PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]

Le décès de Fanta Diaby, âgée d’une trentaine d’années, provoque une vive émotion à Kankan et relance les interrogations sur les conditions de fonctionnement de certaines cliniques privées de la ville.

Son mari, Abdoul Kader Diaby, chauffeur de profession, livre un récit détaillé des heures qui ont précédé la mort de son épouse, survenue après une intervention chirurgicale dans des circonstances qu’il juge « floues » et inquiétantes.
Un parcours médical chargé, un désir de maternité et des douleurs persistantes
Selon le témoignage de son mari, Fanta Diaby avait déjà subi deux césariennes : la première il y a 17 ans pour la naissance de leur fils aîné, la seconde il y a 7 ans pour la venue au monde de leur deuxième enfant. Malgré ce passé obstétrical, elle exprimait le souhait d’avoir un troisième enfant. Depuis son dernier accouchement, elle souffrait toutefois de douleurs récurrentes dans le dos.
Face à ces douleurs, elle demande à effectuer des examens dans une clinique nouvellement installée à Kankan, présentée comme un centre moderne. Le coût annoncé de la consultation était de 600 000 GNF. Abdoul Kader, peu convaincu, dit lui avoir donné 300 000 GNF avant de partir en mission à Labé. En son absence, son frère complète la somme pour permettre la consultation.
Fanta lui aurait alors rapporté que le médecin l’avait assurée qu’elle pouvait encore concevoir, voire mener une grossesse gémellaire.
Une aggravation brutale de l’état de santé
À son retour de Labé, le mari retrouve son épouse en pleurs et dans un état de douleur avancée. Malgré cela, il se rend cette même journée à Siguiri pour déposer des passagers. À son retour, il apprend que Fanta Diaby est de nouveau chez le médecin de la première clinique.
En se rendant dans l’établissement, il déclare avoir été frappé par l’environnement.
« Cet hôpital ne m’inspirait pas confiance. On aurait dit un lieu de féticheurs», décrit-il.
Sur place, il affirme avoir trouvé sa femme couchée à même le sol, dans une douleur croissante. Le médecin aurait indiqué avoir administré toutes les injections disponibles, tout en précisant qu’il ne disposait ni de matériel d’échographie ni de radiographie, et qu’il ne pouvait pas donner de calmants pour l’aider à dormir.
Transfert d’urgence et découverte d’une perforation intestinale
Devant la gravité de la situation, la famille décide d’évacuer la patiente vers un autre cabinet médical, puis finalement à l’hôpital régional de Kankan. Là, les médecins ordonnent immédiatement une opération chirurgicale générale. Fanta Diaby, épuisée et incapable de boire ou d’uriner, aurait supplié d’être opérée.
Au bloc opératoire, le chirurgien découvre une perforation intestinale et un abdomen fortement infecté. Il évoque la possibilité d’une complication liée à une fièvre typhoïde. Le praticien demande la présence du premier médecin, identifié comme un certain « docteur Condé », afin de constater l’état de la patiente. Celui-ci était introuvable.
Les derniers mots de la patiente et une inhumation précipitée
Après l’intervention, Fanta Diaby aurait confié à son mari, dans un souffle : « Kader, ce docteur est un tueur. Il m’a tuée. » Trente minutes plus tard, elle décède.
Selon son mari, des pressions auraient été exercées pour que l’inhumation se déroule le soir même, sans attendre le lendemain. Il estime que cette précipitation visait à empêcher toute investigation approfondie :
« J’ai compris qu’ils voulaient cacher ce qui s’est réellement passé. »
Il affirme avoir été contraint d’accepter l’enterrement immédiat.
Aucune trace de la clinique lors de notre vérification
Dans un souci de vérification, notre rédaction s’est rendue à l’adresse indiquée pour localiser la clinique citée par la famille. Sur place, aucun panneau, aucune inscription, aucun personnel n’a été rencontré. Aucun indice ne permettait d’identifier un établissement médical en activité.
Selon des riverains, un médecin nommé « Dr Condé » aurait exercé à cet endroit, mais aucune présence officielle n’a pu être confirmée.
Un drame qui relance le débat sur les cliniques privées et la responsabilité médicale
Ce cas survient alors que d’autres décès récents ont été signalés dans des structures privées de Kankan, notamment celui de Mariame Condé, décédée elle aussi après une intervention dans un lieu jugé inapproprié. Ces incidents alimentent les inquiétudes et mettent en lumière de possibles défaillances dans le contrôle des cliniques privées, la qualité des soins et la supervision des praticiens.
Aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée de la part des autorités sanitaires ou judiciaires.
Le mari de la défunte lance un appel clair :
« Ma femme est décédée. Je ne veux pas que cela arrive encore à un autre citoyen de Kankan. »
Les autorités vont-elles se saisir du dossier ?
Le drame rouvre un débat crucial sur la régulation des structures sanitaires privées, la conformité des équipements, les qualifications du personnel et la responsabilité médicale dans la ville de Kankan. Les familles endeuillées réclament vérité et justice.
En attendant une éventuelle enquête, l’affaire laisse un profond malaise dans l’opinion publique et alimente une série de questions sur les conditions de prise en charge des patients dans certaines cliniques privées du pays.
Karifa Doumbouya, correspondant à Kankan
622 47 09 60
L’article Kankan- Les derniers mots de Fanta Diaby avant sa mort dans une clinique privée : « Kader, ce docteur est un tueur », rapporte son mari est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
.png)
il y a 1 heur
17


















English (US) ·