Lutte contre les VBG en Guinée : Kadiatou Bah de l’USTG monte au créneau

il y a 2 heures 13
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En Guinée, les violences basées sur le genre (VBG) persistent à un niveau alarmant. Malgré les multiples dispositions prises par les agences du système des Nations Unies, de nombreuses femmes et filles continuent de subir des pratiques que l’on croyait révolues. Tous les secteurs d’activité sont touchés, et le tribut payé par la gente féminine reste lourd.

S’appuyant sur des remontées d’informations, la Secrétaire générale adjointe de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG), Madame Kadiatou Bah, a dénoncé avec vigueur les obstacles auxquels les femmes sont confrontées en ce troisième millénaire.

Le diagnostic dressé par la leader syndicale est sans appel. Le milieu professionnel, qu’il soit public ou privé, n’épargne pas les travailleuses.

« Les difficultés rencontrées par les femmes dans leur travail sont énormes. Il faut oser le dire. Le harcèlement et les violences sont légion en milieu professionnel. Cela se passe dans les entreprises, mais aussi et surtout dans les écoles. Des enseignantes sont harcelées, et des jeunes filles sont victimes de violences sexistes au sein même des établissements scolaires », a-t-elle dénoncé.

Elle a d’ailleurs rappelé un fait récent, c’est le viol d’une élève par un enseignant dans la préfecture de Pita, illustrant une fois de plus la vulnérabilité des filles au sein de l’espace éducatif.

Kadiatou Bah a également mis en lumière une réalité spécifique aux zones minières de la Haute-Guinée. Le phénomène du « Foudou-Koudouni » (mariages de circonstance). Il s’agit d’unions temporaires ou de concubinages précoces contractés pour la durée de l’exploitation minière. Une fois les gisements épuisés, ces jeunes filles sont délaissées, souvent enceintes ou avec des enfants à charge. Faute de moyens financiers pour s’attacher les services d’un avocat ou se déplacer vers les tribunaux, ces victimes se retrouvent dans l’impossibilité d’obtenir justice malheureusement.

À ces difficultés s’ajoute le poids des traditions, qui aggrave la situation.

« On privilégie souvent le règlement à l’amiable ou familial. Conséquence, la victime grandit avec ce traumatisme et, parfois, finit le plus souvent par en mourir », déplore la Secrétaire générale du SLECG.

De retour de New York, où elle a participé à une session de l’ONU consacrée au renforcement de l’accès des femmes à la justice, Dame Kadiatou Bah a lancé un appel pressant aux autorités guinéennes. Elle souhaite que ces témoignages soient transformés en recommandations concrètes auprès du ministère de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables.

La priorité absolue de ce combat reste la ratification de la Convention 190 (C190) de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), premier traité international visant à éliminer la violence et le harcèlement dans le monde du travail.

« Nous souhaitons que les autorités guinéennes nous aident à faire ratifier cette convention afin de garantir réellement les droits des femmes et des filles dans ce pays », a-t-elle martelé.

Alhassane Fofana

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