Libération des rues à Kindia : la commune pointée du doigt pour l’abandon des femmes vendeuses

il y a 2 heures 15
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Trouver une place pour les femmes vendeuses du centre-ville de Kindia reste une équation difficile pour tous les maires ou présidents de délégation de la commune urbaine.

Ironie du sort, l’actuel président de la délégation spéciale de Kindia, Django Cissé, est à nouveau dans le viseur des femmes du grand marché. Ces dernières déplorent la gestion des boutiques et hangars construits ou loués par la commune.

Il y a quelques jours, les femmes du grand marché de Kindia effectuaient des va-et-vient entre les blocs administratifs des autorités locales et leurs lieux de vente. Sommées de libérer les artères de la ville, ces vendeuses étalagistes ne savent plus à quel saint se vouer. Elles disent se sentir trahies par la mairie de Kindia. Au nom des femmes vendeuses de Kindia, Fatoumata Camara, dite « Fatou Kôbôkôbè », explique :

« Ces deux derniers jours, nous sommes devant nos autorités parce que jusqu’à présent, le problème des hangars et des boutiques à étages persiste. Ils nous ont promis un marché à hangars puisque nous, les femmes de Kindia, souffrons énormément. Nous étions très contentes, même si nous ne partagions pas l’idée des boutiques à étages. La commune nous avait sensibilisées en disant qu’elle travaillait pour alléger nos difficultés sous le soleil et la pluie. Mais les marchés qui ont été construits sont uniquement des boutiques à étages, sans hangars. Or, la location coûte jusqu’à trois millions de francs guinéens, et nous n’avons pas ces moyens. Nous vendons des condiments, des aubergines, de l’huile, du poisson, etc. Ces boutiques sont occupées par des personnes aisées, tandis que nous qui avions libéré les lieux pour la construction, nous sommes toujours restées dans la rue. Et aujourd’hui encore, le maire nous demande de libérer la rue », explique-t-elle.

Aujourd’hui, sans place dans ces marchés à étages construits par les autorités, les femmes étalagistes tirent le diable par la queue. L’axe sens interdit (Libraport) a été déguerpi et les gendarmes sont déployés pour faire respecter la décision du président de la délégation spéciale de Kindia, celle de libérer les rues.

« Avant-hier encore, le propriétaire de l’étage devant lequel nous étions installées a fait appel aux gendarmes pour nous chasser. Jusqu’à présent, aucune place ne nous a été proposée. Cela fait trois jours que nous ne vendons pas. Hier, nous avons rencontré le préfet de Kindia qui nous a demandé de faire preuve de patience et nous a promis de régler la situation dans les jours à venir.

La délégation communale vient seulement pour nous demander de quitter les lieux. La dernière fois, ils ont ramassé nos tables pour les déposer à la place des Martyrs. Quand nous sommes revenues le lendemain, on nous a encore demandé de libérer les lieux. Même l’administratrice du marché n’intervient pas », a-t-elle déploré.

Face à cette situation qui perdure, les femmes étalagistes s’adressent au président de la République pour une issue favorable à ce problème qui pèse lourdement sur leurs familles.

« Nous ne savons plus quoi faire en attendant la proposition du préfet, car la commune ne fait que nous demander de libérer les lieux. Pourtant, c’est ici que nous arrivons à nourrir nos familles. Nos maris sont morts, les enfants sont à l’école, il y a des loyers à payer. Si nous ne vendons pas ici, comment allons-nous subvenir à tout cela ? C’est pourquoi nous demandons au président Mamadi Doumbouya de faire face à la situation des femmes de Kindia. Nous en avons assez d’en parler, nos visages circulent sur les réseaux sociaux, mais aucune solution n’est trouvée. Nous lui demandons donc de nous venir en aide », a-t-elle ajouté.

Contacté pour plus d’explications sur cette situation très difficile pour les femmes étalagistes du grand marché de Kindia, Elhadj Djanko Cissé, président de la délégation spéciale de Kindia, n’a voulu glisser aucun mot. Plusieurs tables des femmes ont été saisies à la place des Martyrs.

Aboubacar Dramé, correspondant régional à Kindia
+224 623 08 09 10

L’article Libération des rues à Kindia : la commune pointée du doigt pour l’abandon des femmes vendeuses est apparu en premier sur Mediaguinee.com.

Lire l'article en entier