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Située à 67 kilomètres de Kindia, la commune rurale de Madina-Oula, réputée pour ses activités agricoles, pastorales et son commerce frontalier avec la Sierra Leone, est aujourd’hui confrontée à une crise environnementale d’une ampleur inédite.
Le dérèglement climatique, accentué par la déforestation et la production intensive de charbon, bouleverse profondément les conditions de vie des populations.
Dans les localités de Haut Tamisso, Sékou Sorya, Bas Soubaraya, Dar-Salam et Bade Canty, les signes de cette dérive climatique sont visibles et alarmants. Le manque d’eau s’impose désormais comme une préoccupation majeure. Puits et sources, autrefois abondants, se tarissent de plus en plus tôt dans l’année. À cela s’ajoute une dégradation avancée des sols agricoles, devenus pauvres et de moins en moins productifs.
« Aujourd’hui, cultiver est devenu un véritable défi. La terre est épuisée et les récoltes chutent », confie Salif Camara, agriculteur à Haut Tamisso.
Dans ces zones à forte vocation pastorale, la raréfaction du couvert végétal constitue un autre problème critique. Le bétail, principale richesse de nombreuses familles, souffre du manque de pâturages.
« Nos animaux parcourent de longues distances sans trouver de quoi se nourrir correctement », explique Alpha Sylla, éleveur à Bas Soubaraya.
Partout, les habitants décrivent une hausse marquée des températures. Un soleil autrefois supportable est désormais perçu comme brûlant et difficile à supporter. À Dar-Salam et Bade Canty, les témoignages évoquent des journées plus longues, étouffantes, et des pluies devenues irrégulières, perturbant profondément les cycles agricoles.
Cette situation est en partie aggravée par les activités humaines. La coupe abusive du bois et la production de charbon restent des moyens de subsistance pour de nombreux habitants, malgré leurs conséquences environnementales.
À Madina-Oula, des exploitants comme Mamadou Diallo, Ibrahima Camara et Souleymane Barry reconnaissent ce paradoxe :
« Nous savons que cela détruit la forêt, mais sans cela, nous ne pouvons pas vivre. Nous avons des familles à nourrir », admet l’un d’eux.
Le président du district de Sékou Sorya alerte sur l’ampleur du phénomène :
« Nous assistons à une dégradation rapide de notre environnement. Le manque d’eau, la disparition de la végétation et l’appauvrissement des populations sont désormais évidents », déclare-t-il.
Malgré les actions de sensibilisation, il reconnaît que les moyens restent insuffisants face à l’ampleur du défi.
Pour Fara Kamano, directeur préfectoral de l’Environnement et des Eaux et Forêts, la situation est critique, mais pas irréversible.
« Les causes sont connues : déforestation massive, carbonisation incontrôlée et exploitation anarchique des ressources naturelles », explique-t-il.
Il met en garde contre des conséquences majeures : « Si rien n’est fait, nous nous dirigeons vers la désertification, la perte des moyens de subsistance et des tensions accrues autour des ressources. »
Parmi les pistes de solution figurent le reboisement, une réglementation stricte de l’exploitation forestière et la mise en place d’alternatives économiques durables pour les populations.
À Madina-Oula, le dérèglement climatique dépasse désormais le cadre environnemental : il affecte directement l’économie locale, la sécurité alimentaire et la stabilité sociale. Dans cette commune tournée vers l’agriculture, l’élevage et le commerce transfrontalier, les conséquences pourraient être durables si aucune action concrète n’est engagée.
De Haut Tamisso à Bade Canty, un même cri d’alerte s’élève : celui d’une nature à bout de souffle. Faute de réponses adaptées, Madina-Oula risque de devenir le symbole d’un monde rural abandonné, où survivre aujourd’hui compromet dangereusement l’avenir de demain.
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