, il faut être faux et savoir transformer la vérité en mensonge. Mais après analyse, j’ai compris que ce n’est pas vrai. On peut être franc et sincère tout en faisant de la politique.

Mediaguinee.com : Selon vous, quel rôle les femmes doivent-elles jouer aujourd’hui dans le développement et la gouvernance de nos communautés ?

Marie Louise Feindouno : Je pense que la femme doit jouer un rôle majeur. Avant, c’était un simple discours : on en parlait, mais cela ne se concrétisait pas. Aujourd’hui, il est clair qu’aucun développement ne peut se faire sans l’implication effective des femmes.

Les femmes sont des mères, elles sont conscientes et capables. Elles ont longtemps été marginalisées, avec l’idée qu’elles ne pouvaient pas. Aujourd’hui, elles doivent s’investir pleinement, ne pas se reléguer au second plan, mais participer activement à toutes les initiatives de développement. Chacune doit se lever et remplacer l’idée « je ne peux pas » par « je peux », au même titre que les hommes.

Mediaguinee.com : Le parcours des femmes en politique est souvent semé d’obstacles. Quels défis avez-vous personnellement rencontrés et que souhaitez-vous pour l’avenir ?

Marie Louise Feindouno : C’est vrai, la femme a longtemps été marginalisée. On disait qu’elle ne pouvait pas assumer de grandes responsabilités, encore moins faire de la politique.

Personnellement, je savais que ce ne serait pas facile. Les obstacles existent et continueront d’exister, mais je me suis préparée à les surmonter. Aujourd’hui, à cause de mon statut de femme, je suis parfois mal perçue. Certains hommes avec qui je collabore me considèrent comme une menace.

Au début, c’était très difficile. Beaucoup disaient vouloir m’aider, mais à un certain niveau, je remarquais une certaine réticence. Malgré cela, je continue avec stratégie et abnégation, car je sais que je ne peux atteindre mes objectifs sans collaboration.

Pour l’avenir, depuis que mon intention de me présenter aux prochaines échéances électorales est connue, cela suscite beaucoup de réactions. Certains me soutiennent, mais d’autres me découragent en disant que, parce que je suis une femme, ce sera trop difficile. Pour moi, c’est un défi à relever.

Mediaguinee.com : À l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes filles et aux femmes qui hésitent encore à s’engager dans la vie publique et politique ?

Marie Louise Feindouno : Mon message est simple : je demande à toutes les femmes et jeunes filles de se lever et de s’affirmer. À travers des formations, des sensibilisations et le bouche-à-oreille, nous leur disons qu’elles en sont capables.

Il faut se débarrasser des anciennes coutumes et traditions qui relèguent la femme au second plan. La femme est capable d’occuper des postes de responsabilité et de participer aux prises de décisions. J’encourage celles qui hésitent encore à ne plus douter d’elles-mêmes.

Mediaguinee.com : Si vous aviez aujourd’hui l’opportunité de porter une grande initiative en faveur des femmes de Kindia ou de Guinée, quelle serait votre priorité ?

Marie Louise Feindouno : Si j’ai l’opportunité d’être la voix des sans-voix et d’être au cœur des prises de décisions, ma priorité serait d’abord de comprendre les véritables problèmes des femmes.

Il ne s’agit pas simplement de leur donner de l’argent ou des biens, mais de faire un diagnostic pour identifier leurs besoins réels afin d’apporter des solutions durables et inclusives.

Mon ambition est grande : voir une femme qui doutait d’elle-même devenir aujourd’hui une leader, capable de porter la voix des autres et de sensibiliser à son tour. Je suis convaincue que le moment viendra.

Réalisée par Aboubacar Dramé, correspondant régional à Kindia

+224 623 08 09 10

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