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Créée en 1960 comme arrondissement, Soromaya, première sous-préfecture de la préfecture de Kérouané, vit aujourd’hui une situation sanitaire très préoccupante. Le centre de santé de cette localité, situé à 85 kilomètres du chef-lieu préfectoral, peine à assurer le minimum de soins à une population déjà fragilisée par l’enclavement, la pauvreté et le mauvais état des routes. Cette situation préoccupe les habitants, qui ne savent plus à quel saint se vouer, a constaté Guineematin.com à travers son envoyé spécial.
Sur le terrain, les réalités sont alarmantes. Le centre de santé de Soromaya ne dispose ni de laboratoire d’analyses, ni de salles de consultation adéquates, encore moins de salles de soins fonctionnelles. Les infrastructures sont insuffisantes et vétustes, et le centre, restreint, n’est même pas clôturé, exposant patients et personnel à des risques sécuritaires. À cela s’ajoute l’absence totale d’ambulance, rendant les évacuations médicales extrêmement difficiles, voire dangereuses.
Accouchements à la lumière des torches
L’un des aspects les plus inquiétants de la situation reste le manque d’électricité. En cas d’urgence, notamment lors des accouchements nocturnes, le personnel de santé est contraint de travailler à la lumière des torches.
Kaba Mara, président de la délégation spéciale de la commune rurale de Soromaya« Il n’y a pas de courant. Quand les femmes enceintes arrivent, le personnel travaille avec des torches », a confié Kaba Mara, président de la délégation spéciale de la commune rurale de Soromaya.
Ces conditions augmentent considérablement les risques de complications pour les mères et les nouveau-nés, surtout pendant la saison hivernale.
Un personnel insuffisant et sous-équipé
Le centre de santé fonctionne avec un seul titulaire, assisté de fonctionnaires stagiaires. Un effectif largement insuffisant pour répondre aux besoins d’une sous-préfecture composée de plusieurs districts.
« Le personnel manque cruellement et nous n’avons pas assez de médicaments. Il n’y a pas de dotation suffisante », a déploré Kaba Mara.
Faute de laboratoire et de médicaments, de nombreux patients sont contraints d’être référés vers Banankoro ou Kérouané, souvent dans des conditions précaires.
Des évacuations médicales sur motos
En l’absence d’ambulance, les malades, y compris les femmes enceintes, sont évacués sur des motos, parfois après de longues heures d’attente.
« On tend souvent la main au syndicat ou à des bonnes volontés pour trouver un moyen de transport. Les femmes arrivent fatiguées, la maladie se complique », a expliqué le président de la délégation spéciale.
Sur le plan socio-économique, Soromaya repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage, des activités faiblement rentables. Autrefois source de revenus, le diamant se fait désormais rare, accentuant la précarité des ménages. Face à ce cumul de difficultés, les populations locales vivent dans l’inquiétude permanente, redoutant qu’une simple maladie ne se transforme en drame.
Devant cette situation critique, le président de la délégation spéciale, Kaba Mara, lance un appel solennel au gouvernement et aux partenaires.
« Nous tendons la main au gouvernement pour venir à notre secours et développer notre centre de santé. Il n’y a pas de clôture, pas assez de médicaments, et il y a un manque de personnel qualifié », a-t-il imploré.
L’accès aux soins de santé reste un véritable parcours du combattant dans la sous-préfecture de Soromaya, qui compte 18 districts et 66 secteurs. Cette situation préoccupante rappelle l’urgence de renforcer les infrastructures sanitaires dans les zones isolées du pays, afin que le droit à la santé ne soit plus un luxe réservé aux centres urbains.
De retour à Soromaya (Kérouané), Kaïn Naboun TRAORÉ pour Guineematin.com
Tél. : (+224) 621 144 891
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