Mandiana : cinq orpailleurs burkinabè arrêtés avec du cyanure, la justice promet une enquête sans complaisance

il y a 2 heures 13
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Cinq ressortissants burkinabè ont été interpellés ce week-end sur un site d’orpaillage clandestin à Djoma Balandougou, dans la sous-préfecture de Kondianakoro, à Mandiana. Opérant sans autorisation et en possession de cyanure, ils font face à de potentielles poursuites judiciaires. Le procureur de la République annonce une enquête élargie pour identifier l’ensemble des réseaux impliqués.

Du cyanure, douze motopompes et cinq hommes interpellés en pleine forêt aurifère : ce que les gendarmes ont découvert à Djoma Balandougou ce week-end dépasse le simple flagrant délit d’orpaillage illégal. C’est tout un système que la justice entend désormais démanteler.

Mandiana est l’une des préfectures les plus riches en or de la Haute-Guinée. Elle est aussi l’une des plus exposées aux ravages de l’orpaillage clandestin. C’est dans ce contexte que le procureur de la République près le tribunal de première instance de Mandiana, Abdoulaye Soumah, a initié une opération de terrain menée par la gendarmerie sur le site de Djoma Balandougou, dans la sous-préfecture de Kondianakoro.

Résultat : cinq ressortissants burkinabè interpellés, du matériel saisi et une substance chimique hautement dangereuse retrouvée sur place.
Du cyanure et des machines : le tableau d’une exploitation sans foi ni loi
Sur le site, les agents ont mis la main sur douze motopompes ainsi que du cyanure, produit chimique toxique couramment utilisé dans les processus d’extraction d’or, mais dont l’usage est strictement réglementé en raison de ses effets dévastateurs sur les cours d’eau et les sols.

Le procureur Soumah a été formel lors de sa prise de parole ce dimanche : « Les personnes interpellées ne disposent d’aucune autorisation et utilisent des produits chimiques dangereux comme le cyanure, avec des conséquences graves sur les cours d’eau et les sols. »

Il a rappelé que même l’orpaillage artisanal est soumis à des conditions légales strictes — à commencer par l’obtention d’une autorisation d’exploitation, conditions qu’aucun des cinq mis en cause ne remplissait.
Au-delà de l’interpellation des cinq ouvriers, c’est la question des commanditaires qui occupe désormais le magistrat. Car l’exploitation minière artisanale est, en principe, réservée aux ressortissants guinéens, sauf accord de réciprocité avec d’autres États.

Dès lors, comment des travailleurs étrangers ont-ils pu s’installer et opérer dans cette zone, apparemment sans encombre ? Le procureur a posé la question sans détour : « Qui les a fait venir ? Qui les a installés ? Qui leur a donné l’autorisation de travailler ? Et à qui profitent les revenus générés ? Ce sont autant de questions auxquelles l’enquête devra répondre. »

Dans cette même logique, le président du district de Balandougou a été convoqué pour s’expliquer sur la présence de ces exploitants étrangers dans sa localité et sur les conditions dans lesquelles ils y menaient leurs activités.

Sur le plan judiciaire, Abdoulaye Soumah n’a laissé aucune ambiguïté quant aux suites réservées à cette affaire. « Si les faits sont avérés, les auteurs s’exposent à des amendes, mais aussi à des peines d’emprisonnement pouvant aller de deux à quatre ans », a-t-il averti.

Le magistrat a également tenu à préciser que la justice agira seule, sans s’appuyer sur d’autres structures administratives : le rôle du parquet est de constater les infractions et d’engager des poursuites. Point.

Le procureur n’exclut pas d’étendre les investigations bien au-delà des cinq personnes actuellement en garde à vue. L’objectif est d’identifier d’éventuelles complicités et les bénéficiaires des revenus tirés de ces activités illicites. Ses mots sont sans équivoque : « Tous ceux qui seront impliqués, que ce soit en qualité d’auteurs, de complices ou de bénéficiaires des revenus issus de ces pratiques, répondront devant la loi. Il n’y aura ni complaisance ni parti pris. »

À Mandiana, la bataille contre l’orpaillage illégal et la destruction de l’environnement ne fait que commencer. Cette opération, présentée par les autorités judiciaires comme s’inscrivant dans une dynamique « sans répit »,

pourrait bien n’être que le premier acte d’une procédure appelée à faire des vagues bien au-delà de Djoma Balandougou.

Karifa Kansan Doumbouya, correspondant régional

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